Actualités
11 Juin 2024
80 ans du Débarquement des alliés en Normandie : Dieppe et Moncton au cœur des commémorations canadiennes
- Partager
D’un océan à l’autre, les feux des projecteurs ont été braqués sur la région à l’occasion des commémorations du Jour J de 1944. Ce fut l’occasion pour la très honorable Mary Simon, gouverneure générale du Canada, d’effectuer une première visite au Nouveau-Brunswick.
_______________________
Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Autrefois connu sous le nom de Léger’s Corner, le territoire qui est depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale celui de la Ville de Dieppe tire son nom de la ville normande où, le 19 août 1942, nombre d’Acadiens ont perdu la vie dans une malheureuse tentative de Débarquement. C’est tout naturellement que les célébrations du 80e anniversaire du Jour J ont débuté mercredi 5 juin Place 1604, devant le Cénotaphe.

Un arbre du souvenir, un Charme européen originaire de France, a été dévoilé au Parc Victoria. (Photo : Damien Dauphin)
Moncton a pris la relève le soir même pour un service commémoratif au crépuscule qui s’est déroulé au Parc Victoria. Darrell Samson, député de Sackville-Preston-Chezzetcook, représentait le gouvernement fédéral. Le Nouveau-Brunswick était représenté par sa lieutenante-gouverneure, Brenda Murphy, qui s’est très bien exprimée en français, et par Mary Wilson, ministre responsable des Affaires militaires.

Des musiciens de la Première nation d’Elsipogtog ont interprété des chansons traditionnelles au rythme des tambours. (Photo : Damien Dauphin)
Sur un écran géant, une vidéo a présenté des témoignages de vétérans de la Seconde Guerre mondiale. Des images d’archives du Débarquement du jour J, y compris l’établissement des forces canadiennes à la tête de la plage Juno, ont également été projetées au public. L’orchestre Sistema Nouveau-Brunswick a interprété trois pièces. Les militaires et les dignitaires, suivis de la foule, se sont ensuite dirigés vers le monument aux morts où les drapeaux ont été mis en berne.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, dépose une couronne devant le cénotaphe. (Crédit : Damien Dauphin)
Les caméras de nos confrères de Radio-Canada étaient présentes et notamment le lendemain après-midi, jeudi 6 juin, pour la principale cérémonie commémorative. Ce n’est pas tous les jours que le sud-est du Nouveau-Brunswick reçoit des visiteurs de marque, au premier rang desquels la très honorable Mary Simon, gouverneure générale du Canada, suivie dans l’ordre protocolaire par l’honorable Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères. Mme Joly représentait le gouvernement fédéral en l’absence de Justin Trudeau et de Ginette Petitpas Taylor, en France au même moment.

La ministre Mélanie Joly s’entretient avec des vétérans avant que ne débute la cérémonie. (Photo : Damien Dauphin)

En grand uniforme, la gouverneure générale du Canada, Mary Simon, entourée de Paul Pirie, qui a récité l’Acte du souvenir en langue mi’kmaq, et de Dave Armitt, qui a déposé une couronne au nom des anciens combattants autochtones. (Photo : Damien Dauphin)

En grand uniforme, la gouverneure générale du Canada, Mary Simon, entourée de Paul Pirie, qui a récité l’Acte du souvenir en langue mi’kmaq, et de Dave Armitt, qui a déposé une couronne au nom des anciens combattants autochtones. (Photo : Damien Dauphin)
Un appel à créer un monde pacifique
«C’étaient des pères, des fils, des frères, des voisins. Le matin du 6 juin 1944, ils faisaient partie des dizaines de milliers qui ont pris d’assaut les plages de Normandie occupées par les Allemands. Face à un ennemi féroce et déterminé, ils ont réussi ce qu’ils avaient entrepris : franchir le mur fortifié de l’Atlantique et pénétrer le plus loin possible à l’intérieur des terres pour libérer la France de l’occupation allemande», a indiqué la ministre Joly qui s’est entretenue avec les anciens combattants avant que la cérémonie ne débute formellement.

Le major Chris VanBuskirk, aumônier des Forces armées canadiennes, a conduit un moment de réflexion et de prière. (Photo : Damien Dauphin)
Précisant que ces milliers de soldats canadiens représentaient différentes cultures, langues et traditions, et que parmi ceux-ci se trouvaient des Autochtones, des membres de communautés racisées et des immigrants, Mme Simon a appelé à créer «un monde pacifique où chacun se sente célébré et accepté et où tout le monde peut s’épanouir.»

Le major Chris VanBuskirk, aumônier des Forces armées canadiennes, a conduit un moment de réflexion et de prière. (Photo : Damien Dauphin)
«Ces cérémonies sont pour la nation française, pour le peuple français, autant de moments d’émotion et de reconnaissance», a déclaré pour sa part l’ambassadeur de France au Canada, Michel Miraillet, avant de remettre la Légion d’honneur à trois anciens combattants qui ont participé au Débarquement.
Faisant écho aux tensions internationales, et en particulier au conflit russo-ukrainien qui n’est pas à l’abri d’une escalade, le chef Terry Richardson, représentant autochtone présent aux trois cérémonies, a prévenu que l’histoire avait tendance à se répéter si nous n’en tirions pas les leçons. Il a souligné que des Autochtones, des Français, des Anglais, des Irlandais et des Écossais avaient combattu ensemble. «Nous pouvons accomplir tant de choses lorsque nous unissons nos efforts en tant que groupe de personnes», a plaidé le chef Richardson dans une allocution vibrante qu’il a prononcée sans lire la moindre note.

Nadine Duguay-Lemay est lieutenant-colonel honoraire du régiment North Shore. (Photo : Damien Dauphin)
Lieutenant-colonel honoraire du régiment North Shore, Nadine Duguay-Lemay a confié au Moniteur Acadien sa fierté et son émotion que la contribution de son régiment d’appartenance ait été cité à deux reprises. «Je me rends compte que l’armée est vraiment une deuxième famille, et quand on réalise que ces soldats sont entraînés pour se sauver la vie les uns les autres, ça prend une proportion incroyable», a-t-elle témoigné.

Un véhicule de la Deuxième Guerre mondiale au Parc Victoria. (Photo : Damien Dauphin)
Ginette Petitpas Taylor en Normandie avec Trudeau
Pendant que la cérémonie nationale se déroulait à Moncton, le premier ministre Justin Trudeau et la ministre des Anciens Combattants Ginette Petitpas Taylor étaient en France pour participer aux cérémonies internationales du 80e anniversaire.

En Normandie, Ginette Petitpas Taylor s’entretient avec des jeunes.
La députée de Moncton-Riverview-Dieppe s’est entretenue avec des vétérans de la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi des étudiants du Nouveau-Brunswick qu’elle a rejoints pour retracer les pas de ceux qui ont servi dans le régiment du North Shore. Ce contingent, formé de soldats issus de communautés rurales d’agriculteurs et de pêcheurs de la province, fut l’un des premiers à débarquer sur la plage Juno et à en payer le prix.

La ministre des Anciens combattants, Ginette Petitpas Taylor, s’est recueillie sur la plage Juno où elle a symboliquement planté un drapeau canadien sur le sable.
«Des centaines de Canadiens étaient à la plage Juno. Les côtoyer a été une expérience émouvante et pleine d’humilité, a-t-elle indiqué. Bien que ce fut l’un des plus grands honneurs de ma vie d’être en France cette semaine pour célébrer ces courageux Canadiens qui ont pris d’assaut la plage de Juno il y a 80 ans, une partie de mon cœur était toutefois à Moncton, où les cérémonies nationales canadiennes ont eu lieu.»
