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Boxe : Lancelot de la Chapelle remporte son 11e titre professionnel à Fredericton


Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien


Vous ne connaissez pas son nom qui fleure bon l’histoire européenne et l’épopée des romans de la Table Ronde, et pour cause ! Le boxeur français Lancelot Proton de la Chapelle est né en Normandie. Invité par la WBC (World Boxing Council), il a passé toute la semaine dernière dans la région de Moncton avant d’accomplir une belle performance samedi soir au Colisée de Fredericton.

Lancelot vainqueur Small
(Lancelot, « le dernier chevalier », savoure sa victoire sur Brandon Brewer. Photo : Damien Dauphin)

Le Moniteur Acadien a rencontré en exclusivité le jeune homme de 25 ans dans un café de Dieppe. Surnommé « The Last Knight » en référence au héros légendaire du cycle arthurien dont il porte le prénom, Lancelot de la Chapelle a commencé la boxe à l’âge de six ans. Son palmarès en amateur dans le Noble art impressionne : onze fois champion de Normandie, cinq fois champion de France junior, vice-champion de France sénior en 2017, il a remporté son premier titre au début de son adolescence.

« Devenir champion de France à 14 ans est une étape marquante. J’ai connu ensuite beaucoup de moments incroyables. J’ai beaucoup voyagé pour participer à des combats, et j’ai eu la chance de monter sur le ring à côté de chez moi, au Casino de Deauville. Boxer à la maison, c’est toujours inoubliable », confie-t-il.

Lancelot et Athman Small
(Lancelot de la Chapelle et son entraîneur Athman Bouhemama, partenaires depuis 20 ans, ont rencontré la victoire samedi à Fredericton au terme du gala Fight Night in Freddy II. Photo : Damien Dauphin)

Snobé par les sélectionneurs français, Lancelot a manqué de peu se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2021 avec l’équipe de Belgique, pays dont il a aussi la nationalité par sa mère. Hélas, une blessure au plus mauvais moment a mis un terme à ses espérances. Quelques mois plus tard, il est passé professionnel. Son entraîneur depuis toujours, Athman Bouhemama, lui-même ancien boxeur amateur, l’a suivi dans son parcours.

« Ça fait 20 ans qu’on est ensemble, dit-il. Quand il est passé pro, j’ai franchi le cap avec lui. C’est intéressant car c’est un autre travail. Les combats en amateurs durent trois rounds, ça va très vite. Chez les pros, c’est un tout autre niveau. »

Athman, l’homme derrière le champion, est fier de son poulain qu’il a vu grandir et devenir un athlète accompli. « Il faut qu’il bosse au maximum car en boxe, on ne peut pas tricher. Si on ne fait pas attention, on prend des coups. Il faut donner des coups sans en prendre. Et s’il prend des coups, je l’engueule ! Comme ça, il se ressaisit. Il sait boxer en avançant et en reculant. Beaucoup de boxeurs ne sont pas capables de faire les deux, soit ils avancent, soit ils reculent. C’est son avantage et ça va bien se passer. »

Lancelot reçoit également l’aide d’une coach qui le guide dans sa préparation mentale qui, dit-il, représente 50% du travail. « Je travaille avec elle pour gérer le stress, avoir confiance en moi et en mes capacités. Quand on s’entraîne beaucoup et qu’on est prêt mentalement, il n’y a pas de raison que les choses se passent mal. »

De fait, les chose se sont admirablement bien passées samedi 14 octobre. Le joueur franco-belge a rapidement pris l’ascendant sur son adversaire canadien, favori du public présent. Au 9e round, Lancelot de la Chapelle a vaincu le néo-brunswickois Brandon Brewer par K.O. technique, mettant ainsi la main sur la couronne WBC francophone des poids super-moyens. Sa fiche technique est maintenant de 11 victoires pour une défaite.

Lancelot est rentré en France avec une belle ceinture et la promesse de grimper de nouveaux échelons au classement mondial. Il a remercié les Acadiens et les Néo-Brunswickois pour l’accueil chaleureux qu’il a reçu dans la province. Lui-même admirateur de feu Muhammad Ali et du boxeur mexicain Canelo Álvarez, il a lancé un conseil aux jeunes qui seraient tenté de suivre ses traces : « « Quand on veut vraiment quelque chose, on peut tout réaliser si on travaille fort. Il est important de s’entourer des bonnes personnes. »