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28 Mai 2025
Une révolution technologique testée dans un foyer de soins de Cap-Pelé
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Au Castel des Flots Bleus où elle réside depuis dix ans, Auréa Wright n’a plus peur de tomber. Depuis le mois d’octobre, sa chambre est l’une des premières à être équipée d’un dispositif novateur, fondé sur la technologie radar, pour détecter les chutes. Prometteur, ce système pourrait bientôt transformer les pratiques de surveillance dans les foyers de soins de la province.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Depuis octobre, la résidence Au Castel des Flots Bleus collabore avec le groupe québécois Ad Valorem et le professeur Grant Handrigan, spécialiste en kinésiologie à l’Université de Moncton, pour tester un système de détection sans caméra ni dispositif porté.

Originaire de Moncton, Charlotte Cormier (au centre) tombe souvent malgré son déambulateur (sa marchette). Cette nouvelle technologie la rassure. (Photo : Damien Dauphin)
«Il n’y a ni collier, ni bracelet, ni bouton panique à porter. Des capteurs discrets installés dans la chambre détectent les chutes grâce à un radar. Et aucun enregistrement visuel ou sonore n’est effectué , précise Marie-Pierre Beaubien, présidente d’Ad Valorem, une entreprise spécialisée dans les équipements médicaux.
Une fois la chute détectée, le système attend une minute trente pour confirmer l’événement et alerte ensuite le personnel ou un proche aidant, dans le cas d’un aîné vivant à domicile. Ce léger délai permet d’éviter les fausses alertes lorsque, par exemple, un résident se penche pour attacher ses souliers.
L’objectif est double: renforcer la sécurité tout en respectant l’autonomie des personnes âgées. «On veut éviter d’infantiliser les gens en leur imposant des dispositifs encombrants. Et surtout, on cherche à leur permettre de rester le plus longtemps possible dans leur milieu de vie, sans intrusion», explique Mme Beaubien.
Gain de temps et d’efficacité pour le personnel
Le projet pilote a équipé cinq chambres de la résidence à l’automne. Pour le directeur de l’établissement, Jean-Philippe Olivier, les premiers résultats sont convaincants : «Lors de quelques incidents, notre personnel est intervenu en moins de quatre minutes. Avec les anciens dispositifs, il arrivait qu’une chute passe inaperçue bien plus longtemps, surtout si le bracelet de sécurité était resté accroché au lit ou à une marchette.»
M. Olivier vante les bienfaits d’un système qui, selon lui, ne remplacera pas l’humain, mais permettra au personnel de mieux répartir ses efforts. Mieux, plus vite. Tout le monde y gagne.
En plus d’améliorer la rapidité des interventions, la technologie pourrait alléger les coûts liés aux séjours prolongés en hôpital. «Après une chute, plus une personne reste longtemps au sol, plus les conséquences sont graves. On parle en moyenne de 22 jours d’hospitalisation», note Mme Beaubien.
Pour le professeur Handrigan, ce projet est aussi une avancée académique. «On ne peut pas toujours prévenir les chutes, mais on peut en réduire l’impact. C’est un enjeu de santé publique important et complexe, qui justifie qu’on y associe recherche appliquée et intelligence artificielle.»
Déjà testée en laboratoire, la technologie est aujourd’hui jugée prête à être déployée à plus grande échelle dans les résidences et foyers de soins. Reste à obtenir l’appui financier du gouvernement provincial. Présente lors de l’annonce, une représentante du cabinet de la première ministre s’est montrée à l’écoute.
«Ce projet visait aussi à voir comment les résidents allaient réagir. Et la réponse a été unanime: tout le monde voulait le système. La seule déception, c’est que nous n’en avions pas encore pour tous», reconnaît Mme Beaubien.
Une chambre témoin quadrillée par le dispositif
Outre les chutes, le système est également capable de détecter les épisodes d’errance, fréquents chez les personnes atteintes de troubles cognitifs. Le coût par résident n’est pas encore fixé, mais on parle de quelques milliers de dollars pour les équipements initiaux, auxquels s’ajouteraient des frais mensuels, modestes selon l’entreprise.

Auréa Wright est une fidèle lectrice du Moniteur acadien qui lui dédie cet article. (Photo : Damien Dauphin)
Dans sa chambre témoin du rez-de-chaussée, où elle vit depuis quatre ans après en avoir passé six à l’étage, Auréa Wright attendait les membres des médias et les représentants institutionnels. «On m’a dit de me faire belle», a lancé cette fidèle lectrice du Moniteur Acadien et auditrice de CJSE, née à Petit-Cap en 1942.
Mme Wright a montré l’équipement disséminé en quatre endroits de son logement : deux dans la pièce principale, un à l’entrée de la salle de bain et un autre à l’intérieur. «C’est vraiment une bonne idée, reconnaît-elle. Avec leur téléphone connecté, ils savent toujours où je suis.»
Auréa Wright, qui a perdu en mobilité au cours des dernières années, se délecte de la vue que lui offre sa chambre sur les jardins alors que le printemps commence à chanter. Pour occuper ses journées, elle lit beaucoup et remplit des grilles de mots croisés.
«J’ai toute ma mémoire et je pourrais écrire un livre. Des fois, il y a des choses que je voudrais oublier», confie la dame, qui prévoit visiter bientôt la nouvelle Villa Providence, à Shediac.
À la une : l’un des quatre radars dans la chambre d’Auréa Wright.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Depuis octobre, la résidence Au Castel des Flots Bleus collabore avec le groupe québécois Ad Valorem et le professeur Grant Handrigan, spécialiste en kinésiologie à l’Université de Moncton, pour tester un système de détection sans caméra ni dispositif porté.

Originaire de Moncton, Charlotte Cormier (au centre) tombe souvent malgré son déambulateur (sa marchette). Cette nouvelle technologie la rassure. (Photo : Damien Dauphin)
«Il n’y a ni collier, ni bracelet, ni bouton panique à porter. Des capteurs discrets installés dans la chambre détectent les chutes grâce à un radar. Et aucun enregistrement visuel ou sonore n’est effectué , précise Marie-Pierre Beaubien, présidente d’Ad Valorem, une entreprise spécialisée dans les équipements médicaux.
Une fois la chute détectée, le système attend une minute trente pour confirmer l’événement et alerte ensuite le personnel ou un proche aidant, dans le cas d’un aîné vivant à domicile. Ce léger délai permet d’éviter les fausses alertes lorsque, par exemple, un résident se penche pour attacher ses souliers.
L’objectif est double: renforcer la sécurité tout en respectant l’autonomie des personnes âgées. «On veut éviter d’infantiliser les gens en leur imposant des dispositifs encombrants. Et surtout, on cherche à leur permettre de rester le plus longtemps possible dans leur milieu de vie, sans intrusion», explique Mme Beaubien.
Gain de temps et d’efficacité pour le personnel
Le projet pilote a équipé cinq chambres de la résidence à l’automne. Pour le directeur de l’établissement, Jean-Philippe Olivier, les premiers résultats sont convaincants : «Lors de quelques incidents, notre personnel est intervenu en moins de quatre minutes. Avec les anciens dispositifs, il arrivait qu’une chute passe inaperçue bien plus longtemps, surtout si le bracelet de sécurité était resté accroché au lit ou à une marchette.»
M. Olivier vante les bienfaits d’un système qui, selon lui, ne remplacera pas l’humain, mais permettra au personnel de mieux répartir ses efforts. Mieux, plus vite. Tout le monde y gagne.
En plus d’améliorer la rapidité des interventions, la technologie pourrait alléger les coûts liés aux séjours prolongés en hôpital. «Après une chute, plus une personne reste longtemps au sol, plus les conséquences sont graves. On parle en moyenne de 22 jours d’hospitalisation», note Mme Beaubien.
Pour le professeur Handrigan, ce projet est aussi une avancée académique. «On ne peut pas toujours prévenir les chutes, mais on peut en réduire l’impact. C’est un enjeu de santé publique important et complexe, qui justifie qu’on y associe recherche appliquée et intelligence artificielle.»
Déjà testée en laboratoire, la technologie est aujourd’hui jugée prête à être déployée à plus grande échelle dans les résidences et foyers de soins. Reste à obtenir l’appui financier du gouvernement provincial. Présente lors de l’annonce, une représentante du cabinet de la première ministre s’est montrée à l’écoute.
«Ce projet visait aussi à voir comment les résidents allaient réagir. Et la réponse a été unanime: tout le monde voulait le système. La seule déception, c’est que nous n’en avions pas encore pour tous», reconnaît Mme Beaubien.
Une chambre témoin quadrillée par le dispositif
Outre les chutes, le système est également capable de détecter les épisodes d’errance, fréquents chez les personnes atteintes de troubles cognitifs. Le coût par résident n’est pas encore fixé, mais on parle de quelques milliers de dollars pour les équipements initiaux, auxquels s’ajouteraient des frais mensuels, modestes selon l’entreprise.

Auréa Wright est une fidèle lectrice du Moniteur acadien qui lui dédie cet article. (Photo : Damien Dauphin)
Dans sa chambre témoin du rez-de-chaussée, où elle vit depuis quatre ans après en avoir passé six à l’étage, Auréa Wright attendait les membres des médias et les représentants institutionnels. «On m’a dit de me faire belle», a lancé cette fidèle lectrice du Moniteur Acadien et auditrice de CJSE, née à Petit-Cap en 1942.
Mme Wright a montré l’équipement disséminé en quatre endroits de son logement : deux dans la pièce principale, un à l’entrée de la salle de bain et un autre à l’intérieur. «C’est vraiment une bonne idée, reconnaît-elle. Avec leur téléphone connecté, ils savent toujours où je suis.»
Auréa Wright, qui a perdu en mobilité au cours des dernières années, se délecte de la vue que lui offre sa chambre sur les jardins alors que le printemps commence à chanter. Pour occuper ses journées, elle lit beaucoup et remplit des grilles de mots croisés.
«J’ai toute ma mémoire et je pourrais écrire un livre. Des fois, il y a des choses que je voudrais oublier», confie la dame, qui prévoit visiter bientôt la nouvelle Villa Providence, à Shediac.
À la une : l’un des quatre radars dans la chambre d’Auréa Wright.
