L’école d’immersion : un modèle innovateur
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Le gouvernement provincial propose la création d’écoles anglophones dans les communautés francophones, à Dieppe et à Shédiac. Les conséquences d’une telle décision sur la communauté acadienne pourraient être doubles :
- La proximité d’une école anglophone pourrait attirer davantage de familles anglophones ou allophones choisissant l’anglais dans cette communauté; et
- Les Acadiens et allophones pourraient plus facilement s’orienter vers le système scolaire anglophone.
Dans les deux cas, la communauté acadienne serait grande perdante. Une telle approche ne favoriserait pas l’apprentissage du français par les anglophones et allophones, et favoriserait plutôt l’inscription d’un plus grand nombre de francophones ou d’ayant droit vers le système anglophone. L’égalité linguistique et la survie même de la communauté acadienne en serait affectées. La proposition d’écoles d’immersion à Dieppe et à Shédiac a été soumise.
Lors du café réflexion au Ziryab culture café à Dieppe, la ministre Johnson a affirmé sur la possibilité d’écoles d’immersion: «Non, on serait capable d’offrir le service d’immersion française, le programme d’immersion française comme dans n’importe quelle école anglophone, mais je vois difficilement comment on pourrait imposer le programme d’immersion française dans une école».
Je crois que cette possibilité doit être mieux analysée. Il est très légitime que les anglophones aient accès à l’éducation dans la langue de leur choix. Cela n’est pas négociable. Mais un argument soulevé par Mme la ministre ne tient pas la route: «il y a des anglophones sur place qui ont besoin de voyager tout de suite à l'extérieur de Dieppe pour se rendre à l’école secondaire». En régions, il est fréquent que des élèves aient à se déplacer sur une distance de plus de 30 minutes pour se rendre à l’école intermédiaire et, particulièrement, secondaire. Pourquoi ne serait-ce pas acceptable pour les élèves anglophones de Shédiac et de Dieppe qui ne souhaitent pas devenir bilingues?
La création d’un modèle innovateur d’école d’immersion en français témoignerait du particulier statut du Nouveau-Brunswick de seule province officiellement bilingue. Cela pourrait contribuer grandement au renforcement du bilinguisme et de la connaissance de la communauté acadienne chez les anglophones et allophones.
Ce modèle pourrait inspirer d’autres provinces, comme nous l’avons fait avec les écoles homogènes francophones.
Lise Ouellette
