Le Nouveau-Brunswick veut encadrer l’implantation des centres de données
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FREDERICTON — Le gouvernement du Nouveau-Brunswick sollicite l’avis de la population sur un nouveau cadre stratégique destiné à encadrer l’implantation de centres de données dans la province, notamment afin d’éviter que leur importante consommation de ressources ne se traduise par une hausse des tarifs d’électricité.
Le Moniteur Acadien
La politique proposée repose sur cinq grands principes : la protection des consommateurs d’électricité, l’utilisation responsable des ressources, les retombées économiques pour la province, la viabilité à long terme des projets et la participation des communautés concernées.
Selon le cadre présenté par le gouvernement, tout nouveau centre de données devrait assumer les coûts qu’il engendre afin que son implantation n’entraîne aucune hausse des tarifs d’électricité pour la population du Nouveau-Brunswick.
Les promoteurs devraient également limiter les répercussions de leurs installations sur l’eau, les terres, les infrastructures locales et l’environnement.
Des retombées locales exigées
Les projets seraient évalués en fonction des investissements et des emplois qu’ils pourraient générer dans la province, mais aussi de leurs retombées en matière de formation de la main-d’œuvre et d’innovation ainsi que des possibilités offertes aux entreprises locales et autochtones.
Le gouvernement entend par ailleurs privilégier les projets jugés viables à long terme sur les plans technique et financier et correspondant aux priorités provinciales et nationales en matière d’intelligence artificielle et de souveraineté des données.
Les gouvernements locaux, les Premières Nations et les communautés concernées devraient être associés au processus de développement des projets.
«Cette politique orientera l’implantation responsable de tout centre de données proposé au Nouveau-Brunswick et permettra d’appuyer les efforts nationaux visant à jeter les bases d’une souveraineté de l’intelligence artificielle au Canada», a déclaré le ministre de l’Éducation postsecondaire et de la Formation, Jean-Claude D’Amours.
Les différents ministères et organismes provinciaux seraient appelés à appliquer les mêmes critères lors de l’étude des projets. Le cadre prévoit également qu’aucune aide financière, transaction foncière ou cession d’actifs à un prix inférieur à leur juste valeur marchande ne pourrait être consentie sans l’autorisation d’une politique gouvernementale.
La directrice générale de l’Institut McKenna, Kathryn Lockhart, estime que le développement de ces infrastructures sera nécessaire pour permettre au Nouveau-Brunswick de suivre l’évolution de l’intelligence artificielle.
«Une approche responsable et axée sur la communauté est précisément ce dont nous avons besoin pour nous préparer en vue des prochaines étapes et veiller à ce que le développement se traduise par des avantages concrets pour la population du Nouveau-Brunswick», a-t-elle affirmé.
La population a jusqu’au 2 octobre pour transmettre ses commentaires au gouvernement par l’intermédiaire de son site de consultation.
Des consultations préliminaires sont également menées auprès des intervenants. Si le nouveau cadre nécessite des modifications législatives ou réglementaires, le gouvernement prévoit commencer à les mettre en œuvre pendant la session 2026-2027 de l’Assemblée législative.
