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28 Juin 2023
Si c’était à refaire, Omer Caissie redeviendrait pêcheur
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Evérard Maillet
Le Moniteur Acadien
À l’âge de treize ans, Omer Caissie, de Côte-Sainte-Anne, pratiquait déjà le métier de pêcheur de hareng et de homard avec son père, Joséphat. À l’époque, il avait dû mettre fin à ses études primaires à la petite école de Sainte-Anne-de-Kent afin de prêter main forte à son père qui exploitait d’autant plus une ferme familiale.

(Les bénévoles Jeanne et Omer Caissie demeurent à Côte-Sainte-Anne. Photo : Evérard Maillet)
Aujourd’hui âgé de 87 ans, Omer garde de bons souvenirs de son métier de pêcheur. “Plusieurs années passées, on mettait 400 trappes à homard à l’eau parce qu’il n’y avait pas de limite pour le nombre et je me souviens aussi qu’on recevait 65 cennes la livre, ou plus”, dit-il.
Alors qu’il était encore un jeune pêcheur, Omer se rappelle avoir acheté une embarcation de pêche pour la somme de 2 850 $. “Le bateau mesurait 46 pieds (14 mètres), mais c’était assez cher quand même pour ce temps-là. J’ai eu des bonnes années mais d’autres fois moins bonnes. Au moins, hors saison, on avait l’assurance-chômage, seize piastres par semaine dans c’temps là!”, se souvient l’octogénaire, ajoutant qu’il a pratiqué la pêche commerciale pendant 49 ans.
Au cours de sa première année de retraite, ce pêcheur chevronné s’ennuyait déjà de ce travail pourtant exigeant mais à la fois valorisant sur la mer. “Surtout quand je voyais des bateaux prendre le large pour la pêche aux pétoncles, parce j’ai aussi fait cette pêche et même le poisson de fond”.
À savoir s’il a vécu des situations dangereuses à bord de son bateau, le pêcheur retraité précise que ce métier comporte en effet certains risques. “Oui, j’ai vu toutes sortes de façons de mer. Le pire c’est la fois que je pêchais les pétoncles dans la Baie des Chaleurs. J’ai rencontré un autre bateau et l’homme m’a dit: “You will never make it!”. Au début je croyais qu’il se moquait de moi mais quand je suis arrivé dans l’anse de Bathurst, j’ai compris ce qu’il voulait dire. C’était une tempête, très ‘rough’, avec des très gros vents mais j’ai pu enfin me rendre au bord, avec de la misère”.
Omer se rappelle d’un autre incident. “Une fois, une baleine d’environ 45 pieds de longueur était prise dans les câbles de mes trappes. Avec l’aide d’un autre pêcheur, on ne pouvait pas la déprendre, sans pouvoir couper le câble et sans aller trop proche non plus. Le lendemain matin, la baleine n’était plus là mais il me manquait six trappes!”, explique M. Caissie. Une autre fois, son aide-pêcheur a frisé la noyade après qu’un câble ayant encerclé ses pieds par mégarde l’ait jeté accidentellement dans la mer, mais il s’en est sorti indemne. Cet accident a particulièrement apeuré Omer qui a voulu retourner immédiatement au quai mais son coéquipier, malgré sa mauvaise expérience, a gardé son sang-froid en insistant, malgré tout, sur le fait qu’il voulait terminer sa journée de pêche.
En somme, Omer Caissie se dit heureux d’avoir pu réaliser une belle carrière à titre de pêcheur. Aujourd’hui, la pêche au bar (à la ligne), la marche et le tapis roulant figurent parmi ses principaux passe-temps.
En 1998, ce père de deux enfants a tristement perdu son épouse Flora (Allain), qui est décédée d’un cancer. Par la suite, il s’est mis à fréquenter Jeanne (née Richard) Allain, une mère de trois enfants qui avait elle-même vécu le deuil de son mari, Antoine Allain. En l’an 2000, Jeanne et Omer ont mis fin a1 leur veuvage en s’unissant par le sacrement de mariage. Ils demeurent à Côte-Sainte-Anne. Toujours actifs et jouissant tous les deux d’une bonne santé, ils s’adonnent généreusement au bénévolat de façon exemplaire, et ce, depuis de nombreuses années.
Jeanne Caissie, 82 ans, a occupé le rôle de présidente du Club d’âge d’or de Sainte-Anne-de-Kent pendant une douzaine d’années et elle agit désormais à titre de trésorière pour ce même organisme. Pour sa part, Omer se dévoue comme bénévole lors des déjeuners communautaires et effectue régulièrement la quête aux messes paroissiales.
