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30 Janvier 2023
Nélida Allain, 100 ans, toujours joviale et accueillante
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KENT
Évérard Maillet
Le Moniteur Acadien
Nélida (née Robichaud) Allain a célébré le 25 janvier son centième anniversaire de naissance. Elle est venue au monde en 1923 à Champdoré, une petite localité située entre Sainte-Marie-de-Kent et Saint-Antoine qui fait désormais partie de la nouvelle et grande municipalité éponyme.
Ses enfants, des petits-enfants, plusieurs personnes de sa parenté et des amis se sont rassemblés dans sa demeure à Sainte-Marie afin de prendre part à cet événement spécial pour lui offrir leurs meilleurs vœux de santé et de bonheur.
(La centenaire Nélida Allain est la marraine de son neveu Paul Robichaud, 86 ans. Crédit : Evérard Maillet)
Sympathique, joviale, bien lucide et étant en verve, Mme Allain nous parle principalement de son passé et nous raconte également quelques petites anecdotes cocasses.
«Je suis la septième d’une famille de douze enfants. J’ai fait ma septième année à la petite école de Champdoré. J’aimais ça à l’école mais j’aimais aussi travailler à la maison», de dire la centenaire avec un sourire en coin. Ses parents exploitaient une ferme familiale d’assez grande envergure. «On avait 17 vaches et j’ai beaucoup travaillé sur la ferme, comme tirer (traire) les vaches, couper du grain, et autre», dit-elle.

(Mme Nélida Allain a célébré son 100e anniversaire en bonne compagnie. On voit ses petits-enfants Nicholas, Jonathan, Sofia et leur mère Nadine, de Dieppe; Lucille, Rosaire et Alvin, les enfants de Mme Allain; Alice, l’épouse d’Alvin, et Guy Girouard, l’époux de Lucille. Un autre fils de Mme Allain, Clarence, aux États-Unis, était absent. Crédit : Evérard Maillet)
À l’âge de seulement 14 ans, Nélida accepta d’aller travailler chez son frère. À savoir si ce dernier lui offrait un salaire, elle répond: «Ben tu sé ben! J’aurais pas été là pour rien!», précise cette bonne vivante en riant. La jeune fille occupait diverses tâches, notamment celles de ménagère et d’ouvrière agricole. Par après, Nélida plia bagage afin d’occuper des emplois à Dieppe, à Scoudouc et à Moncton, toujours à titre de ménagère.
Plus tard, Nélida épousa Thomas Allain, de Sainte-Marie-de-Kent. Leur lune de miel fut relativement brève. «On a été à Moncton, c’est toute! Dans ce temps-là tu n’allais pas loin», dit-elle, ajoutant que la fête de mariage a eu lieu en soirée chez les parents. Les jeunes mariés se sont ensuite établis à Sainte-Marie-de-Kent où ils ont fondé une famille de quatre enfants. «Pis y sont pas mal infâmes! , souligne Mme Allain en se pâmant de rire.
Mais la chance n’était pas de leur côté lorsque le presbytère, tout près de leur résidence, fut la proie des flammes. «La cheminée du presbytère a flambé et ça comme garroché des étincelles sur notre maison et notre grange pour les détruire aussi par le feu, 76 ans passés. Après ça on n’avait plus rien, pas d’assurance feu, mais on a pu rebâtir», se remémore Mme Allain.
Le cheval craignait les parapluies
Au fil des années, cette femme courageuse a successivement travaillé dans une usine de transformation de poissons, par la suite au presbytère et finalement à l’aréna de Sainte-Marie. Qui plus est, la vaillante Nélida Allain a logé et nourri plusieurs pensionnaires pendant un bon nombre d’années.
«Pour eux autres, je faisais trois tartes tous les matins. Même qu’une fois il me manquait une tarte. Mon mari est arrivé et il était pâmé de rire. C’était lui qui avait tout mangé ma tarte au ‘butterscotch’!», déclare la charmante dame dans un éclat de rire.
Après avoir soufflé ses cent bougies, Mme Allain nous parle d’un autre incident cocasse. «Une fois, sous la pluie, on allait à la messe dans un wagon tiré par un cheval. On ne savait pas par exemple que ce cheval-là avait peur des parapluies. Tout à coup le cheval s’est tourné la tête et quand il a vu nos parapluies ouverts il a viré tout d’un coup et on a basculé dans l’canal du chemin et, comme on dit, la fourche en l’air!»
Mme Nélida Allain a-t-elle un secret ayant trait à sa longévité? «Ben non! Même que je mange trop et n’importe quoi!», de conclure l’accueillante et affable résidente de Sainte-Marie, encore une fois avec un brin d’humour. Soulignons que lors de ses premières années à la retraite, la charitable Nélida s’affairait à brocher des mitaines et des chaussettes qu’elle donnait à des enfants d’école nécessiteux.
Cette mère de quatre enfants est aussi l’heureuse grand-maman de sept petits-enfants, y compris le regretté Gaëtan, le fils de Lucille et Guy Girouard, de huit arrière-petits-enfants et un arrière-arrière-petit-enfant.
