Richard MacDougall a repris son envol
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Ancien membre des Snowbirds, Richard MacDougall a survécu à un écrasement en 2020 qui lui a laissé de graves blessures. Après deux ans de réadaptation et un long combat pour retrouver sa mobilité, le pilote de Dieppe a repris les commandes d'un avion militaire et s'apprête aujourd'hui à relever un nouveau défi au sein du NORAD.
Normand A. Léger
Le Moniteur Acadien
À 40 ans, Richard MacDougall, de Dieppe, continue de vivre le rêve qu’il poursuit depuis l’enfance : piloter des avions. Officier des Forces armées canadiennes, le major estime qu’il lui reste encore cinq années de service. Si tout se déroule comme prévu, il aura consacré l’ensemble de sa carrière militaire au pilotage.
Membre des Snowbirds pendant cinq ans, Richard MacDougall occupe depuis février un nouveau poste à la base aérienne Tinker d’Oklahoma City (États-Unis), où il travaille au sein de l’équipe canadienne intégrée aux opérations de NORAD.
« J’ai vu les Snowbirds et j’en ai entendu parler durant ma jeunesse, et c’est ce qui m’a motivé à joindre les Forces armées canadiennes pour devenir pilote, raconte Richard MacDougall. Mon temps avec eux est terminé, mais j’ai eu la chance d’obtenir rapidement un autre poste de pilote. Parfois, il faut attendre plusieurs années et faire du travail de bureau avant de reprendre les commandes. Je suis vraiment content d’avoir eu cette occasion. »
MacDougall a amorcé son entraînement avec les Snowbirds en 2019 et a fait partie de l’équipe jusqu’en février dernier. Il occupait un rôle au sein de l’équipe média et pilotait aussi l’appareil chargé de vérifier les conditions dans l’espace aérien avant les démonstrations.
Il y a six ans, la tragédie
Tout aurait pu s’arrêter pour lui le 17 mai 2020, à Kamloops, en Colombie-Britannique. L’avion qu’il pilotait s’est écrasé après une collision avec un oiseau. MacDougall a subi de multiples blessures après s’être éjecté. Sa collègue a cependant perdu la vie dans l’accident.
Sa réadaptation a duré près de deux ans. Les deux pieds fracturés et des blessures au dos l’ont forcé à réapprendre à marcher. Malgré la douleur, Richard MacDougall n’a jamais abandonné. Il a repris son poste de pilote en 2023.
Richard MacDougall précise que son dos demeure parfois sensible et que ses pieds ont dû être reconstruits par les chirurgiens. Il dit ne pas ressentir de douleur constante, mais il ne peut pas marcher sur de longues distances et la course à pied n’est plus envisageable. Il a récemment choisi de parler ouvertement de sa condition et de ses projets en revenant sur les longues étapes de sa réadaptation à l’hôpital.
« L’accident est encore très présent dans ma mémoire et j’avais envie d’en parler. Beaucoup de gens ne connaissaient pas mon histoire. C’était une façon pour moi de m’exprimer et de montrer le chemin parcouru pendant ma réadaptation. Plusieurs personnes s’informaient aussi auprès de ma mère. »
Durant sa convalescence, il a aussi trouvé dans le chant une autre façon de se reconstruire. Récemment, une interprétation d’une chanson de Michael Bublé publiée sur son compte Instagram a été visionnée à plusieurs reprises, y compris par l’artiste lui-même, qui lui a laissé un commentaire.
Un nouveau défi en Oklahoma
Le pilote se prépare maintenant à prendre les commandes des avions de surveillance AWACS au sein du détachement canadien 552 de Tinker, à Oklahoma City. Ces appareils, munis de radars et d’équipements spécialisés, sont utilisés à des fins militaires. Sa formation, qui se déroule en partie sur simulateur, devrait durer de sept à huit mois avant qu’il puisse piloter l’appareil.
« Je suis très motivé par cette mission, qui pourrait être ma dernière dans les Forces armées avant ma retraite dans cinq ans, poursuit-il. C’est possiblement un dernier grand défi de carrière. Je n’ai jamais piloté un avion aussi gros. Il est imposant, lourd et très particulier. Le Tutor figure parmi les plus petits avions militaires; comme pilote, ce changement m’intéresse beaucoup. Je me considère chanceux d’avoir pu voler tout au long de ma carrière. Le temps passé avec les Snowbirds était très intense, douze mois par année, sans véritable pause. Ici, le rythme est différent : je suis davantage concentré sur l’aviation et la mission militaire. Je n’occupe plus un rôle public comme avant. Il y a aussi des missions plus discrètes, qui rappellent les racines militaires de l’aviation. »
Diplômé de l’école Mathieu-Martin en 2003, Richard MacDougall mesure le chemin parcouru depuis l’accident. « Je me sens extrêmement chanceux, parce qu’avec ce qui est arrivé, tout aurait pu basculer dans une toute autre direction. Je suis reconnaissant d’avoir guéri au point de pouvoir mener une vie fonctionnelle. Le système médical des Forces armées ne m’impose aucune restriction. Je peux faire mon travail, et j’apprécie le soutien de mes amis et du public tout au long de ma carrière. »
La fin d’une époque pour le Tutor
Les Snowbirds ont effectué un dernier passage à Moncton dimanche après-midi, de 13 h à 16 h 30. Le public de la région a enfin pu assister à ce spectacle aérien, reporté il y a deux ans en raison de nuages trop bas. Les spectateurs se sont rassemblés au parc du Mascaret, au centre-ville, pour souligner le 55e anniversaire de l’équipe canadienne de démonstration aérienne.
Cette prestation marquait également la dernière occasion de voir évoluer les avions Tutor dans la région. Ces appareils emblématiques seront retirés du service plus tard cette année, en attendant leur remplacement prévu vers 2030.
« Le Tutor occupe une place spéciale dans mon cœur, confie Richard MacDougall. On savait que sa retraite approchait en raison de son âge. Déjà en 1995, on parlait de le retirer avant l’an 2000. Nous sommes en 2026 et je peux me considérer chanceux d’avoir pu le piloter aussi longtemps. »
« C’est un appareil incroyable, ajoute-t-il. Même s’il date des années 1960 et qu’il s’agit d’un avion d’entraînement de base, c’était fascinant de piloter un appareil vintage fabriqué au Canada. C’est un avion emblématique de l’aviation militaire canadienne. Tous les pilotes sont passés par ce type d’appareil à un moment ou à un autre. »
