Impact MBA : regards croisés sur le leadership féminin
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L’une des deux tables rondes de la conférence Impact MBA, organisée samedi à l’édifice Léopold-Taillon de l’Université de Moncton, portait sur le leadership féminin. Animé par David Michaud, directeur de la succursale de la Banque Nationale sur la rue Main à Moncton, le panel réunissait trois intervenants aux parcours différents mais complémentaires: la professeure Vivi Koffi, le député Alexandre Cédric Doucet et l’entrepreneure Tiffany Mirzica.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Professeure titulaire de management à la Faculté d’administration, Vivi Koffi a ouvert la discussion en abordant la notion de leadership transformateur. Selon elle, un bon leader est avant tout une personne capable d’inspirer et de mobiliser ses collaborateurs autour d’une vision commune.
«Le leader transformateur va donner des outils à ses collaborateurs pour pouvoir sortir des sentiers battus et atteindre des objectifs de performance, a-t-elle expliqué. Mais il doit aussi faire preuve de bienveillance. On ne peut pas amener quelqu’un à atteindre ses objectifs sans tenir compte de ses besoins particuliers.»
Pour l’universitaire, l’intelligence émotionnelle constitue aujourd’hui une qualité essentielle du leadership moderne. Elle permet de mieux comprendre ses propres émotions, mais aussi celles des autres, afin d’établir des relations fondées sur la confiance et l’empathie.
«On ne peut pas être leader sans intelligence émotionnelle. Les nouvelles générations y sont très sensibles», a-t-elle souligné, ajoutant que les mentalités évoluent progressivement vers davantage de respect et d’équité entre les sexes.
Le député de Moncton-Est, Alexandre Cédric Doucet, a pour sa part partagé son regard sur l’évolution de la place des femmes dans les postes de leadership au Nouveau-Brunswick. Se décrivant comme un allié du leadership féminin, il estime que l’arrivée de la première ministre Susan Holt marque un tournant dans la culture politique provinciale.
Il a raconté un épisode personnel survenu au lendemain de son élection en novembre 2024, alors que sa conjointe venait d’accoucher.
«La première personne qui m’a appelé le lendemain, c’était la première ministre. Elle m’a dit: “Tu peux prendre le nombre de mois que tu veux pour passer du temps avec ta famille.” Elle m’a donné tout de suite un congé de paternité.»
Selon lui, cette approche plus inclusive et humaine illustre une évolution positive des pratiques politiques. Il reconnaît toutefois que certains préjugés persistent encore, notamment lorsque des commentaires portent sur l’apparence ou la tenue vestimentaire des femmes en politique.
«Je crois que l’éducation peut régler tous les problèmes de la société, a-t-il affirmé. Dans ma position, je me dois d’éduquer les citoyens et mes collègues lorsque ce genre de commentaires est fait.»
La troisième panéliste, Tiffany Mirzica, agente des communications au RDÉE Nouveau-Brunswick et fondatrice de l’entreprise Clé d’Affaire, a pour sa part évoqué son parcours d’immigrante et d’entrepreneure. Arrivée au Canada en 2017 puis au Nouveau-Brunswick en 2022, elle a dû s’adapter à une nouvelle culture et apprendre les codes professionnels de son milieu.
«La force de mon parcours a été de travailler directement dans la communication et de créer rapidement un engagement communautaire», a-t-elle expliqué.
Elle a notamment découvert l’importance du réseautage dans le développement professionnel.
«Le leadership commence dans la création d’une relation. Un bon réseautage se bâtit avant même d’avoir un besoin dans son réseau.»
Elle a également encouragé les participantes à assumer pleinement leur identité et leurs émotions dans leur parcours professionnel.
«Si vous vous demandez comment avancer, c’est que vous êtes déjà leader de votre projet. En tant que femme, il faut accepter qui on est et comprendre que nos émotions sont une force et non une faiblesse.»
À travers ces témoignages, le panel a mis en lumière les défis, mais aussi les transformations à l’œuvre dans la conception du leadership. L’intelligence émotionnelle, l’inclusion et la capacité à bâtir des relations solides apparaissent désormais comme des qualités centrales pour les leaders de demain.
De g. à d. : David Michaud, directeur de succursale de la Banque Nationale ; Vivi Koffi, professeure titulaire de management ; Tiffany Mirzica, PDG de Clé d’Affaire et Alexandre Cédric Doucet, député de Moncton-Est. (Photo : Damien Dauphin)
