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31 Mai 2022
Cap-Pelé : le Commissariat à l’information referme la plainte de Victor Cormier
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Début juin 2021, Victor Cormier a entrepris des démarches pour découvrir ce que savait la GRC au sujet des agissements de l’ancien prêtre Camille Léger entre les années 60 et 80. Exaspéré par la lenteur de la GRC à lui fournir des réponses, il a déposé une plainte au Commissariat à l’information du Canada le 3 mars dernier. L’affaire vient de connaître un rebondissement jugé désagréable par M. Cormier.
Victor Cormier a communiqué au Moniteur Acadien un courrier que lui a envoyé le Commissariat à l’information du Canada, le 25 mai. Dans sa lettre, la commissaire l’avise qu’en vertu du paragraphe 30(5) de la Loi sur l'accès à l'information, alinéa 30(4)(b), elle a cessé d’enquêter sur sa plainte. L’alinéa en question précise que la commissaire peut mettre fin à son enquête si les circonstances de la plainte rendent celles-ci inutile.
En effet, la Gendarmerie royale du Canada a informé le Commissariat à l'information qu'elle avait fourni une réponse à la demande d'accès qui fait l'objet de cette plainte le 28 avril 2022. « Par conséquent, écrit la commissaire, il est inutile de continuer à enquêter sur le retard à répondre à la demande. La question est sans objet, c'est-à-dire que toute enquête supplémentaire sur la plainte n'aurait aucun avantage pratique, maintenant qu'une réponse a été fournie. »
Appel à la GRC
Cette réponse est quelque peu ambigüe mais pas nécessairement négative, selon l’analyse qu’en fait l’avocate Paryse Suddith qui soutient Victor Cormier dans sa quête de vérité (voir notre édition du 18 mai 2022). « J’y vois la volonté des membres de la GRC de divulguer l’information tout en respectant la loi, croit-elle. Ils ont le pouvoir discrétionnaire de communiquer le document demandé, en noircissant les noms de toute personne qui n’y aurait pas donné son consentement. »
M. Cormier, qui a réglé hors cours sa poursuite contre le défunt prêtre, l’archidiocèse de Moncton et sa compagnie d’assurance The Co-Operators, veut savoir pourquoi la GRC n’a pas enquêté pendant vingt ans sur les agissements de Camille Léger. Il se dit rongé par la question et réitère son appel à la coopération et à la bonne volonté de la GRC, dont les membres actuels n’étaient pas en fonction au moment des faits qu’il veut mettre en lumière.
« Nous cherchons des réponses honnêtes et intègres, nous vous demandons votre soutien afin de les obtenir. Trop d’hommes ont souffert ou se sont enlevé la vie, trop de vies ont été détruites à cause de ces crimes non investigués, non résolus. Veuillez s’il vous plaît couvrir notre parcours », insiste-t-il.
Victor Cormier est fermement résolu à aller jusqu’au bout de sa croisade. Il a déclaré au Moniteur Acadien que, le cas échéant et sous réserve que la GRC décline son vibrant appel à la solidarité, il irait jusqu’à recourir aux services d’un avocat européen pour plaider sa cause devant les tribunaux.
Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
