Les étapes de la vie en Acadie à l'Église historique de Barachois
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Pour souligner son 200e anniversaire, l'ancienne église Saint-Henri met en valeur les objets qui ont accompagné la vie religieuse de plusieurs générations d'Acadiens. Jusqu'au 30 septembre, l'Église historique de Barachois présente l'exposition De la naissance au souvenir : les sacrements au cœur de la vie. Vêtements liturgiques, statues, images pieuses, bannières de procession et souvenirs familiaux témoignent d'une foi transmise de génération en génération et profondément enracinée dans l'histoire acadienne.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien
L'exposition rend hommage à tous ceux et celles qui, au fil des décennies, ont construit, entretenu et animé l'église Saint-Henri ainsi que les collections qu'elle abrite aujourd'hui. Elle rappelle également l'importance qu'a occupée la religion catholique dans la vie quotidienne et dans l'identité des communautés acadiennes.
Samuel, Audric, Quinlan et Sabrina (absente de la photo) attendent les visiteurs. (Photo : Damien Dauphin)
L'Église catholique reconnaît sept sacrements : le baptême, la confirmation, la réconciliation, l'eucharistie, le mariage, l'ordination et l'onction des malades. L'exposition invite les visiteurs à découvrir comment ces étapes ont marqué la vie des familles, de la naissance jusqu'au souvenir laissé après la mort.
Parmi les objets exposés figurent une robe de baptême offerte par Marguerite Arsenault. Autrefois, le trousseau de baptême était souvent utilisé par plusieurs générations d'une même famille.
Claudette Savoie a pour sa part prêté un cierge de baptême et sa boîte d'origine. Allumé à partir du cierge pascal pendant la cérémonie, le cierge symbolise la lumière du Christ et la nouvelle vie du baptisé. Conservé par les familles, il devenait un précieux souvenir.
De l'eau bénite utilisée lors du baptême est également exposée. Versée sur la tête de l'enfant, elle marque son entrée dans la communauté chrétienne.
L'exposition présente également un certificat d'instruction religieuse imprimé par la librairie Garneau, à Québec, et prêté par Rosa Boudreau. Ce document atteste que Lucinda Léger avait satisfait aux exigences nécessaires pour recevoir sa communion solennelle le 1er septembre 1923.
Le certificat mentionne aussi sa confirmation, célébrée une semaine plus tard, le 8 septembre 1923, et porte la signature du curé François-Xavier Cormier.
Le mariage au cœur des traditions
Une section entière est consacrée au mariage, avec notamment un album regroupant les photographies des couples unis à l'église Saint-Henri avant sa fermeture. Ces images permettent de suivre l'évolution des modes vestimentaires et des coutumes acadiennes à travers les décennies.
Le premier mariage célébré dans l'église fut celui de Guillaume Lodge, cultivateur de Cap-Tourmentin, et de Brigitte Walsh, immigrante d'origine irlandaise. La cérémonie eut lieu le 11 juillet 1826 et fut célébrée par le père Antoine Gagnon.
Les photographies présentées traversent ensuite les époques, de la Première Guerre mondiale aux années folles, avec notamment le mariage de David Cormier et d'Ernestine Doiron, célébré le 17 juillet 1928.
Une robe de mariée donnée par Rosa Boudreau attire particulièrement l'attention. Elle appartenait à Anne-Marie LeBlanc, qui épousa Raymond Léger le 4 février 1956. Son voile fut ensuite transformé pour servir lors de la première communion de leur fille Rosa.
L'exposition rappelle également certaines coutumes aujourd'hui disparues. Dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, lorsqu'un cadet se mariait avant son frère ou sa sœur aînée, cette dernière devait danser dans une auge à cochons pendant qu'un musicien jouait un air traditionnel, tandis que le frère aîné devait manger des galettes dans l'auge.
Les jeunes mariés recevaient aussi souvent du prêtre un conseil teinté d'humour : on espérait les revoir environ un an plus tard, au baptême de leur premier enfant.
Des souvenirs de la visite papale
Plusieurs vêtements liturgiques témoignent des différentes périodes de l'année religieuse : l'Avent, le Carême, le temps pascal et le temps ordinaire instauré après le concile Vatican II.
L'une des pièces les plus remarquables est une étole portée par les prêtres ayant participé à la messe célébrée par le pape Jean-Paul II à Moncton, le 13 septembre 1984. Fabriquée par l'entreprise Ramada Limited, de Willowdale, en Ontario, elle fut conservée en souvenir par les prêtres présents lors de cette visite historique.
L'exposition se termine par les rites entourant la mort et le deuil. Autrefois, le noir dominait les cérémonies funéraires et symbolisait la solennité du moment.
Plusieurs objets liturgiques aujourd'hui rarement utilisés y sont exposés, rappelant les traditions qui ont accompagné les familles acadiennes pendant près de deux siècles.
Une visite à l'Église historique de Barachois permet ainsi de découvrir bien davantage que des objets religieux : c'est tout un pan de la mémoire collective acadienne qui renaît à travers les souvenirs, les coutumes et les récits transmis de génération en génération.
Quatre jeunes guides accueillent les visiteurs et les accompagnent, au besoin, à travers ce voyage dans le temps et ces traditions pas si lointaines. Sabrina, Audric, Samuel et Quinlan sont sur place tout l'été pour partager leur passion du patrimoine et répondre aux questions du public.
Rappelons qu'une levée du drapeau acadien aura lieu le samedi 15 août à 10 h 30. À 11 h, Son Excellence Mgr Guy Desrochers, archevêque de Moncton, célébrera la messe de l'Assomption à l'Église historique de Barachois.
