Des entrepreneurs français réclament une liaison directe entre Moncton et Paris
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Des Français établis au Canada atlantique ont créé un réseau d’affaires dont la première mission est de promouvoir l’ouverture d’une liaison aérienne directe et annuelle entre Moncton et Paris. Un sondage lancé dimanche a déjà recueilli plus de 400 réponses, révélant un intérêt marqué de la part des voyageurs potentiels.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien - IJL
Naturalisés canadiens et établis depuis plusieurs années au Canada atlantique, des entrepreneurs français ont récemment uni leurs forces au sein du Réseau d’affaires français du Nouveau-Brunswick (RAFNB-Méridien 64).
Soutenue par le consul général de France, l’association s’est donné pour première mission de convaincre les autorités compétentes de l’utilité d’une liaison aérienne directe entre l’Aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton (YQM) et l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle (CDG).
Le consulat général de France dans les Provinces atlantiques a quitté Halifax pour s’établir à Moncton il y a plus de 60 ans. Malgré l’expansion de la communauté française dans la région, il demeure impossible de rejoindre directement la France depuis le Nouveau-Brunswick. Les voyageurs doivent passer par Montréal ou Toronto ou, au mieux, se rendre à Halifax pour emprunter un vol saisonnier assuré par WestJet.
Pour les promoteurs du projet, il est fondamentalement aberrant de devoir reculer vers l’ouest pour se rendre vers l’est.
Un bref précédent en 2004
Une liaison directe entre Moncton et Paris a déjà existé, mais pendant quelques semaines seulement. Du 30 juin au 2 septembre 2004, la compagnie aérienne française Corsair avait relié l’aéroport Roméo-LeBlanc à celui de Paris-Orly.
L’objectif affiché était alors de soutenir le tourisme à l’occasion des célébrations du 400e anniversaire de l’Acadie. L’expérience n’avait toutefois pas été inscrite dans la durée.
Contrairement à cette initiative ou à l’offre saisonnière de WestJet au départ de Halifax, le RAFNB-Méridien 64 souhaite qu’une éventuelle liaison entre Moncton et Paris soit exploitée tout au long de l’année.
Les membres de son bureau exécutif soulignent que cette demande répondrait à des besoins dépassant largement ceux de la seule communauté française. L’aéroport Paris-CDG constitue une importante plaque tournante internationale, permettant notamment de poursuivre son voyage vers l’Inde, l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne ou encore l’Ukraine.
Plus de 400 réponses en quelques heures
Afin de mesurer l’intérêt des voyageurs potentiels et de mieux cerner leurs besoins, le RAFNB a lancé un sondage bilingue en ligne le dimanche 12 juillet. Au moment d’écrire ces lignes, plus de 400 personnes y avaient déjà répondu.
Le questionnaire cherche notamment à connaître la fréquence des déplacements internationaux des répondants, les régions du monde vers lesquelles ils voyagent, le motif principal de leurs déplacements et les périodes de l’année durant lesquelles ils prennent le plus souvent l’avion.
À la question leur demandant s’ils voyageraient davantage vers leurs destinations actuelles ou vers de nouvelles destinations si une liaison directe entre Moncton et Paris-CDG était ouverte, 98,4 % des répondants ont répondu par l’affirmative.
Le sondage leur demande également comment ils utiliseraient l’aéroport Paris-CDG :
- comme destination finale;
- comme plaque tournante vers une autre destination.
Les répondants sont aussi invités à préciser le principal avantage qu’ils verraient à transiter par Paris plutôt que par Montréal ou Toronto :
- un gain de temps significatif sur la durée totale du trajet;
- des formalités de correspondance simplifiées;
- l’accès à de meilleures connexions vers l’Europe, l’Afrique ou l’Asie;
- la possibilité d’éviter les retards fréquents dans les grandes plateformes canadiennes.
Moncton déjà privilégié
Selon les premières réponses reçues, 43,8 % des participants prennent habituellement leurs vols internationaux au départ de Moncton. Quelque 37,3 % partent plutôt de Montréal ou de Toronto, tandis que 16 % utilisent l’aéroport de Halifax.
Le questionnaire demande également aux participants s’ils seraient prêts à payer un léger supplément pour partir de Moncton et éviter une correspondance ailleurs au Canada. Quatre répondants sur cinq, soit 80 %, se disent disposés à le faire, même si les promoteurs du projet estiment que, dans la pratique, le prix du billet pourrait être moins élevé.
Les personnes qui souhaitent contribuer à cette démarche peuvent participer au sondage bilingue en ligne, disponible sur la page Facebook RAFNB-Meridien 64 : [le lien].
Le projet sera officiellement présenté mardi à l'occasion de la réception du 14 Juillet organisée au Monument-Lefebvre, à Memramcook, par le consulat général de France dans les Provinces atlantiques.
Plus de détails à venir.
