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29 Mai 2024
UMoncton : le comité citoyen pour un nouveau nom dénonce une nouvelle étape vers l’assimilation
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Le Conseil de l’Université de Moncton, autrefois Conseil des gouverneurs, est une fois encore sous le feu des critiques du comité citoyen pour un nouveau nom. En cause : la nouvelle signature UMoncton qui remplace la dénomination « U de M ».
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
La hache de guerre n’est pas près d’être enterrée entre le Comité citoyen pour un nouveau nom et le Conseil de l’Université de Moncton. Récemment, ce dernier a fait paraître une publicité chez nos confrères de l’Acadie Nouvelle afin de justifier un changement de nom, mais pas celui que le groupe créé sous l’impulsion de Jean-Marie Nadeau attendait. Il s’agit en l’espèce de la «signature» de l’institution.
S’agissant de l’abréviation UMoncton, l’Université avance qu’il ne s’agit pas d’un changement de nom, dès lors que ce diminutif existe depuis plus de trente ans. Il a été introduit en 1990 lors de la création des adresses courriel de l’université.
«La loi canadienne sur les marques de commerce nous empêche d’utiliser l’abréviation UdeM. Cette marque appartient à l’Université de Montréal», lit-on dans le publireportage.
Pourtant, il s’agit bien d’une signature, comme l’explique le paragraphe suivant : «Le projet «Signature UMoncton», lié au plan stratégique Cap sur l’Avenir, est un concept dont l’objectif est de doter l’Université de Moncton d’un trait distinctif qui guide sa communauté universitaire vers le développement de la créativité et de l’engagement de ses personnes étudiantes et des membres de la communauté universitaire.»
L’argumentaire n’a pas du tout convaincu le comité citoyen et ses soutiens, parmi lesquels le chroniqueur Rino Morin Rossignol qui a fustigé «l’abattoir de l’assimilation» dans son billet publié mercredi dernier chez nos confrères.
«Il me semble qu’il a échappé à l’Université que cette signature ne donne aucune idée que l’Université de Moncton est de langue française. Voilà le genre d’ambiguïté qui se crée avec un nom comme Moncton pour l’Université et qui montre clairement l’importance d’en changer. L’Université vient d’apporter un bon argument pour le changement de nom», croit Raoul Boudreau, professeur émérite de l’institution universitaire.
Le Conseil de l’Université précise encore dans son publireportage qu’il ne prolongera pas le processus de réflexion sur la dénomination de l’université, mais qu’il va développer des stratégies et des outils pour contextualiser l’origine du nom. Cet énoncé fait réagir André Frenette.
«Je lis que la réflexion est terminée. A-t-elle débuté? On va contextualiser le nom. Va-t-on expliquer que le nom a été choisi pour ne pas déplaire à l’establishement de l’époque? Va-t-on expliquer que la recommandation était l’Université acadienne, si l’on veut contextualiser?», questionne-t-il.
Droit dans ses bottes, le Conseil conclut enfin son publireportage en précisant que sa décision est prise et qu’il n’est pas possible qu’il puisse la revoir.
Michel Charette dénonce une «concentration du pouvoir» entre les mains d’un petit groupe dominant, coupable à ses yeux de manquer de transparence. Au sein de ce Conseil, l’entrisme serait de mise.
«L’accès à ce groupe est souvent limité, avec des barrières pour les outsiders. Les membres peuvent être liés par des réseaux familiaux, économiques ou sociaux. En observant les caractéristiques de cette organisation, il est possible de déterminer si le pouvoir est effectivement concentré entre les mains d’un petit nombre, ce qui est typique d’une «oligarchie». Sommes-nous en présence de ce type de gouvernance?», s’interroge-t-il.
En réponse à cette interrogation, le service des communications de l’Université précise que les membres du Conseil représentent une grande diversité et rejette les accusations qui lui sont adressées.
«Ce sont des représentants de la communauté universitaire et civile de nos trois campus, des alumni et de la Francophonie provinciale et nationale. Ces membres sont composés notamment de personnes du corps professoral et des personnes étudiantes, des personnes engagées dans leur communauté civile, des experts-conseils dans plusieurs domaines qui sont tous indépendants et chargés de bien mener les priorités de l’institution. Les accuser d’omerta, selon nous, est mal connaître leur engagement et leur dévouement», est-il écrit dans un courriel adressé vendredi 24 mai au Moniteur Acadien.
«Le Conseil de l’Université a reçu une correspondance officielle du comité pour le changement du nom le 22 mai dernier, informe Paul Ward, directeur des communications. Ils ont pris connaissance de cette lettre et ils la traiteront lors du prochain conseil exécutif le 3 juin prochain comme exige les statuts et règlements de la gouvernance de notre institution.»
