L’Acadie se souvient du Grand Dérangement
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«Vive l’Acadie! Il ne faut pas oublier nos racines ni les gens qui ont forgé l’Acadie.» C’est dans cet esprit que plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées, mardi 28 juillet, au Monument de l’Odyssée acadienne, situé en bordure de la rivière Petitcodiac à Dieppe, afin de commémorer le Grand Dérangement.
Normand A. Léger
Le Moniteur Acadien
Il y a 271 ans, le gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Charles Lawrence, et son conseil prenaient la décision finale de procéder à la déportation du peuple acadien. Cette décision allait mener à l’expulsion de milliers de personnes, à la destruction de villages, à la séparation de familles et à la mort de nombreux adultes et enfants établis en Acadie.
Le père Emery Brien a rappelé une partie de l’histoire entourant la déportation du peuple acadien. (Photo : Normand A. Léger)
Organisée par la Fédération des associations de familles acadiennes (FAFA), la 21e cérémonie annuelle a été marquée par l’émotion et le rappel de l’histoire. Le père Emery Brien a présenté un bref aperçu des événements de 1755. «La déportation a débuté non loin d’ici, à Beaubassin, en face du Fort Beauséjour, dans l’isthme de Chignectou, a-t-il rappelé. Les premiers plans avaient été élaborés dès 1720. Tout a commencé à basculer après la prise du Fort Beauséjour par Monckton et ses quelques milliers de soldats britanniques venus du Massachusetts. Le 16 juin 1755 marque le début de la fin. C’est finalement le 19 août 1755 que Monckton a ordonné aux hommes de la région de se rendre au Fort Beauséjour pour leur faire une annonce importante concernant leurs terres. C’était un piège. Environ 400 hommes ont été emprisonnés et gardés captifs jusqu’à leur embarquement, le 13 octobre 1755, sur des bateaux.»
Selon le regretté généalogiste Stephen White, environ 14 000 personnes vivaient en Acadie en 1755. En 1764, il n’en restait qu’environ 1 400, les autres avaient été déportées, étaient mortes ou avaient fui ailleurs. Pendant près d’un siècle, de 1764 à 1864, plusieurs sont revenus d’exil pour se joindre à ceux qui avaient échappé à la déportation et reprendre racine là où il y avait de la place.
Le président de la Commission de l’Odyssée acadienne, Jean J. Gaudet, a rappelé l’inauguration, la semaine dernière à Saint-Louis-de-Kent, du 20e monument de l’Odyssée acadienne (voir page 3). D’autres monuments sont à l’étape de la planification.
Le monument encore vandalisé
Les personnes présentes ont été invitées à déposer des fleurs au pied du monument au nom des familles acadiennes toujours présentes. La sonnerie de la cloche et un moment de silence ont été observés à 17 h 55, en mémoire des Acadiennes et Acadiens visés par l’ordre de déportation. Deux jeunes danseuses ont ensuite présenté une danse à la claquette sur une pièce du violoniste Gérald Arsenault.
Le récit de l’arrivée de la famille Babineau en Acadie a été mis en valeur lors de la cérémonie de cette année. Arthur Gauvin, président de la FAFA, et Norma Dubé, de la Société nationale de l’Acadie, ont livré des messages d’encouragement tout en rappelant des moments historiques à ne pas oublier.
La mairesse de Dieppe, Hélène Boudreau, ainsi que la députée fédérale Ginette Petitpas Taylor étaient présentes à la cérémonie. Meggane Cappello, agente communautaire au Service du patrimoine et des partenariats, a présenté un projet de la Ville de Dieppe et de la Maison Doiron portant sur la commémoration du Grand Dérangement.
Le monument de Dieppe a par ailleurs de nouveau été vandalisé. Deux plaques de bronze, qui expliquaient le Grand Dérangement et reconnaissaient les commanditaires, ont été volées. Une autre plaque a été déplacée. Les voleurs auraient aussi tenté d’enlever la croix, sans y parvenir. Il s’agit d’un autre acte de vandalisme visant ce monument, inauguré il y a 21 ans.
