Opinion
7 Avril 2023
Les vieux et les jeunes
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Changer de nom, ne pas changer de nom, les vieux disent ceci, les jeunes disent cela, les personnalités acadiennes sont divisées. En gros, rien de nouveau sous le soleil.
Bien d'autres que moi ont étudié l'importance des institutions pour une petite communauté comme la nôtre. Elles leur fabriquent des enseignants, du personnel en santé, du personnel en mieux-être, en santé mentale, des scientifiques et ingénieurs de tout acabit, du personnel juridique, des experts en histoire, en langue et culture, en sociologie, en géographie, en loisirs, en technologie, en écologie, en administration, en philosophie et en bien d'autres domaines encore. Ces institutions (écoles, universités, collèges) créent littéralement notre société. Si leur nom est important, car il fait partie de notre affichage linguistique, culturel et identitaire, il n'est rien à côté des trois conditions d'une vitalité linguistique viable : le fait de posséder et de gérer nos propres institutions dans tous les domaines enseignés; d'avoir une belle démographie vibrante pour les animer et de s'assurer que nos élus ne portent pas atteinte au statut de notre langue et de nos cultur(e) si patiemment acquis.
En ce qui concerne le débat jeunes-vieux, c'est un fait que les vieux d'aujourd'hui ne redeviendront jeunes que par les yeux de leurs marmailles et de la marmaille de leur marmaille. Les jeunes, eux au contraire deviendront vieux, un petit peu chaque jour (désolée, c'est ça qui est ça!). Ce qui leur convient maintenant leur conviendra-t-il plus tard?
Pour ce qui est des personnalités acadiennes, je salue leurs divergences d'opinion puisqu'il n'y a rien dans un parcours de vie francophone qui est symétrique à un autre parcours de vie, les circonstances vécues par chacun, les lieux fréquentés, les dynamiques familiales de chacun étant uniques. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas construire du beau ensemble, au contraire.
Selon moi, le changement de nom n'est pas capital, mais c'est un sujet concret contrairement aux autres dossiers si déterminants (la présence de francophones dans les rouages décisionnels, les (non) pouvoirs du/de la commissaire aux langues officielles, la révision ou non aux 10 ans de la LLO, les politiques d'immigration pro-francophones...). Ces sujets passent par-dessus bien des têtes tellement ils sont abstraits et complexes et ce n'est pas en écoutant les discours politiques que le commun des gens aurait la chance de comprendre les enjeux actuels. Je me disais, changer un nom, ce n'est pas le plus urgent, mais c'est quelque chose que tout le monde peut comprendre facilement. Peut-être que ce changement ouvrirait la voie à d'autres enjeux qui mériteraient l'attention des jeunes comme des vieux.
Gilberte Godin
Robertville
