Pour l’amour de la course et des enfants Pépère Boîte à lunch termine son 2e marathon de Boston

 

Pépère Boîte à lunch affiche fièrement ses couleurs pour la photo officielle à la fin de son deuxième marathon de Boston. (Photo : Gracieuseté)

Claire Lanteigne

Ronald Cormier, de Grande-Digue, bien connu comme Pépère Boîte à lunch, a couru son deuxième marathon de Boston, le 16 avril dernier, à 63 ans. «Pendant la semaine, la météo n’était pas très prometteuse, dit-il, et il fallait prendre la décision sur les bons vêtements à porter pour courir le marathon avec une température de 1 à 2 degrés, de la pluie, de la grêle et un vent frontal de 60 km l’heure. Mille deux cents coureurs n’ont pas pris le départ et sur les 29 800 personnes enregistrées, 25 700 l’ont complété.»

«Je courais avec les doigts gelés mais le plus gros appui qui m’a permis de terminer la course c’est le sachet avec les 252 noms des élèves de Grande-Digue que je portais sur mon cœur», dit-il avec émotion. J’avais aussi les initiales de ma cousine Marielle, qui passe une période difficile de traitements pour le cancer.» Durant la course, Pépère témoigne que sa tête lui a demandé d’abandonner la course au moins 1000 fois. Mais le dévouement à ses causes ne lui laissait aucune option. C’est son devoir et sa responsabilité. Au 15 km il a fait trébucher un autre coureur par accident, c’est le risque à courir. Au 25e km, il ajoute avoir entendu un coureur Philippin lâcher un cri d’horreur de douleur qu’il n’oubliera jamais. «À km 25 mes quadriceps ont commencé à gonfler et j’ai pris une capsule de sel de table dans mon kit d’urgence. Cela a réglé le problème, mais je ne me souviens pas d’avoir passé la dernière grosse butte du marathon», ajoute-t-il.

Au km 34, il a dépassé un coureur amputé avec une jambe artificielle et cela lui a donné l’énergie pour compléter la course. Il a franchi la ligne d’arrivée en 3 heures 44 minutes et 42 secondes.

Il a battu son record personnel de trois minutes en plus d’avoir amélioré sa performance du premier marathon de Boston par 15 minutes. À quelques mètres après la ligne d’arrivée, Pépère Boite à lunch s’est écrasé et les paramédicaux l’ont fait marcher quelques minutes et il s’écrase pour une deuxième fois. «J’étais très très fatigué, mais finalement j’ai pu continuer et me rendre à l’autobus, dit-il. J’ai seulement su quelques minutes après quel était mon temps et j’avais tellement les mains gelées. Mais je l’avais réussi pour l’amour de la course et des enfants.»

Au fil d’arrivée, il enlève toujours son manteau pour exposer son chandail Pépère Boîte à lunch, ainsi que les drapeaux acadien et canadien pour la photo officielle. Il donne toujours son habit de course pour la cause. Il est maintenant qualifié pour un troisième marathon à Boston en 2019.

Il commence à courir à 58 ans

   C’est à l’âge de 58 ans que Pépère Boîte à lunch a commencé à courir, suite à un défi lancé par sa fille Marcia, la veille du Jour de l’an. Elle l’a invité à faire «Du sofa à 5 km» avec elle, lui disant que ça lui ferait du bien. «Je n’avais jamais couru un km, mais j’aime les défis et j’ai commencé mon entrainement en janvier 2013 et en avril je l’ai couru en 34 minutes 30 secondes. J’ai poursuivi mon entraînement au cours des deux prochaines années, mais je courais à la noirceur, ne voulant pas être vu en tenue sport. Je courais 5, 10 ou 15 km et j’étais vraiment fatigué à la fin. Je voyais les autres coureurs boire de l’eau et des boissons énergisantes. On m’a suggéré, probablement par sympathie, que je devrais peut-être joindre le Club des coureurs du Running Room, ce que j’ai fait en 2015. J’ai couru le demi marathon de Kouchibouguac en octobre 2015.»

«Un des coureurs Kevin Donnelle finissait de courir New York. Je lui ai téléphoné pour savoir s’il pensait que je pourrais courir un plein marathon. Je me suis donc entraîné de janvier 2016 et en mai j’ai couru mon premier marathon à Fredericton en 3 hrs 47 min. 24 sec. Qualifié pour New York, j’ai envoyé mon application et j’ai été accepté lors du tirage de novembre 2016 avec 51 000 autres coureurs.»

Il court le marathon en avril 2017 rate sa qualification pour Boston par trois minutes. «J’étais sous quatre heures et j’ai donc décidé de courir Ottawa en mai 2017, avec ma nièce. Je me suis qualifié pour Boston en 3hrs 49 min. 55 sec.»

C’est avant le marathon d’Ottawa qu’on annonce que les élèves de l’école Grande-Digue voulaient montrer leur appréciation à la Campagne de Pépère Boîte à lunch en organisant un marathon le 13 juin 2017. Pour les jeunes donner est aussi important que recevoir et le long du parcours on ramassait des denrées pour le Vestiaire St-Joseph.

Il est suggéré dans le sport de faire deux marathons par année afin de garder son corps occupé, mais Pépère Boîte à lunch en a couru trois dans sept semaines.

Il profite de quelques mois pour récupérer et en octobre il commence son entraînement pour Boston 2018 et il court quelques demi marathons et courses minutes. De janvier jusqu’au jour du marathon, le 16 avril dernier, il a couru au-delà de 1000 kms et a aussi surpassé 1500 kms depuis le début de son entraînement en octobre 2017.

Campagne Pépère Boîte à lunch

   La Campagne de Pépère Boîte à lunch est dans le but de financer les repas chauds des élèves en besoin à l’école Grande-Digue. «La campagne, parrainée par les Chevaliers de Colomb de Grande-Digue va très bien et on a atteint la jolie somme de 18 000$ dans 18 mois», dit-il avec fierté. Ce montant paraît excessif, mais on a besoin de plus ou moins 1000$ par mois. Le programme vise aussi à renseigner et sensibiliser les gens sur les besoins des jeunes qui n’ont rien ou presque rien. Il faut offrir des repas chauds discrètement en collaboration avec la direction de l’école. De plus, les deux parents de plusieurs jeunes travaillent, donc ils déjeunent tôt. Alors l’école fournit une collation de fruits, fromage à tout jeune qui veut manger quelque chose.»

«Peut-être que des personnes questionnent pourquoi on fait ça, mais la direction de l’école fait le suivi avec les parents à savoir ce qui se passe. Peut-être qu’un jour l’infirmière qui me soignera sera une jeune qu’on aura aidé à bien fonctionner à l’école, poursuit-il. Le programme veut aussi développer la jeunesse qui va apprendre à redonner l’aide à d’autres : c’est la morale de cette campagne.»

On négocie actuellement avec le District scolaire francophone Sud pour tenir le deuxième marathon Pépère Boîte à lunch. S’il se reproduit, ce sera le 13 juin prochain et Pépère Boîte à lunch se repose un peu en attendant.

En terminant, il encourage tout le monde, peu importe l’âge, à participer à des exercices et à faire des sports pour garder son corps en forme.

«Pour les jeunes, conclut-il, si tu veux, tu peux.»

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