Opinion
10 Août 2022
Acadie, mon amour
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Se fêter une fois par an le 15 août n’est pas un luxe. Comme modèle de résilience, nous méritons amplement le statut de peuple dont on est imprégné. Mais qui dit résilience, dit résistance. En effet, on n’est pas encore à l’abri de différentes menaces qui grugent notre identité.
La première grande menace provient de l’existence même de notre gouvernement provincial actuel sous la gouverne du Premier ministre Higgs. Son silence sur le renouvellement de la loi sur les langues officielles, pourtant après avoir promis de réagir avant la fin juin, frise l’insolence et le manque de considération. Son mépris face à nous s’exprime ouvertement. C’est intolérable et malsain.
Avec une telle attitude gouvernementale rébarbative face à cette loi, il est à se demander s’il n’est pas préférable qu’il ne procède pas à ce renouvellement, vu le risque que ça se solde par un recul inimaginable. On laisserait au futur gouvernement le privilège d’établir une loi juste et équitable. Mais, faisons une trêve dans nos ressentiments, et concentrons-nous sur des raisons de célébrer.
La tenue réussie des derniers Jeux de l’Acadie de Saint-Jean a encore une fois été une manifestation ostentatoire de ce que l’Acadie a de plus beau : sa jeunesse! Elle est vivante et pleine de potentiel. Le leadership de la SANB, en son président Alexandre-Cédric Doucet et sa vice-présidente Sue Duguay, brille par leur jeunesse et leur intelligence. C’est porteur de présent et d’avenir.
L’année 2022 sera marquée au fer rouge par presque une pleine municipalisation des communautés acadiennes. On doit s’en réjouir grandement. Le pouvoir municipal est un des plus grands pouvoirs politiques que l’Acadie possède. Il faut l’utiliser à bon escient pour développer des politiques environnementales, culturelles, économiques, et pour les aînés et les jeunes, face aux attentes de la population. C’est une de nos meilleures cartes d’atout.
On doit se réjouir de la qualité de notre milieu artistique. L’art est ce qu’il y a de mieux pour définir un peuple. L’Acadie est nantie sur ce plan-là.
Mais, il faut rester alerte sur le plan de l’immigration. Il faut s’assurer qu’au moins 33% des immigrants parlent le français. Et il faut aussi s’assurer, que dans les communautés acadiennes, les autres immigrants aient accès à de l’enseignement gratuit en français dès leur arrivée. Sinon, on risque de se retrouver avec des problèmes linguistiques délicats. Il ne faut pas que ça se passe ainsi.
Il faut se réjouir d'être le premier peuple européen à s'être installé en permanence en Amérique. Quand l'on constate ce qu'est devenu l'Amérique, il y a toutes les raisons d'être fiers. Et même si on a su mieux se rapprocher des premières nations ces dernières années, il y a encore de la place pour de l'amélioration.
Il faut célébrer le fait que nous sommes encore debout, comme le chante si bien Calixte Duguay. Grâce à nos ancêtres pour lesquels il faut être reconnaissants, nous avons cumulé des acquis indispensables à notre épanouissement au fil des ans. François Mitterrand, ancien président français, était tout admiratif face à ce cheminement.
On a plusieurs raisons de célébrer en cette journée de fête nationale. L'une de ces principales raisons est cette volonté non équivoque collective de vouloir encore vivre longtemps comme peuple à part entière. Ça nous rend amoureux de ce peuple, cette Acadie, mon amour! Bonne fête nationale du 15 août!
