Éditorial
31 Août 2022
Un petit geste pour la langue française
- Partager
Damien Dauphin
Rédacteur en chef
damien@moniteuracadien.ca
Les chiffres rendus publics par Statistique Canada ont fait l’effet d’une douche écossaise sur la communauté francophone. Tout au moins en est-il de celles et ceux qui ont à cœur la promotion et la défense de notre langue. Ceux-ci n’ont pas besoin qu’on leur sonne le « réveil » sur une mélodie de Zachary Richard. C’est à celles et ceux qui, au quotidien, se rendent implicitement complices de l’assimilation linguistique, qu’il faut secouer les puces !
Nos confrères de l’Acadie Nouvelle ont écrit récemment qu’il était aussi facile de vivre en français à Caraquet et à Edmundston qu’à Québec. C’est exact. Dans le nord du Nouveau-Brunswick, c’est la langue de Molière qui jaillit spontanément dans les conversations courantes. Il devrait en être de même au sein des communautés acadienne et de langue française du Sud-Est. Or, c’est loin d’être le cas.
Nous connaissons tous des francophones qui, au quotidien, laissent tomber le français. Que ceux-ci le fassent par paresse intellectuelle ou pour tout autre raison, et nous reconnaissons qu’elles peuvent être nombreuses, ils contribuent plus ou moins consciemment à la lente disparition de notre langue et à l’assimilation à la majorité. Aujourd’hui dominante, celle-ci sera demain écrasante si nous ne réagissons pas.
Nous sommes désolés de constater que, sur les réseaux sociaux, certaines personnalités publiques de la communauté francophone élargie fassent le choix de ne s’exprimer qu’en anglais dans leurs publications. Le plus rageant, c’est lorsque quelques mots en français viennent clore, en catimini, un propos énoncé dans la langue de Shakespeare ! Quel est le message que cela envoie ? « Regardez, je n’oublie pas d’écrire en français » ?
Eh bien non, cela ne suffit pas !
En règle générale, les personnalités politiques de premier plan doublent leurs publications : une en anglais, l’autre en français. Nous les en remercions. Les simples particuliers n’ont nullement besoin de les imiter. J’ai des amis unilingues anglophones qui, sur Facebook par exemple, « aiment » mes publications pourtant écrites en français. Comment cela se fait-il ? Tout simplement de la même manière que lorsque je lis des publications dont la version originale est en anglais, en espagnol ou en portugais : elles sont traduites par le logiciel « Bing », et l’on peut même lire la version originale si on le souhaite.
La conclusion qui s’impose est que nous ne sommes pas obligés d’écrire en anglais sur les réseaux sociaux pour rejoindre nos contacts anglophones. Par conséquent, nous devrions avoir la discipline d’écrire en français d’abord. C’est notre devoir et notre responsabilité.
Dans le même ordre d’idée, lorsque vous allez dans un magasin ou tout autre commerce, commencez par vous exprimer en français pour faire savoir que vous désirez obtenir le service dans votre langue. Faites de même lorsque vous entrez en interaction avec des machines, comme les caisses automatiques à la sortie de votre magasin d’épicerie préféré. Cela ne prend qu’une seconde d’appuyer sur la touche « Fr ». Lorsque l’opération sera terminée, au beau milieu d’un concert de « thank you for using express check-out », vous ferez retentir votre différence avec un mélodieux « merci d’avoir utilisé les caisses libre-service » !
C’est peu, a priori, mais c’est avec de tels petits gestes en faveur de la langue française que nous pouvons résister à l’assimilation.
