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16 Janvier 2026
De Téhéran à Bouctouche
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Depuis les derniers jours de l’année 2025, l’Iran au Moyen-Orient est plongé dans une série de manifestations défrayant les manchettes internationales. Bien qu’il existe une confusion au niveau des données officielles, plusieurs médias ont rapporté que des milliers de personnes auraient trouvé la mort depuis le début du mouvement de protestation, principalement dans la capitale, Téhéran. L’onde de choc s’est propagée jusque chez nous où plusieurs Néo-Brunswickois d’origine iranienne vivent dans l’inquiétude d’avoir perdu des proches. C’est le cas de Maître Meysam Bakhti, avocat francophone d’origine iranienne se définissant comme Acadien d’adoption. Il était l’invité du podcast Acadie urbaine la semaine dernière.
Hubert Théberge
Le Moniteur Acadien
La découverte de l’Acadie
C’est lors d’une journée grise à Moncton que Meysam Bakhti est venu parler avec chaleur de l’accueil que lui avait fait une famille acadienne de la région en 2021. «On ne dirait pas ça, mais j’ai travaillé plusieurs mois sur une ferme de Bouctouche. J’en garde d’excellents souvenirs », partage Meysam Bakhti. Monsieur Bakhti est venu au Canada pour les études et s’est rapidement découvert un attrait pour la culture et le peuple acadien. « Je parlais déjà français et les gens de Bouctouche m’ont traité comme un membre de la famille. J’ai été frappé par leur bienveillance et leur joie de vivre ».

Meysam Bakhti
Malgré le souvenir des jours heureux, Meysam Bakhti a souvent en tête sa famille iranienne qui vit probablement des heures difficiles depuis près de trois semaines. «Le plus difficile, c’est de vivre dans l’incertitude. Le pays a coupé l’internet et pratiquement toutes les communications avec l’extérieur. On doit donc se contenter d’espérer pour le mieux. »
Aux sources d’un conflit complexe
Une heure d’entrevue ne suffirait pas à couvrir l’ensemble des nuances des conflits qui règnent présentement en Iran. Fait intéressant, lorsque l’on a demandé à M. Bakhti comment il pourrait expliquer ce qui se passe en Iran a un enfant de 10 ans, l’avocat à formuler une réponse brillante de clarté : « Les habitants de l’Iran veulent être libres et avoir une meilleure vie ».
Pour les amateurs de politique internationale, Maître Bakhti ajoute que depuis l’instauration de la République islamique en 1979, la qualité de vie des Iraniens s’est détériorée progressivement. «Ce n’est pas tout le monde qui sait que l’Iran est un pays au potentiel immense. Si vous allez voir des photos d’avant 1979, vous y verrez souvent des gens libres, habillés un peu à la mode européenne, qui font des activités semblables à ce qu’on voyait dans les familles françaises de l’époque », nous informe M. Bakhti. Selon lui, les principaux facteurs de dégradation des dernières années sont la chute de la valeur de la monnaie iranienne et les affrontements indirects avec l’État d’Israël.
Le meilleur scénario possible
Meysam Bakhti ne voit qu’une issue définitivement positive à la crise iranienne, le changement de système politique. «Ce n’est pas tous les Iraniens qui pensent comme moi, mais mon point de vue est que la meilleure chose qui puisse arriver à l’Iran est une période de transition vers soit un système de monarchie constitutionnelle à l’anglaise ou une République démocratique comme la France ». M. Bakhti serait favorable à ce que les États-Unis interviennent pour aider le peuple iranien à changer de régime. « Un peu comme ça s’est passé en Europe en 1945 après l’occupation allemande. Les États-Unis ont aidé plusieurs pays à se reconstruire et ont réinstauré les instances démocratiques. »
À court terme, Meysam Bakhti souhaite que les Iraniens retrouvent la sécurité et que les présents événements n’entâchent pas l’image du peuple. « Pour moi, ce qui compte à l’heure actuelle, c’est de communiquer qu’en Iran on n’aime pas les conflits. Je ne connais pratiquement aucun Iranien qui possède une arme. Nous sommes un peuple résilient qui n’en peut tout simplement plus. De l’extérieur on parle des conflits, mais pour moi l’Iran c’est une gastronomie, une musique, une littérature et des gens à l’histoire passionnante », confie Maître Bakhti.
Gratitude
Finalement, Meysam Bakhti souhaite qu’à travers la confusion des manifestations ressortent de réels bénéfices pour peuple iranien. Souvent on n’apprécie totalement quelque chose que lorsqu’on l’a perdue et c’est malheureusement vrai pour le concept de liberté. Le mot de la fin de monsieur Bakhti est éloquent à cet égard. «Je suis reconnaissant de pouvoir vivre ici à Moncton au Nouveau-Brunswick. Je remercie les Acadiens de m’avoir accueilli et je veux leur rappeler qu’ils vivent dans un pays extraordinaire où la liberté est à la base de leur système politique et judiciaire.»
De Téhéran à Bouctouche en passant par Moncton, force est de constater que, malgré les crises historiques, il est possible pour un peuple de se reconstruire et de faire briller sa culture à travers le monde.
Hubert Théberge
Le Moniteur Acadien
La découverte de l’Acadie
C’est lors d’une journée grise à Moncton que Meysam Bakhti est venu parler avec chaleur de l’accueil que lui avait fait une famille acadienne de la région en 2021. «On ne dirait pas ça, mais j’ai travaillé plusieurs mois sur une ferme de Bouctouche. J’en garde d’excellents souvenirs », partage Meysam Bakhti. Monsieur Bakhti est venu au Canada pour les études et s’est rapidement découvert un attrait pour la culture et le peuple acadien. « Je parlais déjà français et les gens de Bouctouche m’ont traité comme un membre de la famille. J’ai été frappé par leur bienveillance et leur joie de vivre ».

Meysam Bakhti
Malgré le souvenir des jours heureux, Meysam Bakhti a souvent en tête sa famille iranienne qui vit probablement des heures difficiles depuis près de trois semaines. «Le plus difficile, c’est de vivre dans l’incertitude. Le pays a coupé l’internet et pratiquement toutes les communications avec l’extérieur. On doit donc se contenter d’espérer pour le mieux. »
Aux sources d’un conflit complexe
Une heure d’entrevue ne suffirait pas à couvrir l’ensemble des nuances des conflits qui règnent présentement en Iran. Fait intéressant, lorsque l’on a demandé à M. Bakhti comment il pourrait expliquer ce qui se passe en Iran a un enfant de 10 ans, l’avocat à formuler une réponse brillante de clarté : « Les habitants de l’Iran veulent être libres et avoir une meilleure vie ».
Pour les amateurs de politique internationale, Maître Bakhti ajoute que depuis l’instauration de la République islamique en 1979, la qualité de vie des Iraniens s’est détériorée progressivement. «Ce n’est pas tout le monde qui sait que l’Iran est un pays au potentiel immense. Si vous allez voir des photos d’avant 1979, vous y verrez souvent des gens libres, habillés un peu à la mode européenne, qui font des activités semblables à ce qu’on voyait dans les familles françaises de l’époque », nous informe M. Bakhti. Selon lui, les principaux facteurs de dégradation des dernières années sont la chute de la valeur de la monnaie iranienne et les affrontements indirects avec l’État d’Israël.
Le meilleur scénario possible
Meysam Bakhti ne voit qu’une issue définitivement positive à la crise iranienne, le changement de système politique. «Ce n’est pas tous les Iraniens qui pensent comme moi, mais mon point de vue est que la meilleure chose qui puisse arriver à l’Iran est une période de transition vers soit un système de monarchie constitutionnelle à l’anglaise ou une République démocratique comme la France ». M. Bakhti serait favorable à ce que les États-Unis interviennent pour aider le peuple iranien à changer de régime. « Un peu comme ça s’est passé en Europe en 1945 après l’occupation allemande. Les États-Unis ont aidé plusieurs pays à se reconstruire et ont réinstauré les instances démocratiques. »
À court terme, Meysam Bakhti souhaite que les Iraniens retrouvent la sécurité et que les présents événements n’entâchent pas l’image du peuple. « Pour moi, ce qui compte à l’heure actuelle, c’est de communiquer qu’en Iran on n’aime pas les conflits. Je ne connais pratiquement aucun Iranien qui possède une arme. Nous sommes un peuple résilient qui n’en peut tout simplement plus. De l’extérieur on parle des conflits, mais pour moi l’Iran c’est une gastronomie, une musique, une littérature et des gens à l’histoire passionnante », confie Maître Bakhti.
Gratitude
Finalement, Meysam Bakhti souhaite qu’à travers la confusion des manifestations ressortent de réels bénéfices pour peuple iranien. Souvent on n’apprécie totalement quelque chose que lorsqu’on l’a perdue et c’est malheureusement vrai pour le concept de liberté. Le mot de la fin de monsieur Bakhti est éloquent à cet égard. «Je suis reconnaissant de pouvoir vivre ici à Moncton au Nouveau-Brunswick. Je remercie les Acadiens de m’avoir accueilli et je veux leur rappeler qu’ils vivent dans un pays extraordinaire où la liberté est à la base de leur système politique et judiciaire.»
De Téhéran à Bouctouche en passant par Moncton, force est de constater que, malgré les crises historiques, il est possible pour un peuple de se reconstruire et de faire briller sa culture à travers le monde.
