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26 Mars 2023
Budget provincial 2023-2024 : douche froide pour certains organismes
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Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Ernie Steeves, a présenté le budget du gouvernement progressiste-conservateur mardi 21 mars. Pour plusieurs organismes et des représentants de la société civile, l’hirondelle n’a pas fait le printemps. Tour d’horizon des réactions.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
«Quelle déception! Quelle insulte!»
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Carmen Gibbs ne mâche pas ses mots pour faire part du mécontentement que lui inspire le budget provincial. La directrice générale de l’Association des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick, qui dénonce le sous-financement chronique du secteur des arts et de la culture, est d’avis que ce dernier reçoit la part du pauvre en dépit des pressions inflationnistes qui mettent cette industrie en difficulté. Rappelant qu’en 2022, le gouvernement s’était engagé à augmenter l’investissement dans ce secteur de 2,5 millions $ par an d’ici 2026, elle pointe du doigt une promesse brisée.
«Quelles «croissance et possibilités» le budget 2023-2024 ouvre-t-il réellement pour les artistes et les organismes artistiques, culturels et patrimoniaux de la province? s’interroge-t-elle. Quel manque de vision. Cette décision est bien plus politique qu’économique. C’est révoltant.»
Le désappointement est le même du côté du Front commun pour la justice sociale (FrontNB). L’organisme confie son incompréhension face à la maigre augmentation des taux d’aide sociale, alors que dans un contexte inflationniste, le gouvernement accumule des excédents qui battent tous les records.
«Bien que les taux soient indexés sur l'Indice des prix à la consommation, ils ne suffisent pas à couvrir les besoins de base. Les bénéficiaires de l'aide sociale vivent bien en dessous du seuil de pauvreté et dans l'extrême pauvreté. Les gens n'arrivent pas à sortir la tête de l'eau. Nous sommes déçus que le gouvernement n'ait pas augmenté les taux au-dessus du seuil de pauvreté», a déclaré Robert MacKay, coprésident communautaire.
Janelle LeBlanc, coordinatrice provinciale de FrontNB, fait observer que la liste d’attente pour des logements sociaux a doublé entre 2020 et 2022. Face à la crise du logement abordable, elle espérait que le gouvernement allait annoncer de bonnes nouvelles pour stimuler ce marché et accélérer la construction de nouveaux logements. Là encore, le budget ne répond pas à ses aspirations. En outre, elle critique les réductions du taux d’imposition du revenu des particuliers qui, croit-elle, ne profitera qu’au mieux nantis et lèsera les ménages qui peinent à joindre les deux bouts.
«L'absence de mesures permanentes pour aider les Néo-Brunswickois à faire face à l'augmentation du coût de la vie est inquiétante. C'est une occasion manquée d'améliorer les conditions de vie de tous et d’introduire des impôts plus élevés sur les super riches», lance-t-elle.
Une question de choix
Du côté de la Coalition pour l’équité salariale, le jugement est plus nuancé. Si l’on y salue des avancées, notamment des augmentations de salaire pour les préposés aux soins des services de soutien à domicile et des foyers de soins spéciaux, on y constate toutefois que l’équité est encore loin d’être atteinte.
«Il est difficile de prévoir les augmentations horaires qui iront dans les poches du personnel de soins, mais elles seront insuffisantes pour atteindre l'équité salariale. Le gouvernement doit s’engager à l’atteindre dans un délai raisonnable. Nous espérons qu’il développera un plan d'action à long terme pour le secteur», déclare la présidente de la Coalition, Krysta Cowling.
Cette dernière ajoute qu’alors que la province annonce un surplus budgétaire depuis plusieurs années, il n’est pas possible de reprocher aux personnels du secteur des soins de santé de chercher ailleurs un emploi mieux rémunéré. «Cela est une question de choix. Et nos droits et notre accès aux soins ne devraient jamais relever de la volonté politique», ajoute Mme Cowling.
Si Ernie Steeves, fidèle à ses prévisions modestes et prudentes, annonce un surplus de 40 millions $, l’économiste Richard Saillant croit que l’histoire récente devrait se répéter et que l’on peut s’attendre à ce que l’excédent 2023-2024 soit de l’ordre de 700 millions.
Des investissements réclamés pour les entreprises en régions rurales
La Chambre de commerce Cap-Acadie (CCCAcadie) a reçu le budget avec réticence, déplorant le manque criant d’investissements pour appuyer le développement économique du milieu des affaires et le recrutement de la main d’œuvre. Elle note qu’à Cap-Acadie, où le taux d’occupation des logements locatifs est à 0%, il s’agit d’un obstacle majeur à la croissance des entreprises de la Ville régionale. Elle regrette également que le gouvernement ne soutienne pas les entrepreneurs qui subissent de plein fouet les conséquences de la flambée des prix.
«De voir qu’un gouvernement a accumulé des surplus hors normes ces dernières années et de constater que les investissements ne suivent tout simplement pas pour appuyer les entreprises, c’est certainement frustrant», commente Anthony Azard, PDG de la CCCAcadie.
Toutefois, la Chambre de commerce se réjouit de ce qu’elle appelle des « petites victoires », et relève des avancées dans les domaines de la santé et des services communautaires, mais en particulier en matière de tourisme.
«Nous sommes encouragés de voir un investissement supplémentaire en marketing dans la promotion touristique du Nouveau-Brunswick. Avec des investissements stratégiques, il est évident que nos entreprises touristiques et saisonnières bénéficieront de la rentabilité des investissements des placements publicitaires», espère M. Azard.
