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3 Octobre 2024
Un groupe de travail du Comité citoyen pour un nouveau nom va sonder la population
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L’été fut volontairement calme mais néanmoins studieux pour les membres de la société civile qui militent en faveur du changement de nom de l’Université de Moncton. Le Comité citoyen pour un nouveau nom fait sa rentrée en franchissant une nouvelle étape et en annonçant la formation d’un groupe de travail. Celui-ci va lancer une consultation populaire.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Les cinq bénévoles qui forment le groupe de travail sont tous attachés à l’Université de Moncton. Leur porte-parole, Adrien Bérubé, est un diplômé de la toute première cohorte de finissants (1964). Il a reçu son diplôme des mains du père Clément-Cormier. Par la suite, il a enseigné la géographie pendant quatre décennies au campus d’Edmundston, dont il fut le doyen de la Faculté des sciences humaines.
«Le groupe a fait un remue-méninges. Depuis l’an dernier, des gens ont proposé des noms. Nous les avons relevés et classés en différentes catégories», a dit en conférence de presse virtuelle l’universitaire qui a une expertise à faire valoir en toponymie.
Les huit critères de présélection sont l’identité acadienne de l’institution, sa mission francophone, la nature réseau de l’institution, la visibilité auprès de la clientèle extra-provinciale, l’efficacité marketing, la neutralité (pas de référence religieuse ou politique), la durabilité pour être encore pertinent à la fin du siècle, et enfin, tout autre qualité originale non prise en charge par les autres critères.
Au total, quarante-cinq propositions liminaires ont été listées par le Comité citoyen, réparties par les bénévoles dans sept catégories, dont voici des exemples entre parenthèses.
Il y a les personnages historiques (Université Pascal-Poirier, par exemple), l’Acadie comme composante du nom (Université de l’Acadie), les lieux géographiques (Université de l’Acadie atlantique),) les concepts (Université francophone du N.-B.), les noms locaux ou régionaux (Université de l’Est acadien), les concepts «extrêmes» (Université révolutionnaire de la Nouvelle-Acadie), et enfin les suggestions humoristiques (Université La Sagouine).
Deux mois pour voter l’hiver prochain
D’ores et déjà, le public peut prendre connaissance de la liste sur la page Facebook «Opération Nouveau Nom» et sur le compte X @NouveaunomUdeM. Les gens peuvent commenter et compléter la liste de critères et de noms en remplissant un questionnaire en ligne et ce, d’ici le 21 octobre.
Le groupe de travail fournira un rapport d’étape le 28 novembre. Le document contiendra une liste restreinte de propositions finalistes sur lesquelles le public pourra voter à partir du 15 janvier prochain. Le vote, qui s’étalera sur deux mois, prendra fin le 21 mars, au lendemain de la Journée internationale de la Francophonie.
«C’est une belle initiative. À partir de janvier 2025, quand la population pourra voter pour un nouveau nom, il faudra que l'on soit nombreux à le faire», a signalé Jean-Marie Nadeau, père spirituel de la démarche.
L’Université de l’Acadie sera-t-elle plébiscitée ?
Certaines personnes ont déjà une idée bien arrêtée en tête. L’Université de l’Acadie, nom utilisé par le signataire de ces lignes comme titre d’un éditorial sur la question en février 2023, obtient la faveur de plusieurs d’entre elles.
«Pour moi, c’est définitivement l’Université de l’Acadie avec les trois campus nommés. Ça englobe tout!», estime Gracia Couturier, de Moncton. «Ainsi seront représentés les trois campus et l’ensemble de la population», ajoute Irma Cormier, elle aussi favorable à cette dénomination.
Le Conseil de l’Université de Moncton, qui a refermé le débat en décembre 2023 après avoir analysé le rapport qu’il avait commandé aux chercheurs Stéphanie Chouinard et Maurice Basque, est lui aussi en train de mettre sur pied un groupe de travail. Il aura pour mission de développer des stratégies et des outils pour contextualiser l’origine du nom de l’Université.
«Un groupe de travail est en cours de constitution avec l’objectif de mettre en valeur la présence acadienne», a précisé l’U de M.
Un marathon pour convaincre le Conseil
Lise Ouellette, porte-parole du Comité citoyen, continue néanmoins son bonhomme de chemin en dépit de la fin de non-recevoir que l’U de M a opposée à la démarche initiée en février 2023, dans les colonnes du Moniteur Acadien, par le chroniqueur Jean-Marie Nadeau.
«C’est normal qu’il y ait des réticences, reconnaît-elle. Nous sommes lancés dans un marathon et nous allons poursuivre notre travail de façon constructive.»
Mme Ouellette espère qu’il y aura au moins 5000 personnes qui prendront part au «référendum populaire» sur la question du nouveau nom de l’Université. Elle ne désespère pas de convaincre «l’université acadienne par excellence» de réviser son jugement sur la question du nom qu’elle porte.
«J’aimerais que le Conseil réalise que nous sommes de bonne volonté, avec une démarche sérieuse et positive», a-t-elle plaidé.
