Culture
26 Novembre 2025
Le rock du 17e
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Sluice est un groupe du « Par en bas » qui prend plaisir à faire revivre les légendes du sud de la Nouvelle-Écosse sous forme de chansons rock. Le dernier extrait du groupe, Sorcière de la Pointe-du-Sault, est un exemple électrisant de la magie de Sluice. Trevor Murphy, chanteur et bassiste du groupe, était de passage à PLUS 90 pour parler du mythe à la source de la dernière chanson du groupe.
Hubert Théberge
Le Moniteur Acadien
400 ans de légendes
«Pas grand monde sait ça, mais notre communauté est potentiellement la première région acadienne. Il y a des francophones ici depuis plus de 400 ans», déclare fièrement Trevor Murphy. Le trio «power pop» s’est formé en 2021 alors que Trevor compulsait les archives de la Cour du canton d’Argyle à la recherche d’histoires intéressantes.
«Moi je suis tellement «nerd» que j’ai passé 10 ans à l’université à faire des sessions de recherche. Quand je tombais sur une bonne histoire à travers les manuscrits ou les microfilms, j’écrivais les paroles d’une chanson sur ça en arrivant chez nous le soir. J’étais motivé parce que, de manière générale, on ne sait pas grand-chose de la vie des Acadiens de la Nouvelle-Écosse. Même si on a une longue histoire, celle des Acadiens du Nouveau-Brunswick est mieux documentée», raconte le musicien. Le dernier album du groupe a été nommé Archiviste, précisément pour refléter le travail de recherche nécessaire à son écriture.
La Sorcière de la Pointe-du-Sault rassemble l’essence de ce qui fait de Sluice un ovni musical captivant: une histoire de magie noire à cheval sur une mélodie punk rock qui roule comme les pistons d’un moteur V8.
«Quand j’étais jeune, ma mère et mes tantes du bord des Surettes me disaient : si tu marches tout seul, tu passes pour une Vitaline. Dans les faits, Vitaline, c’est le prénom de la sorcière et l’expression est restée dans le folklore acadien de la région d’Argyle pour parler d’une personne bizarre», raconte Murphy.
La pièce Madeleine, tirée du même album, est un peu la «sœur musicale» de la sorcière, explique le chanteur. «Pour Madeleine, on a utilisé l’histoire d’une femme de la région qui a échappé deux fois à la déportation en se cachant dans les bois.»
Le son fixé dans le temps
Au niveau sonore, Sluice représente une certaine anomalie. À la fois frais et dynamique, le rock offert par le trio a un certain goût de nostalgie. Les gars de Sluice sont nés dans les années 80 et, dès la fondation du groupe, ils avaient une idée bien claire du son qu’ils recherchaient.
«Quand on a lancé l’aventure en 2021, je voulais absolument retrouver le son que, moi, j’aimais quand j’étais à l’école secondaire. On cherchait un style pour que des jeunes comme je l’étais en 1998 s’intéressent à la musique francophone. C’est pour ça que ça ressemble un peu à du Weezer et du Gin Blossom», raconte Trevor Murphy.
On pourrait ajouter Cheap Tricks, Green Day et les Vulgaires Machins à la liste des influences de Sluice. Les riffs sont haletants, les solos simples et accrocheurs et les refrains faciles à reprendre en chœur. Au-dessus de la mêlée règne l’accent acadien proférant une certaine chaleur à l’ensemble.
Pointe d’humour
Pour la réalisation du vidéoclip de Sorcière de la Pointe-du-Sault, le groupe a fait appel producteur Moosecanfly (Brendan Langelle Lyle), basé à Halifax. Oscillant entre mystère et humour, le résultant est d’une redoutable efficacité. On y découvre une sorcière moderne, style influenceuse, qui utilise la magie noire pour aider ses abonnés à se venger.
«L’idée de base était de montrer un peu ce que pourrait être une sorcière en 2025, et c’est Brendan qui a eu l’idée de mettre de l’humour avec un jeu de parallèle entre le groupe qui joue la chanson et la magie de la sorcière», confie Trevor Murphy. Le tout est fidèle à la démarche artistique de Sluice qui aime déterrer le passé pour l’habiller au goût du jour.
Sluice n’a présentement pas de spectacles à l’affiche, mais les fans de rock de Dieppe ont pu les voir au Xeroz Arcade/Bar de Moncton, le 7 novembre dernier. Pour tous ceux qui ont manqué le spectacle, les deux albums de Sluice, Le succès par le travail et Archiviste, sont sur les plateformes numériques. Si le rock avait existé au XVIIe siècle, Sluice en aurait certainement été la version acadienne.
(Photo : Meghan Tansey Whitton)
Hubert Théberge
Le Moniteur Acadien
400 ans de légendes
«Pas grand monde sait ça, mais notre communauté est potentiellement la première région acadienne. Il y a des francophones ici depuis plus de 400 ans», déclare fièrement Trevor Murphy. Le trio «power pop» s’est formé en 2021 alors que Trevor compulsait les archives de la Cour du canton d’Argyle à la recherche d’histoires intéressantes.
«Moi je suis tellement «nerd» que j’ai passé 10 ans à l’université à faire des sessions de recherche. Quand je tombais sur une bonne histoire à travers les manuscrits ou les microfilms, j’écrivais les paroles d’une chanson sur ça en arrivant chez nous le soir. J’étais motivé parce que, de manière générale, on ne sait pas grand-chose de la vie des Acadiens de la Nouvelle-Écosse. Même si on a une longue histoire, celle des Acadiens du Nouveau-Brunswick est mieux documentée», raconte le musicien. Le dernier album du groupe a été nommé Archiviste, précisément pour refléter le travail de recherche nécessaire à son écriture.
La Sorcière de la Pointe-du-Sault rassemble l’essence de ce qui fait de Sluice un ovni musical captivant: une histoire de magie noire à cheval sur une mélodie punk rock qui roule comme les pistons d’un moteur V8.
«Quand j’étais jeune, ma mère et mes tantes du bord des Surettes me disaient : si tu marches tout seul, tu passes pour une Vitaline. Dans les faits, Vitaline, c’est le prénom de la sorcière et l’expression est restée dans le folklore acadien de la région d’Argyle pour parler d’une personne bizarre», raconte Murphy.
La pièce Madeleine, tirée du même album, est un peu la «sœur musicale» de la sorcière, explique le chanteur. «Pour Madeleine, on a utilisé l’histoire d’une femme de la région qui a échappé deux fois à la déportation en se cachant dans les bois.»
Le son fixé dans le temps
Au niveau sonore, Sluice représente une certaine anomalie. À la fois frais et dynamique, le rock offert par le trio a un certain goût de nostalgie. Les gars de Sluice sont nés dans les années 80 et, dès la fondation du groupe, ils avaient une idée bien claire du son qu’ils recherchaient.
«Quand on a lancé l’aventure en 2021, je voulais absolument retrouver le son que, moi, j’aimais quand j’étais à l’école secondaire. On cherchait un style pour que des jeunes comme je l’étais en 1998 s’intéressent à la musique francophone. C’est pour ça que ça ressemble un peu à du Weezer et du Gin Blossom», raconte Trevor Murphy.
On pourrait ajouter Cheap Tricks, Green Day et les Vulgaires Machins à la liste des influences de Sluice. Les riffs sont haletants, les solos simples et accrocheurs et les refrains faciles à reprendre en chœur. Au-dessus de la mêlée règne l’accent acadien proférant une certaine chaleur à l’ensemble.
Pointe d’humour
Pour la réalisation du vidéoclip de Sorcière de la Pointe-du-Sault, le groupe a fait appel producteur Moosecanfly (Brendan Langelle Lyle), basé à Halifax. Oscillant entre mystère et humour, le résultant est d’une redoutable efficacité. On y découvre une sorcière moderne, style influenceuse, qui utilise la magie noire pour aider ses abonnés à se venger.
«L’idée de base était de montrer un peu ce que pourrait être une sorcière en 2025, et c’est Brendan qui a eu l’idée de mettre de l’humour avec un jeu de parallèle entre le groupe qui joue la chanson et la magie de la sorcière», confie Trevor Murphy. Le tout est fidèle à la démarche artistique de Sluice qui aime déterrer le passé pour l’habiller au goût du jour.
Sluice n’a présentement pas de spectacles à l’affiche, mais les fans de rock de Dieppe ont pu les voir au Xeroz Arcade/Bar de Moncton, le 7 novembre dernier. Pour tous ceux qui ont manqué le spectacle, les deux albums de Sluice, Le succès par le travail et Archiviste, sont sur les plateformes numériques. Si le rock avait existé au XVIIe siècle, Sluice en aurait certainement été la version acadienne.
(Photo : Meghan Tansey Whitton)
