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19 Juin 2024
La SANB réaffirme son soutien au changement de nom de l’Université de Moncton
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La question entourant la dénomination de l’Université de Moncton s’est de nouveau invitée à l’assemblée générale annuelle de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), samedi 15 juin à Miramichi. Lise Ouellette et Jean-Marie Nadeau ont déposé une motion pour que l’organisme renouvelle son soutien au changement de nom de l’institution universitaire.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
L’année dernière, à Caraquet, les deux porte-parole du comité citoyen avaient réalisé un coup d’éclat en ralliant la SANB, qui jusqu’alors ne s’était pas officiellement prononcée, à leur projet. Entre-temps, le Conseil de l’Université avait commandé une étude d’impact réalisée par Maurice Basque et Stéphanie Chouinard. Ces derniers ayant évalué les coûts d’un éventuel changement de nom à environ 4,6 millions de dollars, le Conseil avait décidé d’enterrer la démarche au mois de décembre.
Refusant de s’avouer vaincu, le comité citoyen pour un nouveau nom avait par la suite fait produire une contre-expertise par un quatuor conduit par un professeur émérite de l’Université de Moncton (campus d’Edmundston), André Leclerc. Le rapport des quatre experts mandatés par le comité tablait plutôt sur un coût légèrement inférieur à 1,2 million.
Chaque camp s’obstinant sur ses positions respectives, Lise Ouellette et Jean-Marie Nadeau ont déposé la proposition suivante : « Que l’AGA réitère la position de la SANB en faveur du changement de nom de l’Université, et qu’elle appuie et travaille en concertation avec le Comité citoyen pour un nouveau nom afin de faire progresser le mouvement pour un changement de nom. »
«Je veux insister sur le mot « mouvement ». Il y a un élan communautaire qui se manifeste depuis un peu plus d’un an. Je fais un parallèle avec des mouvements similaires dans le monde municipal. On a parlé de Memramcook, Cap-Acadie, Belle-Baie et Beausoleil. Quelque chose est en train de progresser au niveau de la francophonie, et je pense que le changement de nom de l’université doit s’inscrire dans ce mouvement d’affirmation identitaire», a expliqué Lise Ouellette en reconnaissant que le processus pourrait mettre plusieurs années à aboutir.
Ancienne présidente de la SANB et professeure à l’Université de Moncton, Jeanne d’Arc Gaudet a déploré le refus du dialogue que manifestent les membres du Conseil de l’Université. «Les deux rapports produits devraient nourrir le débat, mais l’université nous dit : nous avons pris la décision, un point c’est tout. Dans une démocratie, nous devrions être capables d’échanger nos idées», a avancé l’autrice de «Je libère ma parole».
Louise Blanchard a lancé une pique en direction dudit Conseil : «Qui sont les gens qui composent le conseil d’administration de l’université? Sont-ils légitimes?» a demandé la conseillère municipale de Caraquet, première municipalité à soutenir le changement de nom. Elle a également suggéré que si ce n’était qu’une question d’argent, le processus pouvait se faire par étapes.
Représentant sortant de la région Sud-Est, Yves Doucet s’était opposé à la motion de l’an dernier. Il n’a pas changé d’avis sur le fond de l’affaire. «Je considère qu’il y a eu une étude par des personnes de qualité (Mme Chouinard et M. Basque – NDLR) et fiables, a-t-il fait valoir. Beaucoup de monde s’est exprimé sur le sujet. Je trouve étrange qu’on continue de prétendre que le débat n’a pas eu lieu.»
Nécessité de consulter les étudiants
Alors que Joey Couturier venait de dire que le comité n’avait pas rejoint la population étudiante, a présidente de l’Association des étudiant(e)s internationaux, Jovial Orlachi Osundu, a confirmé ce fait. Elle a indiqué que le bassin d’étudiants internationaux francophones qu’elle représente n’avait pas été consulté ni même approché sur la question du changement de nom.
«Nous sommes des francophones, a-t-elle rappelé. Nous participons et contribuons à la société d’ici. Est-ce que la question concerne strictement les personnes acadiennes de souche, ou est-ce qu’on peut impliquer tous les jeunes et les étudiants francophones dans ce débat? Si la proposition est adoptée, j’aimerais que ceux-ci soient inclus dans les discussions», a-t-elle demandé sous les applaudissements.
Bernadette Landry a déclaré qu’un éventuel changement de nom ne concernait pas que les étudiants d’aujourd’hui. Faisant état du taux d’assimilation en croissance dans la province comme du poids démographique des francophones qui diminue en parallèle, elle a plaidé l’urgence de motiver les étudiants francophones à se sentir fiers d’appartenir à la Francophonie.
«Un nom est tellement important. C’est un des outils qu’on a pour développer la fierté d’appartenir à une culture aussi riche. La raison d’être de notre institution est de donner un outil de développement au peuple acadien. Quand on connaît l’histoire de l’Acadie et qu’on sait à quel point nos ancêtres se sont battus pour garder leur culture au prix de leur vie, il me semble que la moindre des choses est de trouver un nom pour notre institution qui inspire une fierté aux francophones», a fait remarquer l’ancienne coprésidente de la Coalition pour la santé du Nouveau-Brunswick, qui réside à Dieppe.
À l’issue des différentes interventions, les membres votants de la SANB ont majoritairement soutenu la motion déposée par Mme Ouellette et M. Nadeau.
