Le Nouveau-Brunswick resserre l’utilisation des téléphones cellulaires à l’école
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Les élèves du Nouveau-Brunswick devront bientôt ranger leurs téléphones cellulaires pendant toute la journée scolaire. Le gouvernement provincial resserre sa politique sur l’utilisation des appareils mobiles et limitera également l’accès aux médias sociaux sur les réseaux scolaires, une décision que conteste la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB).
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Les nouvelles règles entreront en vigueur dès septembre pour les élèves de la maternelle à la 8e année. Ceux-ci ne pourront plus utiliser leur téléphone cellulaire ou un autre appareil mobile personnel pendant la journée d’école.
Pour les élèves de la 9e à la 12e année, la mesure entrera en vigueur au début du deuxième semestre, en février 2027. Les élèves du secondaire pourront toutefois continuer d’utiliser une tablette ou un ordinateur portable personnel à des fins pédagogiques dans le cadre du programme Apportez votre appareil numérique.
Le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a pour cela révisé sa Politique 311 sur l’utilisation responsable des technologies numériques dans les écoles. Il invoque notamment les effets des téléphones cellulaires, des médias sociaux et d’un temps d’écran excessif sur les jeunes et sur l’apprentissage. Le gouvernement affirme également avoir tenu compte des recommandations du défenseur des enfants et des jeunes.
«En mettant de côté leur téléphone et autres appareils mobiles personnels, les élèves peuvent se concentrer sur l’apprentissage et l’acquisition des compétences fondamentales en littératie et en numératie», estime la ministre de l’Éducation, Claire Johnson.
À compter de septembre, l’accès aux sites de médias sociaux sera également limité sur les réseaux et les appareils des écoles. Le gouvernement assure toutefois que la technologie continuera d’être utilisée à des fins pédagogiques et qu’il entend renforcer les compétences des élèves en matière de littératie numérique, de pensée critique et de sécurité en ligne.
De nouvelles règles encadreront par ailleurs le temps d’écran utilisé en classe. Celui-ci devra répondre à un objectif pédagogique et être lié au programme d’études.
Les mesures toucheront aussi les garderies éducatives agréées. Les appareils mobiles personnels y seront interdits et le temps d’écran sera limité à 30 minutes ou moins. Aucun temps d’écran ne sera permis pour les enfants âgés de deux ans et moins. Lorsqu’il sera utilisé avec les autres enfants, il devra avoir une fonction pédagogique, être adapté à leur âge et être encadré par un membre du personnel éducatif.
La FJFNB critique l’interdiction
La Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick remet en question le resserrement de la Politique 311. Selon l’organisme, les jeunes qu’il a consultés considèrent qu’une interdiction accrue des appareils personnels ne constitue pas la meilleure réponse aux problèmes liés à leur utilisation.
La FJFNB fait valoir que les téléphones cellulaires étaient déjà interdits dans les salles de classe des écoles secondaires depuis 2025 et soutient que cette mesure fonctionnait. Elle estime que l’école devrait davantage apprendre aux jeunes à utiliser les technologies de façon responsable plutôt que d’en interdire l’accès pendant toute la journée scolaire.
L’organisme s’inquiète également de certaines conséquences pratiques de la mesure, notamment de la possibilité pour les élèves de communiquer avec leurs parents ou leurs tuteurs pendant la journée. Des membres de conseils des élèves se demandent aussi comment ils pourront communiquer avec la population étudiante dans le cadre de leurs fonctions.
«Si le MEDPE veut enlever les technologies numériques, les jeunes ont besoin de plus d’opportunités pour s’impliquer à l’école et dans leurs communautés, que ce soient les maisons des jeunes ou une deuxième ronde d’autobus après l’école afin de favoriser la participation aux activités après classes», affirme le président de la FJFNB, Jules Leyral.
La Fédération reconnaît néanmoins les préoccupations entourant la santé mentale des jeunes et la dépendance aux réseaux sociaux, mais elle ne croit pas que l’interdiction annoncée constitue la meilleure façon d’y répondre. Elle craint également qu’une politique perçue comme ne tenant pas compte des réalités des élèves nuise à leur participation à la vie scolaire.
La ministre Claire Johnson estime pour sa part que la participation des familles sera déterminante dans l’application des nouvelles règles. Elle invite notamment les parents à discuter des changements avec leurs enfants avant leur entrée en vigueur. Les familles d’élèves du secondaire disposeront du premier semestre pour se préparer aux restrictions qui s’appliqueront à compter de février.
Le gouvernement affirme vouloir trouver un équilibre entre l’utilisation pédagogique des technologies et la réduction des distractions à l’école.
