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1 Mai 2023
Un forum municipal pour unir les communautés culturelles acadiennes
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Le secteur des arts et de la culture a beaucoup souffert durant la pandémie. Les parties prenantes de ce secteur important pour l’économie de la province ont confronté leurs idées à Bouctouche.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
«Je veux trouver une manière d’amplifier la fierté de nos résidents, en ce qui concerne la langue française et l’identité acadienne, par le biais de l’art et de la culture», exprimait Maxime Bourgeois, maire de Memramcook. «Je viens ici afin de trouver de nouvelles inspirations pour notre nouvelle entité, pour ensuite partager et faire vibrer Beaurivage», notait pour sa part Christine Richard, directrice des loisirs de sa localité.
Élus ou employés municipaux, partenaires communautaires et toutes les parties prenantes du secteur des arts et de la culture, chacun avait une bonne raison d’assister à un forum organisé conjointement par l’association des artistes (AAAPNB) et celle des municipalités (AMFNB) francophones du Nouveau-Brunswick. Bouctouche était la ville hôtesse de cet événement qui s’est tenu les 21 et 22 avril derniers. Une réussite, aux dires de Louise Blanchard.

(Le maire de Tracadie, Denis Losier (debout avec le micro), a été très applaudi. Sur cette photo on reconnaît des membres de l’élite municipale acadienne, dont Louise Blanchard (Caraquet) et Maxime Bourgeois (Memramcook). Au second plan, les maires de Cap-Acadie et de Dieppe, Serge Léger et Yvon Lapierre. Crédit : Damien Dauphin)
«C’est la conférence la plus productive à laquelle j’ai assisté depuis des années», de dire à l’assemblée, au moment de conclure les délibérations, la conseillère municipale de la Ville de Caraquet. «J’étais à une réunion il y a deux semaines à Fredericton. Elle a coûté cher aux municipalités et n’a pas donné grand-chose.»
Celle qui est une militante acadienne historique a cité l’exemple de sa ville, tout en prenant soin de préciser que la «capitale de l’Acadie» a mis 60 ans pour en arriver là. La municipalité reine de la Péninsule acadienne doit beaucoup à un ancien de l’Ordre de Jacques-Cartier, Martin Légère, qui en fut le maire et a lancé le Festival acadien.
«Il fallait convaincre la ville que ça coûtait moins cher d’investir dans les arts que dans les sports. Il y en a qui disent que la culture coûte cher, je ne veux plus jamais entendre ce discours-là», a-t-elle affirmé avec la force de conviction qu’on lui connaît.
Mme Blanchard a lancé l’idée d’affréter un autobus pour aller demander une augmentation du budget des arts à Fredericton. Un consensus semble s’être dessiné autour du leadership de Denis Losier pour conduire cette éventuelle délégation, car le maire de Tracadie venait de faire quelques observations chaleureusement applaudies.
Moteur économique
L’édile a notamment déclaré que la culture avait un lien direct avec les domaines économique et touristique. Il a lancé un vibrant appel à l’unité et à la concertation en lien avec la planification événementielle.
«J’entends souvent, de touristes qui viennent dans la région, qui me disent que c’est plate qu’il y ait trois spectacles intéressants en même temps, à Caraquet, à Tracadie et à Shippagan. Les gens qui organisent ces événements devraient se parler pour définir la plage horaire», note le maire qui observe que dans le Nord-Est, il n’y a pas un parc hôtelier aussi dense que dans le Grand Moncton.
La directrice générale du Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA), Mélanie Clériot, a fait écho aux paroles de M. Losier. Elle aussi estime que la culture en Acadie est un moteur économique et touristique, et que pour cette raison, Fredericton devrait soutenir ce secteur quelque peu délaissé dans les exercices budgétaires.
Cet appel du pied fut lancé à Daniel Allain. Le ministre des Gouvernements locaux et de la Réforme de la gouvernance locale avait été invité à prononcer le discours de clôture. L’homme grâce à qui la carte municipale du Nouveau-Brunswick a changé de visage a laissé entrevoir certaines espérances à son auditoire.
Occasion historique
Le ministre a mis l’accent sur le rôle accru des commissions de services régionaux (CSR) dans le domaine des arts et de la culture et du développement touristique. Les CSR ont reçu le mandat de faciliter le partage des coûts des installations régionales liées aux infrastructures sportives, récréatives et culturelles.
Au cours de l’année, les CSR devront identifier les priorités régionales et sous-régionales futures concernant les besoins en infrastructures culturelles dans leurs régions. Selon Daniel Allain, il pourrait s’agir d’agrandir les installations existantes, de les rénover en profondeur ou d’en construire de nouvelles. Enfin, les CSR devront présenter annuellement un rapport à son ministère.

« La culture est un élément crucial de la vie humaine, elle nous permet de nous connecter les uns aux autres, de comprendre notre passé, de célébrer notre présent de façonner notre avenir », a notamment déclaré le ministre Daniel Allain. Crédit : Damien Dauphin
Daniel Allain tend la main aux municipalités, mais les invite aussi à se prendre par la main en fonction du cadre qu’il a mis en place pour elles.
«Nous croyons fortement au pouvoir qu’ont les gouvernements locaux de faire rayonner la culture chez eux, et nous croyons que ce mandat élargi facilitera l’accès à la culture partout dans la province. Vous avez actuellement une occasion historique au commencement de la réforme de la gouvernance locale. Vous pouvez forger le modèle qui sera en place dans vos communautés pour les années à venir», de dire le plus célèbre Acadien du gouvernement provincial.
