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4 Novembre 2024
LE GOUVERNEMENT HOLT VEUT RÉPARER LES RELATIONS AVEC LES ACADIENS ET LES AUTOCHTONES
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Samedi à l’Assemblée législative, la présence de nombreux francophones, mais aussi de représentants Premières Nations, a envoyé un signal fort : celui d’un gouvernement qui veut panser des plaies ouvertes par le précédent. Les communautés autochtones, mais aussi le monde l’éducation, du secteur culturel et de l’entrepreneuriat en Acadie sont optimistes.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Deux écrans ont retransmis la cérémonie d’assermentation du nouveau gouvernement dans la grande salle au deuxième étage du Centre de congrès de Fredericton, là même où Susan Holt avait, il y a deux ans, remporté la course à la direction du Parti libéral. La nouvelle première ministre avait tenu à permettre au public, dont de nombreux partisans, de pouvoir suivre ensemble l’événement historique.

Les Premières Nations ont reconnu la volonté de Susan Holt de rouvrir le dialogue avec leurs communautés. (Photo : Damien Dauphin)
Après avoir participé à une mêlée de presse d’une dizaine de minutes devant l’entrée de l’Assemblée législative, Mme Holt et son équipe sont allés rejoindre la foule qui les attendait pour une réception rythmée par le son des tambours autochtones.
Sur scène, L'aînée wolastoqey Opolahsomuwehs, dont le nom anglais est Imelda Perley, a organisé une cérémonie de remise de couvertures dont elle a enveloppé la première ministre. Ce geste protecteur visait à reconnaître l’ouverture et la bienveillance de Mme Holt envers les Premières Nations du Nouveau-Brunswick.
«Vous faites quelque chose de différent de ce que tous les autres dirigeants ont fait jusqu’à présent. Chaque fois qu’on se rendait visite avant l’électricité, on utilisait des couvertures. Elles étaient très vénérées en tant que protection», a-t-elle expliqué en anglais.
Le chef de la Première Nation de Pabineau, Terry Richardson, se réjouit que la province ait un nouveau gouvernement disposer à négocier avec les Autochtones plutôt que de s’opposer à eux sur le plan juridique. «Ils vont venir à la table et nous parler. Je suis vraiment heureux d’avoir un gouvernement qui puisse travailler avec nous, c’est ça qui compte.»
Cinq ministres issus de l’Université de Moncton
Dans la salle, d’éminentes figures représentant les communautés acadiennes et francophones du sud-est du Nouveau-Brunswick côtoyaient les simples citoyens.
Le recteur Denis Prud’homme s’est réjoui du fait que cinq anciens diplômés de l’Université de Moncton, dont deux ministres qui y sont professeurs, fassent partie du gouvernement. «Je crois que nous avons un excellent cabinet. Nous avons toujours dit que l’Université de Moncton contribuait à la transformation du Nouveau-Brunswick. Le cabinet le démontre. Nous formons des citoyens engagés et nous en sommes très heureux.»
La nouvelle députée de Moncton-Sud, Claire Johnson, est professeure adjointe à la Faculté des arts et des sciences sociales. Ses champs de spécialisation sont La santé des populations, les déterminants de l'obésité, la nutrition populationnelle, les politiques publiques et les environnements obésogènes. Nommée ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, elle compte s’attaquer à l’insécurité alimentaire dans les écoles et s’assurer que la province soit à la hauteur en littératie. Elle a évoqué les défis du boom démographique en milieu scolaire.
«La grosse croissance démographique est absolument merveilleuse mais elle a amené de la surpopulation dans les écoles qui débordent. Je connais ça avec mes enfants (à l’école Saint-Henri à Moncton – NDLR). La bibliothèque et la cafétéria ont été fermées pour y créer d’autres classes tellement ça déborde. On a besoin d’avoir de l’infrastructure qui suit cette croissance», a-t-elle reconnu. Il reste à voir quand et de quelle façon cela va se concrétiser.
La députée de la nouvelle circonscription de Champdoré-Irishtown, Lyne Chantal Boudreau, a hérité de deux portefeuilles : les Aînés et l’Égalité des femmes. Ce sont là deux domaines qui lui tiennent à cœur. «Je suis excitée et prête à m’asseoir et à regarder quels sont les grands dossiers et les grands enjeux. Il y a déjà de belles initiatives dans notre province que nous pouvons mettre en lumière», a-t-elle confié durant la réception.
Enfin le poste de défenseur en santé mentale ?
Le PDG de la Chambre de commerce Cap-Acadie, Anthony Azard, était lui aussi présent pour prendre de premiers contacts. Les petites et moyennes entreprises forment le plus gros contingent des membres de la CCCACadie, et à cet égard, son interlocuteur sera Luke Randall.
«Le cabinet qui a été élu semble a priori très compétent et à l’affût des enjeux régionaux, pense-t-il. Nous sommes déjà dans le processus d’envoyer des correspondances aux différents ministres afin de les rencontrer et d’avoir des discussions productives», a-t-il annoncé en mettant l’accent sur deux dossiers prioritaires: l’infrastructure et le logement abordable.
Enfin, l’avocat Rob McKee a été réélu député de Moncton-Centre. Outre la charge de ministre de la Justice et de procureur général, il est ministre responsable des Services de santé mentale et de traitement des dépendances. C’est plus qu’une lueur d’espoir pour Paul Ouellet, qui plaide depuis des années pour la création du poste de défenseur de la santé mentale et d’un tribunal dédié à ces problématiques. Le poste de défenseur fait partie de la plateforme libérale.
«J’ai l’intention de poursuivre cette initiative, a dit M. McKee en rappelant qu’une motion en ce sens avait été votée à l’unanimité des députés il y a cinq ans. C’est un peu tôt pour annoncer un calendrier, mais ça fait définitivement partie des plans.»
La présidente de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Nicole Arseneau-Sluyter, a résumé le sentiment qui imprégnait le public présent: «Ce sera plus facile. Nous nous sentons encouragés.»
