Vie étudiante
17 Octobre 2024
Le District scolaire francophone Sud accueille les élèves étrangers dans leur langue maternelle
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Des parents d’élèves ont été surpris d’apercevoir, dans les écoles francophones de la région, des affiches rédigées dans des langues étrangères. Le Moniteur Acadien a enquêté sur la question, et le District scolaire francophone Sud lui a expliqué sa démarche.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Une bonne intention peut parfois susciter l’incompréhension. C’est ce qui est arrivé lorsque Bernadette Goguen (1) a communiqué au Moniteur Acadien une photo qui l’a laissée dubitative.
Elle présente une affiche sur laquelle un ourson symbolise un écolier et où, en dehors du logo du District scolaire francophone Sud (DSFS) et de son slogan, «Ici, on change le monde», l’ensemble du texte est écrit en arabe.
Selon Jean-Luc Thériault, directeur des relations stratégiques, chargé des relations internationales, l’affiche en question fait partie de la campagne de promotion lancée par le DSFS auprès des nouveaux arrivants pour l'inscription de leurs enfants à la maternelle.
«Notre communauté scolaire étant de plus en plus diversifiée, nous avons développé ces affiches en plusieurs langues, incluant le français, l'anglais, l'ukrainien, l'espagnol et l'arabe, afin de mieux joindre les parents issus de l’immigration et les ayants droit», a-t-il indiqué dans un courriel.
M. Thériault a précisé que ces affiches étaient distribuées dans les régions ayant un grand bassin de populations immigrantes comme Moncton, Fredericton et Saint-Jean. L’objectif est de faire la promotion des écoles de langue française aux parents issus de l’immigration.
«À noter que l’ukrainien, l’espagnol et l’arabe font partie des langues les plus parlées par les élèves de notre district scolaire après le français et l’anglais», a-t-il ajouté.
L’argument peine encore à convaincre Mme Goguen et la laisse perplexe. «Ça me semble envoyer le message qu’ils ne sont pas obligés de s’adapter», croit pour sa part la mère de famille acadienne.
Un processus d’intégration encadré
Pourtant, l’intégration des enfants provenant des pays étrangers est prise au sérieux par les autorités scolaires. L’intégration des élèves issus de l’immigration est un processus variable qui dépend de plusieurs facteurs, comme leur parcours migratoire, leur niveau de scolarité antérieure, leur identité culturelle et linguistique ou encore leur vécu personnel.
«Chaque élève suit une trajectoire unique, et nous travaillons avec eux pour assurer une intégration à long terme en tenant compte de leurs besoins spécifiques», assure Geneviève Chiasson, coordonnatrice des relations stratégiques.
Le DSFS offre aux enfants allophones et à ceux qui débutent en français des programmes d’actualisation linguistique et de français langue additionnelle.
Lors de leur arrivée au DSFS, ces élèves de la maternelle à la 2e année sont évalués à l’aide de continuums, qui sont administrés par une personne enseignante d’appui à l’apprentissage responsable de l’actualisation linguistique au sein de son école.
«Pour ce qui est des élèves de la 3e à la 12e année, lors de leur arrivée au DSFS, ils passent une évaluation initiale appelée ALIC (Appréciation linguistique initiale et continue), qui nous permet de déterminer leur niveau de compétence en français», indique Geneviève Chiasson.
Un modèle européen transposé au Canada
En fonction de leurs résultats, ces élèves reçoivent un soutien adapté. Celui-ci leur est fourni soit par le biais de classes de transition, soit en restant dans les classes régulières avec des périodes d’accompagnement spécifiques avec une personne tutrice en actualisation linguistique.
Au secondaire, les élèves ayant besoin de service en actualisation linguistique suivent un cours de français langue additionnelle, en suivant une progression qui vise à faciliter et à encadrer les différents éléments fondamentaux de la langue.
«Nos approches pédagogiques s’appuient sur le CECR (Cadre européen commun de référence pour les langues), une méthode qui permet d’adapter l’enseignement en misant sur la différenciation pédagogique. Nous appliquons des méthodes comme la littératie structurée, l’approche actionnelle ou l’approche neurolinguistique, qui facilitent leur apprentissage progressif du français tout en respectant le rythme d’apprentissage de nos élèves», précise la coordonnatrice.
En offrant un soutien linguistique et un environnement bienveillant, le District scolaire francophone Sud prouve son engagement envers une éducation inclusive. L’accueil des élèves internationaux dans leur langue maternelle permet de renforcer les liens avec les familles immigrantes tout en facilitant l’intégration des jeunes dans le système scolaire francophone.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Une bonne intention peut parfois susciter l’incompréhension. C’est ce qui est arrivé lorsque Bernadette Goguen (1) a communiqué au Moniteur Acadien une photo qui l’a laissée dubitative.
Elle présente une affiche sur laquelle un ourson symbolise un écolier et où, en dehors du logo du District scolaire francophone Sud (DSFS) et de son slogan, «Ici, on change le monde», l’ensemble du texte est écrit en arabe.
Selon Jean-Luc Thériault, directeur des relations stratégiques, chargé des relations internationales, l’affiche en question fait partie de la campagne de promotion lancée par le DSFS auprès des nouveaux arrivants pour l'inscription de leurs enfants à la maternelle.
«Notre communauté scolaire étant de plus en plus diversifiée, nous avons développé ces affiches en plusieurs langues, incluant le français, l'anglais, l'ukrainien, l'espagnol et l'arabe, afin de mieux joindre les parents issus de l’immigration et les ayants droit», a-t-il indiqué dans un courriel.
M. Thériault a précisé que ces affiches étaient distribuées dans les régions ayant un grand bassin de populations immigrantes comme Moncton, Fredericton et Saint-Jean. L’objectif est de faire la promotion des écoles de langue française aux parents issus de l’immigration.
«À noter que l’ukrainien, l’espagnol et l’arabe font partie des langues les plus parlées par les élèves de notre district scolaire après le français et l’anglais», a-t-il ajouté.
L’argument peine encore à convaincre Mme Goguen et la laisse perplexe. «Ça me semble envoyer le message qu’ils ne sont pas obligés de s’adapter», croit pour sa part la mère de famille acadienne.
Un processus d’intégration encadré
Pourtant, l’intégration des enfants provenant des pays étrangers est prise au sérieux par les autorités scolaires. L’intégration des élèves issus de l’immigration est un processus variable qui dépend de plusieurs facteurs, comme leur parcours migratoire, leur niveau de scolarité antérieure, leur identité culturelle et linguistique ou encore leur vécu personnel.
«Chaque élève suit une trajectoire unique, et nous travaillons avec eux pour assurer une intégration à long terme en tenant compte de leurs besoins spécifiques», assure Geneviève Chiasson, coordonnatrice des relations stratégiques.
Le DSFS offre aux enfants allophones et à ceux qui débutent en français des programmes d’actualisation linguistique et de français langue additionnelle.
Lors de leur arrivée au DSFS, ces élèves de la maternelle à la 2e année sont évalués à l’aide de continuums, qui sont administrés par une personne enseignante d’appui à l’apprentissage responsable de l’actualisation linguistique au sein de son école.
«Pour ce qui est des élèves de la 3e à la 12e année, lors de leur arrivée au DSFS, ils passent une évaluation initiale appelée ALIC (Appréciation linguistique initiale et continue), qui nous permet de déterminer leur niveau de compétence en français», indique Geneviève Chiasson.
Un modèle européen transposé au Canada
En fonction de leurs résultats, ces élèves reçoivent un soutien adapté. Celui-ci leur est fourni soit par le biais de classes de transition, soit en restant dans les classes régulières avec des périodes d’accompagnement spécifiques avec une personne tutrice en actualisation linguistique.
Au secondaire, les élèves ayant besoin de service en actualisation linguistique suivent un cours de français langue additionnelle, en suivant une progression qui vise à faciliter et à encadrer les différents éléments fondamentaux de la langue.
«Nos approches pédagogiques s’appuient sur le CECR (Cadre européen commun de référence pour les langues), une méthode qui permet d’adapter l’enseignement en misant sur la différenciation pédagogique. Nous appliquons des méthodes comme la littératie structurée, l’approche actionnelle ou l’approche neurolinguistique, qui facilitent leur apprentissage progressif du français tout en respectant le rythme d’apprentissage de nos élèves», précise la coordonnatrice.
En offrant un soutien linguistique et un environnement bienveillant, le District scolaire francophone Sud prouve son engagement envers une éducation inclusive. L’accueil des élèves internationaux dans leur langue maternelle permet de renforcer les liens avec les familles immigrantes tout en facilitant l’intégration des jeunes dans le système scolaire francophone.
