Culture
21 Mai 2025
Herménégilde Chiasson explore l’écho entre mots et images à la Galerie 12
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L’artiste multidisciplinaire Herménégilde Chiasson investit la Galerie 12 du Centre culturel Aberdeen, à Moncton, avec une nouvelle exposition intitulée écritures / miniatures. Présentée du 23 mai au 18 juin 2025, cette proposition artistique explore les liens intimes et parfois insaisissables entre l’écriture et les arts visuels.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien
Depuis longtemps, Herménégilde Chiasson navigue entre le monde des lettres et celui de l’image. Dans écritures / miniatures, il pousse cette dualité au cœur même de sa création. «Les arts visuels et l’écriture partagent les mêmes instruments, les mêmes élans, note-t-il. Ils se croisent et se nourrissent mutuellement.» C’est cette porosité entre les disciplines qu’il cherche à traduire en formes et en couleurs, à travers une exposition en cinq temps.
La première série de l’exposition se distingue par sa modestie assumée. Quinze petits tableaux aux dimensions réduites rappellent la contrainte de la page, ce territoire familier de l’écrivain. Ces œuvres, abstraites et évocatrices, agissent comme des «haïkus visuels», selon les mots de l’artiste. Dans leur économie de moyens, elles condensent une vision poétique du monde, où la simplicité devient force de suggestion.
La deuxième série, plus structurée, bascule vers des formats plus amples. Le noir y prédomine, ponctué d’interventions rouges qui surgissent d’un maillage dense de lignes graphiques. Ici, le geste semble s’approcher de l’écriture manuscrite: une calligraphie libérée, inachevée, en quête de sens. Cette superposition de tracés devient une sorte de palimpseste, une page mentale où s’entrelacent rythme, mémoire et silence.
Fragments, poèmes et résurgence d’archives
Avec la troisième série, Herménégilde Chiasson joue la carte du fragment. Chaque toile est divisée en seize modules carrés. Chacun d’eux pourrait vivre en autonomie, mais l’ensemble génère un tout mouvant, presque musical. Le noir y fait figure d’encre, ou peut-être de voix intérieure, tandis que la couleur structure l’espace et évoque une forme d’écriture picturale, libérée du verbe.
La quatrième série plonge plus explicitement dans l’univers du texte. En pleine pandémie, en 2021, Chiasson participe à une résidence artistique virtuelle sur le thème du vivant, aux côtés de trois autres poètes-artistes. Il produit alors une série de dessins intégrant ses poèmes, qu’il a récemment redécouverts. Pour cette exposition, il les retravaille en profondeur, y ajoutant images, montages et jeux chromatiques. Le résultat? Des œuvres hybrides à lire autant qu’à contempler, où les mots sont des matières aussi tangibles que les lignes ou les formes.
Enfin, à l’extérieur de la salle, le public découvrira une sélection de dessins réalisés dans les années 1990, jamais exposés depuis. Inspirés de certains mots ou signatures manuscrites, ces œuvres interrogent notre rapport à l’écriture comme geste physique.
Elles évoquent un temps où notre écriture personnelle était notre marque de fabrique, aujourd’hui diluée dans l’anonymat du numérique. «Ces mots, explique l’artiste, sont comme des mots de passe oubliés dans un labyrinthe informatique.»
En réunissant ces cinq séries distinctes, écritures / miniatures trace une cartographie sensible de la pensée d’un artiste pour qui l’art et le langage sont des partenaires, non des rivaux. Chaque œuvre devient un point de passage entre deux formes d’expression, deux façons de dire le monde.
L’exposition sera visible du 23 mai au 18 juin à la Galerie 12 du Centre culturel Aberdeen, au 140 rue Botsford, à Moncton. L’entrée est libre.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien
Depuis longtemps, Herménégilde Chiasson navigue entre le monde des lettres et celui de l’image. Dans écritures / miniatures, il pousse cette dualité au cœur même de sa création. «Les arts visuels et l’écriture partagent les mêmes instruments, les mêmes élans, note-t-il. Ils se croisent et se nourrissent mutuellement.» C’est cette porosité entre les disciplines qu’il cherche à traduire en formes et en couleurs, à travers une exposition en cinq temps.
La première série de l’exposition se distingue par sa modestie assumée. Quinze petits tableaux aux dimensions réduites rappellent la contrainte de la page, ce territoire familier de l’écrivain. Ces œuvres, abstraites et évocatrices, agissent comme des «haïkus visuels», selon les mots de l’artiste. Dans leur économie de moyens, elles condensent une vision poétique du monde, où la simplicité devient force de suggestion.
La deuxième série, plus structurée, bascule vers des formats plus amples. Le noir y prédomine, ponctué d’interventions rouges qui surgissent d’un maillage dense de lignes graphiques. Ici, le geste semble s’approcher de l’écriture manuscrite: une calligraphie libérée, inachevée, en quête de sens. Cette superposition de tracés devient une sorte de palimpseste, une page mentale où s’entrelacent rythme, mémoire et silence.
Fragments, poèmes et résurgence d’archives
Avec la troisième série, Herménégilde Chiasson joue la carte du fragment. Chaque toile est divisée en seize modules carrés. Chacun d’eux pourrait vivre en autonomie, mais l’ensemble génère un tout mouvant, presque musical. Le noir y fait figure d’encre, ou peut-être de voix intérieure, tandis que la couleur structure l’espace et évoque une forme d’écriture picturale, libérée du verbe.
La quatrième série plonge plus explicitement dans l’univers du texte. En pleine pandémie, en 2021, Chiasson participe à une résidence artistique virtuelle sur le thème du vivant, aux côtés de trois autres poètes-artistes. Il produit alors une série de dessins intégrant ses poèmes, qu’il a récemment redécouverts. Pour cette exposition, il les retravaille en profondeur, y ajoutant images, montages et jeux chromatiques. Le résultat? Des œuvres hybrides à lire autant qu’à contempler, où les mots sont des matières aussi tangibles que les lignes ou les formes.
Enfin, à l’extérieur de la salle, le public découvrira une sélection de dessins réalisés dans les années 1990, jamais exposés depuis. Inspirés de certains mots ou signatures manuscrites, ces œuvres interrogent notre rapport à l’écriture comme geste physique.
Elles évoquent un temps où notre écriture personnelle était notre marque de fabrique, aujourd’hui diluée dans l’anonymat du numérique. «Ces mots, explique l’artiste, sont comme des mots de passe oubliés dans un labyrinthe informatique.»
En réunissant ces cinq séries distinctes, écritures / miniatures trace une cartographie sensible de la pensée d’un artiste pour qui l’art et le langage sont des partenaires, non des rivaux. Chaque œuvre devient un point de passage entre deux formes d’expression, deux façons de dire le monde.
L’exposition sera visible du 23 mai au 18 juin à la Galerie 12 du Centre culturel Aberdeen, au 140 rue Botsford, à Moncton. L’entrée est libre.
