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10 Juillet 2024
SAINTE-MARIE-DE-KENT FÊTE SON BICENTENAIRE CETTE SEMAINE
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Le village de Sainte-Marie-de-Kent, qui fait dorénavant partie de la municipalité de Champdoré, commémore l’arrivée des premiers colons acadiens en 1824 et rend hommage aux familles fondatrices de la paroisse.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Il y avait foule samedi 6 juillet sous l’immense tente érigée à côté de l’église. «J’ai cru que tout Sainte-Marie se trouvait ici», a lancé le député fédéral Dominic LeBlanc en guise de plaisanterie.
Peut-être pas tout le village, mais le Moniteur acadien était là comme seul membre des médias! Et c’est pour relater des événements communautaires comme celui-ci que le journal existe.

La coupe du ruban avec des ciseaux spéciaux et des invités qui le sont tout autant, à chaque extrémité. D’un côté le centenaire Rodolphe Nowlan, et de l’autre les jeunes Sophie et Vincent Vallée. (Photo : Damien Dauphin)
Agissant à titre de maître des cérémonies, le maire-adjoint de Champdoré et conseiller municipal de Sainte-Marie, Marc Babineau, a relaté que le village était une «communauté de communautés». Il a énoncé tous les lieux-dits qui la composent et que l’on peut retrouver dans l’excellent livre du sociologue Mathieu Wade, De Sikniktuk à Kent (voir notre édition du 7 juin 2023). Il a également rappelé que, deux siècles plus tôt, les voisins se rassemblaient pour construire ensemble leurs maisons.
Mathew Sanipass, originaire de Sainte-Marie et membre du conseil de bande de la Première nation de Bouctouche (Tjipogtotjg), dont son grand-père fut le premier chef en 1981, a prononcé une allocution empreinte de gratitude et de spiritualité.
L’hymne national du Canada a été chanté deux fois. Il le fut d’abord par les élèves de l’école Mont-Carmel, en français seulement, puis par Carla Vautour, interprétant la version bilingue d’une voix de soprano cristalline. Les enfants ont enchaîné avec la chanson-thème de leur école au rythme enlevant qui a entraîné le public présent.
Jean-Guy Hébert, président du comité organisateur des festivités, a fait état de deux ans de planification, de réunions et de travail intense. Il s’est dit honoré de collaborer avec un comité extraordinaire, dont quinze sous-comités ont organisé chacun un événement différent.
Le député de Moncton-Est, Daniel Allain, descendant d’une des familles fondatrices, a raconté que lorsqu’il était enfant, il venait passer du temps chez ses grands-parents au bord de la rivière. L’initiateur de la réforme de la gouvernance locale a reconnu que celle-ci avait changé le visage de la communauté, Sainte-Marie faisant dorénavant partie de la municipalité de Champdoré.
Souvenirs de jeunesse
«Ce qu’on fait aujourd’hui, c’est pour montrer à nos jeunes qu’on est fiers d’où l’on vient. C’est important de souligner des anniversaires comme celui-ci, en racontant notre histoire et en encourageant l’esprit communautaire pour bâtir un avenir de prospérité pour tous», a-t-il lancé au public.
Benoît Bourque, le député de Kent-Sud, a lui aussi partagé des souvenirs de jeunesse qui le ramènent à Sainte-Marie. Il est venu saluer une communauté qui va quitter sa circonscription suite au redécoupage électoral.
«Sainte-Marie est de loin l’un des plus beaux villages de la province. Malheureusement, après la prochaine élection, je ne serai plus le député du coin et ça me fend le cœur. Alors, je profite de chaque occasion qui m’est donnée de venir ici.»
Toute la classe politique a-t-elle des attaches à Sainte-Marie-de-Kent? Dominic LeBlanc n’a pas manqué lui non plus d’évoquer ses souvenirs. Il s’est remémoré ses fins d’été à la foire agricole de Kent, événement qui précède la rentrée scolaire, et de l’amitié qui liait son père, Roméo LeBlanc, à Bertin LeBlanc, alors parlementaire de la région. Il a provoqué l’hilarité en laissant entendre que l’ancien élu était aussi ancien que le village!
«En 1824, le peuple mi’kmaq, qui vivait dans la région depuis 10 000 ans, a bien accueilli le peuple acadien. Déjà, à l’époque, Bertin LeBlanc était le député provincial. Et 200 ans après, c’est assez extraordinaire de voir quelqu’un qui se rappelle de cette arrivée!»
«Est-ce que Bertin va jouer son propre rôle demain lors de la reconstitution historique?», a enchaîné Benoît Bourque, faisant redoubler les rires du public.
Dans une allocution prononcée uniquement en français, la lieutenante-gouverneure Brenda Murphy a remercié les membres du comité organisateur et toutes les personnes qui ont contribué à mettre en place le Bicentenaire. Elle a souligné le dynamisme et la vitalité des collectivités comme Sainte-Marie.

Rodolphe Nowlan, le doyen de Sainte-Marie, vient de fêter ses 101 ans. (Photo : Damien Dauphin)
La coupe du ruban s’est faite avec une paire de ciseaux qui servaient autrefois à tondre la laine des moutons. À l’extrémité gauche, il y avait un invité spécial en la personne du doyen du village. Rodolphe «Rudy» Nowlan a fêté son 101e anniversaire le 30 juin, et le sémillant centenaire a toujours bon pied bon œil. Il conduit encore sa propre auto!
«Ma vue commence à baisser, alors je dois faire plus attention, je vais moins loin qu’avant», a toutefois précisé avec un brin de malice le natif de Grande-Digue qui est né alors que Sainte-Marie-de-Kent avait 99 ans.
À la une : inauguration du sentier du patrimoine. Le monument, qui mentionne les noms des premiers pionniers, est un fac-similé en carton en attendant l’arrivée du véritable monument en pierres, actuellement en cours d’acheminement depuis la Chine, et qui devrait arriver le mois prochain. 365 arbres, plantes et arbustes ont été plantés en deux jours autour de ce qui marque le point de départ du sentier, sur le site de l’ancien presbytère.
