Opinion
12 Mai 2022
Pour faire suite à l’article de Damien Dauphin du 11 mai
- Partager
Le sujet m’a interpelé. Je n’inventerai pas la roue, c’est connu la place des francophones dans cette belle province dite bilingue rencontrera toujours des défis et fera constamment face à de grands obstacles. Merci à tous nos grands défenseurs de la langue à petites et grandes échelles. Comment aborder ce sujet sensible, mais de grande importance pour les francophones du Nouveau-Brunswick?
On ne peut pas se comparer à aucune province, j’ai donc dû faire un peu de recherche. J’ai mis la main sur une étude de l’ACUFC (Association des collèges et universités de la francophonie canadienne) et du Consortium national de formation en santé. Intitulé :
REVUE DE LITTÉRATURE : ENJEUX DES SERVICES SOCIAUX ET DE SANTÉ EN CONTEXTE BILINGUE OU MULTILINGUE NATIONAL. https://acufc.ca/wp-content/uploads/2019/01/2015-05-Revue-litterature-Sante-et-bilinguisme.pdf.
Voici un extrait…
‘La constitution du Canada fait du français et de l’anglais ses deux langues officielles. Avec plus de 35 millions de personnes au Canada en 2014, les anglophones constituent le groupe majoritaire, sauf au Québec. À l'extérieur du Québec […] la population ayant le français comme première langue officielle parlée était de 1 007 580 en 2011 comparativement à 997 125 en 2006, soit une augmentation de plus de 10 000 personnes. Le poids démographique de cette population est passé de 4,2 % à 4,0 % au cours de cette période (Statistique Canada, 2012; données issues du recensement de 2011).’
Je n’en ferai pas plus le résumé de peur de vous perdre, mais je vous recommande d’en faire la lecture.
Cette étude traite des francophones minoritaires dans toutes nos provinces ainsi qu’au pays de Galles et reconnaissent les enjeux que nos voisins francophones doivent faire face. Mais, je dis bien, mais, ils ne sont pas dans une province comme la nôtre, dite bilingue. Je suis originaire de la Gaspésie et aussi longtemps que je me souvienne, on luttait pour défendre nos droits et maintenir la qualité du français dans nos écoles même dans les années 70.
Nos ainés se cherchent des foyers de soins qui offrent des services dans leur langue maternelle. Fort heureusement l’AFESSNB (Association francophone des établissements de soins spéciaux du NB) fait un effort dans ce sens. Cependant en parcourant la liste des foyers membres, aucun dans la région de Fredericton n’y fait partie. Pourtant il y en a; pas beaucoup, mais il y en a. Notre ville capitale devrait certainement faire un plus grand effort et montrer l’exemple.
Dans mon ancienne vie, de 1991-2002, alors que je travaillais comme Technologiste de laboratoire médical et à l’époque ou mon hôpital se nommait Hôpital Dr George L. Dumont, les menaces de fusionner notre laboratoire étaient le sujet de l’heure. On vivait de peur, nos jobs étaient menacés. Vingt ans plus tard, tout est relativement le même. Deux gros laboratoires dans la même ville séparés seulement par quelques kilomètres. Pourquoi le statu quo? Parce que des gens qui croient à notre langue et à nos droits se sont battus.
Vous avez bien compris, à chaque quatre ans, nos craintes se renouvellent avec les élections provinciales. Les francophones ne sont certainement pas en bonne position avec le gouvernement élu actuel. Nous, comme citoyens francophones, nous devons trouver des représentants politiques qui nous supportent afin de contrebalancer ce que nous témoignons ces dernières années. Avons-nous peur de nous faire intimider, de constamment surveiller les faits et gestes de nos leaders. J’avoue que ce que je lis et vois dernièrement me fait peur moi-même. Me lancer en politique me demanderait un effort constant à défendre mes droits au risque de négliger ma propre famille et hanter mes nuits.
Nous ne sommes pas seuls minoritaires pensez aux peuples autochtones qui ne sont mêmes pas servis dans leur langue maternelle, cette langue ne fait même pas partie de notre programme scolaire. C’est désastreux pour eux qui voient leur langue s’effacer depuis des siècles.
Si le Réseau Vitalité disparaissait, qu’arriverait-il à nos services en français dans nos hôpitaux? Imaginer être assis dans un bureau de médecin et recevoir un diagnostic de cancer en phase terminale en anglais avec tout le jargon médical. Sincèrement, je pense que l’emphase devra être mise dans les services de ressources humaines afin de promouvoir un équilibre entre langue, race, culture et genre. Nous avons également un urgent besoin d’immigrants qui parlent le français pour rétablir cette situation démographique précaire.
En espérant que nos jeunes francophones se réveilleront et assureront la relève et tous ces efforts déployés depuis des centaines d’années
Cathy Verreault
Fredericton
