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26 Février 2025
Décès de Fernand Arsenault, philanthrope et bâtisseur de la Faculté des arts
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Trois jours après Antonine Maillet, c’est une autre figure de l’histoire de l’Université de Moncton qui nous a quittés. Ancien professeur et doyen de la Faculté des arts, Fernand Arsenault est décédé le 20 février 2025. Il avait 95 ans.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Né à Bonaventure (QC) le 17 octobre 1929, Fernand Arsenault était un diplômé du Collège Saint-Joseph, à Memramcook. Le 12 juin 2022, il avait fait partie de la première cohorte des anciens de renoms honorés par la Fondation du Collège Saint-Joseph. M. Arsenault avait commencé sa carrière universitaire en travaillant de 1956 à 1961 pour l’institution que la père Camille Lefebvre avait fondée.
Entré en religion à l’âge de 22 ans, il avait envisagé de partir en Inde en tant que missionnaire. Cependant, le curé de l’église Saint-Thomas a changé le cours de sa destinée.
«Le père Hector Léger m’a arrêté et dit : Fernand, c’est tout réglé, tu ne vas pas en Inde, on a décidé que tu allais être à la nouvelle Université de Moncton. Ça m’a beaucoup touché, car j’avais adoré travailler à l’Université Saint-Joseph», avait confié le souriant nonagénaire.
Membre de la congrégation des pères de Sainte-Croix de 1951 à 1973, Fernand Arsenault avait conservé un attachement particulier à son alma mater. En 2014, il a agi à titre de président d’honneur des célébrations du 150e anniversaire de la création du Collège Saint-Joseph par le père Lefebvre. Par la suite, il est devenu membre à vie de la Fondation du Collège Saint-Joseph inc.
«Il a été un précieux collaborateur en référant des anciens et anciennes de renom pour leur rendre hommage, a reconnu Bernard Poirier, secrétaire perpétuel de la Fondation. Ses bons conseils et ses suggestions positives demeureront longtemps dans nos mémoires. Son jugement toujours précis sur les enjeux qui affectent l’Acadie, le pays et l’humanité toute entière va nous manquer.»
Professeur de sciences religieuses à l’Université de Moncton en 1966, M. Arsenault a occupé le poste de doyen de la Faculté des arts pendant neuf ans, de 1985 à 1994, avant de prendre sa retraite.
«J’ai eu beaucoup de peine de devoir prendre ma retraite à 65 ans, avait-il confié au Moniteur acadien. Je croyais que j’allais m’ennuyer, mais je me suis engagé auprès des prisonniers pour les aider dans leur situation, et surtout j’ai passé 19 ans au Centre habiletés du Sud-Est pour les handicapés.»
Un humaniste qui a semé des graines d’amour
Fernand Arsenault était connu pour son engagement envers l'éducation, la culture et les droits des minorités. Grand rassembleur, il a soutenu à la promotion des droits des Acadiens et le rapprochement des deux communautés linguistiques. Son action auprès d'organismes variés, dont Amnistie internationale et l'Association canadienne pour la santé mentale, témoigne aussi de sa grande générosité.
«Fernand a été et restera une présence incroyable et une force dans ma vie. Je suis choyé de l’avoir eu dans mon quotidien. Chaque journée que j’ai passée à ses côtés était un cadeau. Il était une personne unique et spéciale, dévoué, rempli d’empathie, compassion, d’amour, de joie, de paix et de bonté», a témoigné Marc-Xavier LeBlanc, son proche-aidant.
M. LeBlanc ne tarit pas d’éloges sur celui qu’il qualifie de pilier de la communauté, fonceur et concepteur de projets, mais aussi de bouée de sauvetage pour plusieurs, notamment les plus démunis, les jeunes et les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie et de santé mentale.
«Il a semé tant de graines d’amour, de joie, d’espérance, d’amitié, d’égalité dans le cœur de tous et de chacun de nous qui avons été témoins de ses actes de charité. Ses histoires, sa joie de vivre, sa tendresse, sa passion, son humanité, ses idéaux, sa résilience, son humour font de lui une personne hors pair», a-t-il poursuivi.
Fondateur du Pavillon des beaux-arts
Maurice Rainville, qui avait présenté Fernand Arsenault lors de la cérémonie de reconnaissance du 12 juin 2022 au Monument-Lefebvre, évoque un homme qui avait bon cœur. Doté d’une formidable empathie et sachant écouter ses interlocuteurs, Fernand Arsenault réagissait à ce qu’on lui disait.

Fernand Arsenault le 12 juin 2022 en compagnie de Mgr André Richard, ancien archevêque de Moncton, et de Maurice Rainville. (Photo : Damien Dauphin -Archives)
À titre d’exemple, il donne l’anecdote d’étudiants en arts visuels qui étaient allés le voir pour lui faire part de leurs mauvaises conditions d’installation. Rien n’était prévu pour eux, ils peignaient et sculptaient dans une pièce non aérée au sous-sol.
«Ils n’ont pas eu besoin de le lui dire deux fois. Immédiatement, Fernand s’est mis à chercher une solution pour eux, et c’est ainsi que le bâtiment de la Faculté des arts a été agrandi au moyen d’une extension dédiée aux arts visuels.» C’est ainsi que fut érigé le Pavillon des beaux-arts.
Dire que Fernand Arsenault a profondément marqué les personnes qu’il a croisées durant sa vie est un euphémisme. Son aura a répandu sa lumière bienveillante parmi toutes les communautés, comme en témoigne le Mi’kmaq Brian Francis.
«Sa brève présence dans ma vie a laissé une impression durable, et je suis reconnaissant de l'avoir connu», a indiqué l’artiste qui s’est dit profondément attristé.
En reconnaissance de ses réalisations exceptionnelles, en 1989, Fernand Arsenault a reçu l’insigne de Chevalier de l’Ordre français des Palmes académiques. En 1998, l’Université de Moncton lui a décerné la distinction de professeur émérite en sciences religieuses et en 2003, il a été reçu dans l’Ordre du Canada.
Ses funérailles seront célébrées samedi 26 avril à 10h en l’église Notre-Dame-de-la-Paix à Moncton. Les drapeaux seront mis en berne sur les campus de l’Université de Moncton pour trois jours, de l’aube au crépuscule, à partir de jeudi 27 février.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Né à Bonaventure (QC) le 17 octobre 1929, Fernand Arsenault était un diplômé du Collège Saint-Joseph, à Memramcook. Le 12 juin 2022, il avait fait partie de la première cohorte des anciens de renoms honorés par la Fondation du Collège Saint-Joseph. M. Arsenault avait commencé sa carrière universitaire en travaillant de 1956 à 1961 pour l’institution que la père Camille Lefebvre avait fondée.
Entré en religion à l’âge de 22 ans, il avait envisagé de partir en Inde en tant que missionnaire. Cependant, le curé de l’église Saint-Thomas a changé le cours de sa destinée.
«Le père Hector Léger m’a arrêté et dit : Fernand, c’est tout réglé, tu ne vas pas en Inde, on a décidé que tu allais être à la nouvelle Université de Moncton. Ça m’a beaucoup touché, car j’avais adoré travailler à l’Université Saint-Joseph», avait confié le souriant nonagénaire.
Membre de la congrégation des pères de Sainte-Croix de 1951 à 1973, Fernand Arsenault avait conservé un attachement particulier à son alma mater. En 2014, il a agi à titre de président d’honneur des célébrations du 150e anniversaire de la création du Collège Saint-Joseph par le père Lefebvre. Par la suite, il est devenu membre à vie de la Fondation du Collège Saint-Joseph inc.
«Il a été un précieux collaborateur en référant des anciens et anciennes de renom pour leur rendre hommage, a reconnu Bernard Poirier, secrétaire perpétuel de la Fondation. Ses bons conseils et ses suggestions positives demeureront longtemps dans nos mémoires. Son jugement toujours précis sur les enjeux qui affectent l’Acadie, le pays et l’humanité toute entière va nous manquer.»
Professeur de sciences religieuses à l’Université de Moncton en 1966, M. Arsenault a occupé le poste de doyen de la Faculté des arts pendant neuf ans, de 1985 à 1994, avant de prendre sa retraite.
«J’ai eu beaucoup de peine de devoir prendre ma retraite à 65 ans, avait-il confié au Moniteur acadien. Je croyais que j’allais m’ennuyer, mais je me suis engagé auprès des prisonniers pour les aider dans leur situation, et surtout j’ai passé 19 ans au Centre habiletés du Sud-Est pour les handicapés.»
Un humaniste qui a semé des graines d’amour
Fernand Arsenault était connu pour son engagement envers l'éducation, la culture et les droits des minorités. Grand rassembleur, il a soutenu à la promotion des droits des Acadiens et le rapprochement des deux communautés linguistiques. Son action auprès d'organismes variés, dont Amnistie internationale et l'Association canadienne pour la santé mentale, témoigne aussi de sa grande générosité.
«Fernand a été et restera une présence incroyable et une force dans ma vie. Je suis choyé de l’avoir eu dans mon quotidien. Chaque journée que j’ai passée à ses côtés était un cadeau. Il était une personne unique et spéciale, dévoué, rempli d’empathie, compassion, d’amour, de joie, de paix et de bonté», a témoigné Marc-Xavier LeBlanc, son proche-aidant.
M. LeBlanc ne tarit pas d’éloges sur celui qu’il qualifie de pilier de la communauté, fonceur et concepteur de projets, mais aussi de bouée de sauvetage pour plusieurs, notamment les plus démunis, les jeunes et les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie et de santé mentale.
«Il a semé tant de graines d’amour, de joie, d’espérance, d’amitié, d’égalité dans le cœur de tous et de chacun de nous qui avons été témoins de ses actes de charité. Ses histoires, sa joie de vivre, sa tendresse, sa passion, son humanité, ses idéaux, sa résilience, son humour font de lui une personne hors pair», a-t-il poursuivi.
Fondateur du Pavillon des beaux-arts
Maurice Rainville, qui avait présenté Fernand Arsenault lors de la cérémonie de reconnaissance du 12 juin 2022 au Monument-Lefebvre, évoque un homme qui avait bon cœur. Doté d’une formidable empathie et sachant écouter ses interlocuteurs, Fernand Arsenault réagissait à ce qu’on lui disait.

Fernand Arsenault le 12 juin 2022 en compagnie de Mgr André Richard, ancien archevêque de Moncton, et de Maurice Rainville. (Photo : Damien Dauphin -Archives)
À titre d’exemple, il donne l’anecdote d’étudiants en arts visuels qui étaient allés le voir pour lui faire part de leurs mauvaises conditions d’installation. Rien n’était prévu pour eux, ils peignaient et sculptaient dans une pièce non aérée au sous-sol.
«Ils n’ont pas eu besoin de le lui dire deux fois. Immédiatement, Fernand s’est mis à chercher une solution pour eux, et c’est ainsi que le bâtiment de la Faculté des arts a été agrandi au moyen d’une extension dédiée aux arts visuels.» C’est ainsi que fut érigé le Pavillon des beaux-arts.
Dire que Fernand Arsenault a profondément marqué les personnes qu’il a croisées durant sa vie est un euphémisme. Son aura a répandu sa lumière bienveillante parmi toutes les communautés, comme en témoigne le Mi’kmaq Brian Francis.
«Sa brève présence dans ma vie a laissé une impression durable, et je suis reconnaissant de l'avoir connu», a indiqué l’artiste qui s’est dit profondément attristé.
En reconnaissance de ses réalisations exceptionnelles, en 1989, Fernand Arsenault a reçu l’insigne de Chevalier de l’Ordre français des Palmes académiques. En 1998, l’Université de Moncton lui a décerné la distinction de professeur émérite en sciences religieuses et en 2003, il a été reçu dans l’Ordre du Canada.
Ses funérailles seront célébrées samedi 26 avril à 10h en l’église Notre-Dame-de-la-Paix à Moncton. Les drapeaux seront mis en berne sur les campus de l’Université de Moncton pour trois jours, de l’aube au crépuscule, à partir de jeudi 27 février.
