Actualités
30 Janvier 2025
OPÉRATION NOUVEAU NOM : LE COMITÉ CITOYEN VA CONSULTER LE MONDE ENTIER
- Partager
Lise Ouellette aimerait autant que le changement de nom de l’Université de Moncton ne prenne pas dix ans comme ce fut le cas pour l’Université Ryerson, devenue la Toronto Metropolitan University. Le comité citoyen pour un nouveau nom veut faire les choses dans les règles. Son groupe de travail a retenu trois dénominations finalistes et va lancer une consultation mondiale.
_______________________
Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
L’image est subliminale. Le comité citoyen pour un nouveau nom va sonder toute personne intéressée par le devenir de l’Université de Moncton à se prononcer sur une nouvelle dénomination à partir du 14 février. Comme une déclaration d’amour à l’institution, le vote en ligne qui s’ouvrira le jour de la Saint-Valentin s’étalera sur plusieurs semaines pour se terminer le 22 mars, durant la semaine provinciale de la fierté française.

Lise Ouellette
«Le vote est ouvert à toute personne qui s’intéresse à l’Université. Peu importe où elle demeure, que ce soit au Nouveau-Brunswick, en Atlantique, au Canada ou à l’étranger, et on connaît l’importance de la clientèle internationale. Les médias sociaux nous permettent de faire ça», a annoncé Lise Ouellette en conférence de presse la semaine dernière.
Le vote aura lieu en ligne, et le lien sera diffusé sur plusieurs plateformes dont les radios communautaires. Pour des raisons de crédibilité, un seul vote permis par adresse IP. Pour les mêmes raisons, le comité espère recueillir au moins 5000 votes.
«En dessous de 5000, on ne sera pas satisfaits», prévient Mme Ouellette.
Le comité citoyen a voulu mettre en place un processus crédible et rigoureux afin de favoriser une réflexion basée sur des critères objectifs et diversifiés. Pour ce faire, il a souhaité engager la population dans sa réflexion en amont.
« Il n’y a pas de nom parfait »
Adrien Bérubé, professeur émérite de géographie, a présenté le rapport d’étape du groupe de travail qu’il a piloté. Ce groupe a recueilli 260 commentaires et suggestions de noms et les a analysés sur la base de neuf critères.
Il a révélé qu’aucune proposition ne répondait à l’ensemble des critères prédéfinis, mais que dans le haut du tableau, celles qui se démarquaient en réunissaient sept ou huit.
«Quarante-deux propositions initiales répondaient à au moins deux critères, et 16 en comptaient au moins six. De ces 16, nous en avons retenu trois.»
Les dénominations finalistes sont Université d’Acadie, Université francophone Atlantique et Université Nouvelle-Acadie.
«Il n’y a pas de nom parfait, a admis M. Bérubé. On peut toujours trouver une personne ou une autre qui n’est pas d’accord avec ça.»
Sur le réseau social de Jean-Marie Nadeau, chroniqueur qui a relancé le débat le 8 février 2023 dans les pages du Moniteur acadien, des internautes ont demandé pourquoi la première proposition n’était pas « Université de l’Acadie ».
«D'Acadie est une nuance pour contourner la difficulté de ne pas se dire la seule université acadienne, en respectant l'Université Ste-Anne. Ça veut aussi dire que notre université est en Acadie», a répondu le militant.
Le comité avance une étape à la fois
D’emblée, Lise Ouellette a signalé qu’il s’agissait de la 12e remise en question du nom au cours des six décennies d’existence de l’institution. C’est cependant la première fois que la communauté prend en charge ce dossier.
En décembre 2023, après la publication du rapport Chouinard-Basque, les gouverneurs avaient de nouveau fermé la porte à toute idée de changement. Au nom de l’Université de Moncton, sa conseillère en communications, Amélie Gallant, dit avoir pris connaissance du rapport du groupe de travail. L’institution ne souhaite pas commenter le document. Campera-t-elle sur ses positions?
La porte-parole du comité reconnaît la nature éminemment sensible de la question. Tout en comprenant le contexte des années 1960 qui a abouti au nom actuel de l’Université, Lise Ouellette est d’avis que les temps ont changé.
«Aujourd’hui, l’affirmation identitaire et linguistique, et la nature provinciale réseau de l’université doivent être inscrites dans son nom. Fermer la porte à tout dialogue et à toute réflexion sur cette question sensible n’est pas une réponse acceptable», a-t-elle indiqué.
Le rapport sur le vote sera soumis en avril à la communauté et au Conseil de l’Université en prévision de sa réunion printanière. La suite dépendra de la réaction des gouverneurs.
«On y va une étape à la fois. On n’a pas de plan au-delà de la réunion d’avril du conseil de l’université. En fonction de sa réaction, on va s’ajuster. Ce n’est pas un changement qui est facile. C’est un travail qui demande une grande patience», a reconnu Mme Ouellette avec philosophie.
Si le Conseil de l’Université décidait de réviser son jugement, il pourrait néanmoins formuler à son tour une proposition différente de celles qui vont être soumises au vote.
Ce sera à suivre avec le retour des beaux jours.
_______________________
Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
L’image est subliminale. Le comité citoyen pour un nouveau nom va sonder toute personne intéressée par le devenir de l’Université de Moncton à se prononcer sur une nouvelle dénomination à partir du 14 février. Comme une déclaration d’amour à l’institution, le vote en ligne qui s’ouvrira le jour de la Saint-Valentin s’étalera sur plusieurs semaines pour se terminer le 22 mars, durant la semaine provinciale de la fierté française.

Lise Ouellette
«Le vote est ouvert à toute personne qui s’intéresse à l’Université. Peu importe où elle demeure, que ce soit au Nouveau-Brunswick, en Atlantique, au Canada ou à l’étranger, et on connaît l’importance de la clientèle internationale. Les médias sociaux nous permettent de faire ça», a annoncé Lise Ouellette en conférence de presse la semaine dernière.
Le vote aura lieu en ligne, et le lien sera diffusé sur plusieurs plateformes dont les radios communautaires. Pour des raisons de crédibilité, un seul vote permis par adresse IP. Pour les mêmes raisons, le comité espère recueillir au moins 5000 votes.
«En dessous de 5000, on ne sera pas satisfaits», prévient Mme Ouellette.
Le comité citoyen a voulu mettre en place un processus crédible et rigoureux afin de favoriser une réflexion basée sur des critères objectifs et diversifiés. Pour ce faire, il a souhaité engager la population dans sa réflexion en amont.
« Il n’y a pas de nom parfait »
Adrien Bérubé, professeur émérite de géographie, a présenté le rapport d’étape du groupe de travail qu’il a piloté. Ce groupe a recueilli 260 commentaires et suggestions de noms et les a analysés sur la base de neuf critères.
Il a révélé qu’aucune proposition ne répondait à l’ensemble des critères prédéfinis, mais que dans le haut du tableau, celles qui se démarquaient en réunissaient sept ou huit.
«Quarante-deux propositions initiales répondaient à au moins deux critères, et 16 en comptaient au moins six. De ces 16, nous en avons retenu trois.»
Les dénominations finalistes sont Université d’Acadie, Université francophone Atlantique et Université Nouvelle-Acadie.
«Il n’y a pas de nom parfait, a admis M. Bérubé. On peut toujours trouver une personne ou une autre qui n’est pas d’accord avec ça.»
Sur le réseau social de Jean-Marie Nadeau, chroniqueur qui a relancé le débat le 8 février 2023 dans les pages du Moniteur acadien, des internautes ont demandé pourquoi la première proposition n’était pas « Université de l’Acadie ».
«D'Acadie est une nuance pour contourner la difficulté de ne pas se dire la seule université acadienne, en respectant l'Université Ste-Anne. Ça veut aussi dire que notre université est en Acadie», a répondu le militant.
Le comité avance une étape à la fois
D’emblée, Lise Ouellette a signalé qu’il s’agissait de la 12e remise en question du nom au cours des six décennies d’existence de l’institution. C’est cependant la première fois que la communauté prend en charge ce dossier.
En décembre 2023, après la publication du rapport Chouinard-Basque, les gouverneurs avaient de nouveau fermé la porte à toute idée de changement. Au nom de l’Université de Moncton, sa conseillère en communications, Amélie Gallant, dit avoir pris connaissance du rapport du groupe de travail. L’institution ne souhaite pas commenter le document. Campera-t-elle sur ses positions?
La porte-parole du comité reconnaît la nature éminemment sensible de la question. Tout en comprenant le contexte des années 1960 qui a abouti au nom actuel de l’Université, Lise Ouellette est d’avis que les temps ont changé.
«Aujourd’hui, l’affirmation identitaire et linguistique, et la nature provinciale réseau de l’université doivent être inscrites dans son nom. Fermer la porte à tout dialogue et à toute réflexion sur cette question sensible n’est pas une réponse acceptable», a-t-elle indiqué.
Le rapport sur le vote sera soumis en avril à la communauté et au Conseil de l’Université en prévision de sa réunion printanière. La suite dépendra de la réaction des gouverneurs.
«On y va une étape à la fois. On n’a pas de plan au-delà de la réunion d’avril du conseil de l’université. En fonction de sa réaction, on va s’ajuster. Ce n’est pas un changement qui est facile. C’est un travail qui demande une grande patience», a reconnu Mme Ouellette avec philosophie.
Si le Conseil de l’Université décidait de réviser son jugement, il pourrait néanmoins formuler à son tour une proposition différente de celles qui vont être soumises au vote.
Ce sera à suivre avec le retour des beaux jours.
