Sports

Simon Léger : heureux comme un poisson dans l’eau de pouvoir jouer avec les Patriotes


Normand A. Léger
Le Moniteur Acadien


Il y a des jeunes qui font face à bien des défis et des restrictions qui limitent leurs possibilités de pratiquer une activité sportive ou autre pour diverses raisons. Âgé de 16 ans, Simon Léger a dû attendre à 12 ans avant de pouvoir jouer au hockey compétitif avec contact en raison d’une condition médicale à la naissance.

Le bourdonnons Simon est né sourd à la naissance. Cependant, cette condition n’a jamais diminué son amour pour les activités et surtout le sport. Assez jeune, une chirurgie a permis de placer deux implants cochléaires reliés à son cerveau qui lui permettent d’entendre comme les autres jeunes. Cependant la technologie n’était pas assez avancée pour permettre de remettre ces appareils en place si jamais il recevait un coup à la tête qui aurait eu comme conséquence de détacher l’implant.

«La technologie a progressé et les casques protecteurs protègent mieux et cela me permet maintenant de jouer au hockey, a dit le jeune athlète qui mesure 6 pieds 160 livres et qui étudie en 11e année à l’école Louis-J.-Robichaud. Je suis né sourd, mais ces deux implants cochléaires insérés lors d’une opération lorsque j’étais jeune me permettent d’entendre. Ils ont dû placer cela dans ma tête et je suis capable d’entendre aujourd’hui. Je n’entends peut-être pas aussi bien que les autres, mais ça va bien.»

Ne jouant au hockey que depuis quatre ans, c’est surprenant que Léger ait été choisi comme membre de l’équipe des Patriotes de son école cette saison. C’est sa première année compétitive à ce niveau. Il était au ciel lorsqu’il a appris la nouvelle qu’il avait été choisi comme attaquant.
«Je tenais à jouer avec les Patriotes, c’est comme une famille. On a de la fun et tout le monde veut jouer. On a une belle équipe. J’ai été le statisticien l’an dernier et j’ai adoré travailler avec cette équipe. J’ai une passion pour le hockey et l’équipe cherchait quelqu’un l’an dernier pour les statistiques. J’ai adoré cela. Cette année, j’étais déterminé à jouer.»

Le jeune de Shediac pratique aussi le badminton, le baseball et l’athlétisme. «Je suis un sportif et cela me tient aller. Être un malentendant ne me dérange pas. Je n’y pense pas et je continue à jouer.»

Statisticien affairé, il devait trouver d’autres moyens de s’entraîner avec des équipes, il n’y a pas si longtemps. «Si je me faisais frapper par une rondelle ou par un joueur à la tête et que la partie interne de mon implant au cerveau était déplacée, je pouvais redevenir sourd. Heureusement que la technologie a progressé et maintenant s’il m’arrive quelque chose, je sais que je pourrai entendre à nouveau. Je ne pouvais pas jouer de sports de contacts pour bien des années, mais aujourd’hui c’est la 4e année que je peux et je suis excité.»

Un implant cochléaire permet de réhabiliter les surdités sévères et profondes, et il n’existe pas de limite d’âge pour être équipé d’un tel appareil. Il consiste à mettre en place, dans la cochlée, un système qui va stimuler électriquement le départ du nerf auditif et ainsi redonner des sensations sonores au porteur de l’implant lui permettant ainsi d'entendre.

L'implant cochléaire est composé de deux parties, une interne implantée chirurgicalement et l’autre externe, le processeur vocal captant les sons.

Avec seulement trois années d’expérience au hockey, il a fallu de la détermination et de l’effort à Simon pour rattraper les années de développement d’habiletés des autres athlètes. Il avait un rêve et une ambition de s’aligner avec l’équipe de son école. C’est maintenant mission accomplie grâce à la technologie et surtout à sa détermination. Sa passion pour le sport le mènera loin.