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17 Avril 2025
Débat des chefs : une vision du français centrée sur le Québec
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FRANCOPRESSE – Lors du débat en français du 16 avril, les chefs fédéraux ont abordé la protection de la langue à travers l’utilisation de la clause dérogatoire, principalement dans un contexte québécois. Toutefois, ils s’entendent sur la nécessité d’augmenter l’immigration francophone à l’extérieur du Québec.
Inès Lombardo – Francopresse
C’est la question de l’immigration qui a mis d’accord les chefs des deux principaux partis fédéraux, Mark Carney (Parti libéral du Canada) et Pierre Poilievre (Parti conservateur du Canada).
À la question posée par l’animateur Patrice Roy à propos du poids démographique des francophones, le premier a mentionné vouloir «augmenter le taux d’immigrants hors du Québec avec la langue maternelle française de 10 à 12%».
Rare fait, lors de la période de questions qui a suivi le débat, Pierre Poilievre a abondé dans le sens de son adversaire. «Ce sont des cibles raisonnables […], je suis d’accord avec lui.»
Il a précisé que son parti était en faveur «d’élargir le nombre d’immigrants francophones au Canada, y compris à l’extérieur du Québec, pour ajouter du poids démographique». Il s’est dit également prêt à travailler en collaboration avec les communautés sur cet enjeu.
Une nouvelle cible d’immigration francophone?
Les libéraux ont atteint leur cible d’immigration francophone deux fois de suite: en 2023 et en 2024, atteignant 7,21%, alors que l’objectif initial était de 6%.
En décembre dernier, pourtant, le ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada de Justin Trudeau, Marc Miller, avait assuré que son ministère ne pouvait pas forcément suivre la cadence.
Pour renverser le déclin démographique des francophones au Canada, Pierre Poilievre a réaffirmé son intention d’investir dans les programmes d’immersion pour les jeunes anglophones, afin qu’ils puissent venir pratiquer leur français au Québec.
Le chef conservateur souhaite également donner au Québec plus de contrôle sur la sélection des immigrants pour «mieux choisir ceux qui peuvent être francisés».
En période de questions avec les médias, le chef du Parti conservateur s’est toutefois montré moins précis concernant la construction d’écoles francophones au Canada, rappelant que la gestion des écoles relève des provinces.
«Ce sont elles qui décident […] je suis prêt à travailler avec les provinces.»
En matière de protection du français, outre l’immigration, les quatre chefs ont répondu à des questions sur la protection du français.
Si Jagmeet Singh (Nouveau Parti démocratique) a assuré «adorer la langue française», il n’a présenté aucune mesure lors du débat. «Le Québec est une force pour tout le Canada», a-t-il affirmé, faisant référence à la protection du français.
Clause dérogatoire
Les chefs ont également dû débattre de l’utilisation de la clause dérogatoire, ou «clause nonobstant», qui permet aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux d’adopter des lois même si elles contreviennent à certaines dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés. Le Québec l’a utilisée à quelques reprises pour protéger la langue française.
Mark Carney a assuré en début de campagne qu’il n’avait «pas de problème» avec la Loi 96 (réforme Charte de la langue française au Québec), mais qu’il en avait un avec l’utilisation de la disposition de dérogation de manière préventive, soit avant que la loi ait été soumise à une révision par la Cour suprême.
Pour le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, «c’est la seule façon de préserver la souveraineté des parlements du Québec et des provinces. Ce n’est pas le type d’usage, mais la manière de le faire. La Cour suprême l’a déjà tranché. M. Carney veut demander à la Cour suprême de défaire un jugement de la Cour suprême contre le Québec», a-t-il fustigé.
Financement de Radio-Canada
Sur un autre enjeu francophone: Mark Carney a fustigé la promesse controversée de son principal rival, Pierre Poilievre, le financement de CBC/Radio-Canada.
«On va augmenter le financement et renforcer la gouvernance», en mettant également l’accent sur le renforcement financier de Téléfilm Canada et du Conseil des arts canadien.
Pierre Poilievre a réitéré qu’il «protègerait Radio-Canada», puisque le média propose des contenus uniquement en français. «CBC peut se financer avec ses propres revenus, comme un organisme à but non lucratif», a-t-il suggéré.
«Le principe, a-t-il poursuivi, c’est que le gouvernement devrait faire ce que le marché ne peut pas faire. Le marché ne fournira jamais un service exclusivement en français aux communautés à travers le Canada.»
Inès Lombardo – Francopresse
C’est la question de l’immigration qui a mis d’accord les chefs des deux principaux partis fédéraux, Mark Carney (Parti libéral du Canada) et Pierre Poilievre (Parti conservateur du Canada).
À la question posée par l’animateur Patrice Roy à propos du poids démographique des francophones, le premier a mentionné vouloir «augmenter le taux d’immigrants hors du Québec avec la langue maternelle française de 10 à 12%».
Rare fait, lors de la période de questions qui a suivi le débat, Pierre Poilievre a abondé dans le sens de son adversaire. «Ce sont des cibles raisonnables […], je suis d’accord avec lui.»
Il a précisé que son parti était en faveur «d’élargir le nombre d’immigrants francophones au Canada, y compris à l’extérieur du Québec, pour ajouter du poids démographique». Il s’est dit également prêt à travailler en collaboration avec les communautés sur cet enjeu.
Une nouvelle cible d’immigration francophone?
Les libéraux ont atteint leur cible d’immigration francophone deux fois de suite: en 2023 et en 2024, atteignant 7,21%, alors que l’objectif initial était de 6%.
En décembre dernier, pourtant, le ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada de Justin Trudeau, Marc Miller, avait assuré que son ministère ne pouvait pas forcément suivre la cadence.
Pour renverser le déclin démographique des francophones au Canada, Pierre Poilievre a réaffirmé son intention d’investir dans les programmes d’immersion pour les jeunes anglophones, afin qu’ils puissent venir pratiquer leur français au Québec.
Le chef conservateur souhaite également donner au Québec plus de contrôle sur la sélection des immigrants pour «mieux choisir ceux qui peuvent être francisés».
En période de questions avec les médias, le chef du Parti conservateur s’est toutefois montré moins précis concernant la construction d’écoles francophones au Canada, rappelant que la gestion des écoles relève des provinces.
«Ce sont elles qui décident […] je suis prêt à travailler avec les provinces.»
En matière de protection du français, outre l’immigration, les quatre chefs ont répondu à des questions sur la protection du français.
Si Jagmeet Singh (Nouveau Parti démocratique) a assuré «adorer la langue française», il n’a présenté aucune mesure lors du débat. «Le Québec est une force pour tout le Canada», a-t-il affirmé, faisant référence à la protection du français.
Clause dérogatoire
Les chefs ont également dû débattre de l’utilisation de la clause dérogatoire, ou «clause nonobstant», qui permet aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux d’adopter des lois même si elles contreviennent à certaines dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés. Le Québec l’a utilisée à quelques reprises pour protéger la langue française.
Mark Carney a assuré en début de campagne qu’il n’avait «pas de problème» avec la Loi 96 (réforme Charte de la langue française au Québec), mais qu’il en avait un avec l’utilisation de la disposition de dérogation de manière préventive, soit avant que la loi ait été soumise à une révision par la Cour suprême.
Pour le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, «c’est la seule façon de préserver la souveraineté des parlements du Québec et des provinces. Ce n’est pas le type d’usage, mais la manière de le faire. La Cour suprême l’a déjà tranché. M. Carney veut demander à la Cour suprême de défaire un jugement de la Cour suprême contre le Québec», a-t-il fustigé.
Financement de Radio-Canada
Sur un autre enjeu francophone: Mark Carney a fustigé la promesse controversée de son principal rival, Pierre Poilievre, le financement de CBC/Radio-Canada.
«On va augmenter le financement et renforcer la gouvernance», en mettant également l’accent sur le renforcement financier de Téléfilm Canada et du Conseil des arts canadien.
Pierre Poilievre a réitéré qu’il «protègerait Radio-Canada», puisque le média propose des contenus uniquement en français. «CBC peut se financer avec ses propres revenus, comme un organisme à but non lucratif», a-t-il suggéré.
«Le principe, a-t-il poursuivi, c’est que le gouvernement devrait faire ce que le marché ne peut pas faire. Le marché ne fournira jamais un service exclusivement en français aux communautés à travers le Canada.»
