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17 Octobre 2024
Un débat entre gentlemen dans Shediac-Cap-Acadie
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Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jacques LeBlanc et Jean Bourgeois sont des gentilshommes.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
L'animateur du débat, Gilles Gauthier, a posé à ses invités les questions faisant partie des thématiques récurrentes identifiées sous l’égide du directeur général adjoint de Radio Beauséjour, Marcel Parker-Gallant. La première concernait les priorités de leurs concitoyens de la circonscription, et de quelle façon les candidats comptaient s’y attaquer. Sans surprise, la santé s’est invitée au premier plan. Jacques LeBlanc, député sortant, y a toutefois ajouté le coût de la vie.
La circonscription longeant la côte acadienne qui fut durement touchée il y a deux ans par l’ouragan Fiona, les questions environnementales ont pris un relief particulier pendant les échanges. L’ancien maire de Shediac a salué le plan adopté à Pointe-du-Chêne, tout en prenant position en faveur d’un nouveau plan durable. Son rival pour le Parti vert a relaté sa rencontre avec un scientifique qui expliquait les raisons de l’érosion des côtes et des inondations.
«Je lui ai demandé quel était le plus gros défi. Il a répondu que c’était de convaincre les politiciens. On a beaucoup de difficultés à mettre l’environnement au premier plan. Nos plans d’actions sont sur les étagères depuis cinq ou six ans, mais on n’en fait rien», déplore le candidat écologiste. Jean Bourgeois est d’avis qu’il faut remettre les plans à jour avec les nouvelles municipalités en identifiant les infrastructures vulnérables. Il aimerait aussi les évaluer sur une base annuelle.
L’autre question saillante du débat concernait l’immigration et la protection de la langue française en milieu minoritaire. M. Bourgeois a constaté que de nombreuses usines de la région faisaient appel, pour fonctionner, a de la main-d’œuvre temporaire d’origine mexicaine ou philippine. Comme ces employés parlent beaucoup plus souvent l’anglais que le français, il suggère de diversifier les sources en allant chercher des immigrants dans le bassin des pays de la Francophonie.
« C’est à nous de fixer avec le fédéral des pourcentages clairs, nets et précis pour dire que nous avons besoin de francophones, juge-t-il. Il faut aller dans ces pays pour leur dire ce qu’on a à leur offrir, ce qu’ils peuvent nous apporter et comment ils peuvent venir chez nous. C’est important pour la province de garder son bilinguisme.»
De son côté, Jacques LeBlanc a salué la mission de recrutement que le directeur général de la Villa Providence effectue en ce moment à l’international, en particulier dans des pays francophones. L’ancien comptable de l’institution s’attend à y voir un résultat très positif pour la région.
M. LeBlanc est d’avis qu’il faut mettre en place des programmes avec le collège communautaire pour offrir aux immigrants des cours de français et exiger qu’ils apprennent la langue. M. Bourgeois a répliqué que la plupart des travailleurs n’avaient même pas une 12e année, et qu’il serait très difficile de leur enseigner la deuxième langue officielle. Ce à quoi le député sortant a répondu en évoquant une histoire à succès.
«Il y a deux ans, à la polyvalente LJR, un finissant d’origine philippine a gradué avec les honneurs. Il a reçu la bourse du Gouverneur général alors que ses parents ne parlent pas le français. On voit qu’il y a du résultat quand l’intégration est bien calculée.»
Jacques LeBLanc a conclu en vantant les mérites de son bilan personnel et en appelant les électeurs à «se départir d’un gouvernement Higgs». Quant à Jean Bourgois, reprenant le slogan de son parti, «la couleur du changement», il a invité les auditeurs à changer leurs habitudes de vote. La candidate du Parti progressiste-conservateur, Christine Arsenault, a décliné l’invitation à participer au débat.
