La plage Parlee va connaître l’été indien
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Tremper ses pieds dans les eaux les plus chaudes au nord de la Virginie, au moment où les arbres offrent leur festival de couleurs, sera désormais possible à la plage Parlee. La saison touristique du parc provincial de la plage Parlee sera prolongée jusqu’au 12 octobre. Cette décision du gouvernement du Nouveau-Brunswick vise à mieux s’adapter à l’évolution des habitudes touristiques et à maximiser les retombées économiques en dehors de la haute saison estivale.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Jusqu’ici, les installations de la plage fermaient plus tôt à la fin de l’été. Grâce à un investissement de 100 000 $, les services seront désormais maintenus à pleine capacité pendant quatre semaines supplémentaires. 
Rob McKee, Anthony Azard, Isabelle Thériault, Jacques LeBlanc et Robert Gauvin à la Plage Parlee mercredi dernier. Trois d’entre eux venaient d’assister au lancement de la programmation saisonnière du Pays de la Sagouine à Bouctouche. (Photo : Damien Dauphin)
Pour la ministre du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture, Isabelle Thériault, cette annonce s’inscrit dans une adaptation nécessaire aux nouvelles réalités du secteur.
«Au mois de septembre, il fait encore très beau et nous voyons un nombre important de visiteurs, notamment en provenance de l’Europe», a-t-elle souligné, en évoquant une clientèle plus flexible, qui voyage en dehors des périodes de pointe.
Dans la région de Shediac et de Cap-Acadie, le parc provincial de la plage Parlee joue un rôle central dans l’économie touristique.
Le député de Shediac–Cap-Acadie, Jacques LeBlanc, salue dans cette prolongation une mesure attendue depuis longtemps et en faveur de laquelle il a milité.
«Avec le changement de climat, septembre et même une partie d’octobre attirent encore des visiteurs. Cette annonce va permettre d’étendre la saison et de soutenir davantage nos commerces, nos hôtels et nos exploitants touristiques», a-t-il indiqué.
Au-delà de la fréquentation, l’enjeu est aussi celui de la durée des séjours. En prolongeant l’accès aux installations, les acteurs du milieu espèrent encourager les visiteurs à rester plus longtemps dans la région et à multiplier les activités.
Des retombées pour l’ensemble du territoire
Du côté de l’industrie touristique, on souligne que l’impact dépasse largement les limites de la plage elle-même.
Selon des représentants du secteur, la plage Parlee agit comme une porte d’entrée vers d’autres attraits du sud-est, qu’il s’agisse de sites culturels, d’activités de plein air ou d’entreprises locales.
La prolongation de la saison pourrait ainsi bénéficier à un éventail d’acteurs, des restaurateurs aux exploitants d’hébergement, en passant par les attractions touristiques.
«Au fond, le tourisme, c'est ce qui fait vivre nos régions», soutient Anthony Azard, qui représentait la présidente de l’Association de l’industrie touristique du Nouveau-Brunswick, Ginette Doiron, retenue à Fredericton. «Ce pilier économique est ce qui fait rayonner notre identité, notre culture acadienne, et c'est ce qui donne envie aux gens de venir ici, mais surtout d'y revenir.»
Une tendance observée ailleurs
Si la plage Parlee est reconnue pour ses eaux parmi les plus chaudes au pays, son attrait ne se limite pas à la baignade.
En septembre et en octobre, les visiteurs continuent de fréquenter le site pour la marche, la détente et les activités de plein air.
Pour le gouvernement, la prolongation de la saison répond donc à un double objectif : soutenir la croissance du tourisme tout en favorisant l’accès à des espaces naturels dans un contexte où les habitudes de fréquentation évoluent.
Avec cette décision, la plage Parlee devient un exemple concret de l’orientation que souhaite prendre la province en matière de tourisme : étendre la saison, mieux répartir l’achalandage et maximiser les retombées économiques dans les régions.
D’autres sites suivent cette tendance, comme le Pays de la Sagouine et, au nord de la province, le Village historique acadien dont l’ouverture fait elle aussi l’objet d’une prolongation.
Cette annonce contraste toutefois avec la situation d’autres sites touristiques de la province, comme le parc du cap Enragé, qui ne pourra ouvrir cette année faute de financement suffisant.
Une réalité différente à la Plage Aboiteau
Si la plage Parlee, gérée par la province, peut désormais prolonger ses opérations, la situation n’est pas la même pour les plages sous gestion municipale.
Le maire de Cap-Acadie, Serge Léger, rappelle que la plage de l’Aboiteau, par exemple, ne dispose pas des mêmes ressources.
«Nous ouvrons jusqu’au 15 septembre, mais aller plus loin représente un défi, notamment en raison de la main-d’œuvre, qui est constituée d’étudiants et pas d’employés à temps plein», a-t-il expliqué.
Il n’exclut toutefois pas que la question soit étudiée dans les prochaines années, en fonction des moyens disponibles et de la demande. – DD
Pas de saison 2026 au cap Enragé
Le parc du cap Enragé n’ouvrira pas ses portes cet été, faute de financement suffisant pour assurer la sécurité des installations.
Le site, propriété de la province mais géré depuis une vingtaine d’années par le Centre d’interprétation du cap Enragé, devait recevoir environ 100 000 $ pour des travaux d’entretien et de réparation, notamment aux bâtiments, aux escaliers, à la passerelle et au phare. Cette aide n’a pas été renouvelée.
Sans ces fonds, l’organisme estime ne pas être en mesure de garantir la sécurité du public, malgré une subvention de fonctionnement de 30 000 $, dont une grande partie est absorbée par les assurances.
La décision intervient dans un contexte où le gouvernement du Nouveau-Brunswick souhaite se départir de certains parcs provinciaux gérés par des organismes, dont celui du cap Enragé. L’objectif est de transférer davantage de responsabilités aux communautés locales.
La ministre Isabelle Thériault s’est dite surprise de la fermeture, affirmant que la province souhaitait maintenir les opérations pour 2026 pendant la transition. Elle indique toutefois qu’aucun investissement supplémentaire en immobilisations n’est prévu, tout en laissant la porte ouverte à un soutien ponctuel en cas de besoins urgents.
Du côté du Centre d’interprétation, on déplore la situation et ses impacts sur la région. Le site accueille habituellement environ 25 000 visiteurs par saison et génère une vingtaine d’emplois.
