Sports
7 Juin 2023
Richard MacDougall : un miracle qu’il soit de retour avec les Snowbirds
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Normand A. Léger
Le Moniteur Acadien
«C’est un miracle que je sois ici et que je sois capable de continuer à travailler avec les Snowbirds. Cela fait partie de ma guérison.»
Dieppois de 37 ans et pilote de l’avion 11 des Snowbirds, Richard MacDougall sera chez lui du 16 au 18 juin pour les spectacles du populaire groupe d’avions militaires Tutor, connu pour ses acrobaties aériennes, ses dessins et ses formations dans les airs. Pour environ 35 minutes, la rivière Petitcodiac qui unit les trois municipalités de Moncton, Dieppe et Riverview, sera le centre d’attraction samedi et dimanche vers 14 h 30 pour un spectacle haut en couleurs et en émotions. Leur dernière prestation limitée à Moncton remonte au 6 mai 2020 durant la tournée d’inspiration conçue pour remonter le morale des gens durant la pandémie de la COVID-19.
Richard MacDougall fait partie du groupe de deux avions d’avance et de sécurité, numéros 10 et 11 des Snowbirds, qui survolent le site précédant un spectacle afin de s’assurer que les conditions sont bonnes pour offrir aux spectateurs des pirouettes à couper le souffle.
«Je joue le même rôle qu’en 2020 en étant le pilote d’avance et de sécurité», a dit MacDougall qui était à Thunder Bay, Ontario, pour un spectacle en fin de semaine dernière. «On n’a pas de thème spécifique pour notre spectacle cette année, l’an dernier c’était notre 50e anniversaire et trois ans passés, c’était pour rehausser le moral des gens. On prévoit toute une prestation l’an prochain, le 100e anniversaire des forces aériennes du Canada. On organise tout un spectacle.»
Richard MacDougall a survécu à un sérieux accident survenu le 17 mai 2020 à Kamloops (Colombie-Britannique), une dizaine de jours après sa prestation à Moncton. Alors que la responsable des communications et lui exécutaient leur manœuvre de sécurité, un oiseau est entré dans le moteur de l’avion qui volait assez bas, provoquant une panne du moteur et finalement l’écrasement de l’avion au sol. MacDougall et la responsable ont pu s’éjecter de l’avion en détresse, mais étant donné que c’était à basse altitude, leur parachute n’a pu se déployer correctement. Il a été blessé sévèrement au dos et aux pieds et a survécu à cet écrasement. Malheureusement, la responsable des communications est décédée.
«Je ne suis pas guéri à 100 pour cent et je vais vivre le reste de ma vie avec certaines séquelles, a expliqué celui qui est pilote militaire depuis 2011. Je suis chanceux d’être vivant. Il m’a fallu demeurer au lit longtemps, ayant cassé trois vertèbres dans le dos. J’avais aussi les deux pieds de cassés en morceaux. J’ai passé un an et demi à la maison à me remettre. Je marche quand même très bien et souvent sans ennui. J’ai toujours une canne proche et parfois je boite si je suis debout longtemps. J’ai toujours voulu revenir dans le cockpit et voler. Après mon dernier examen médical, j’ai reçu l’autorisation de retourner comme pilote d’avion cet hiver. Je suis excité de cela. J’ai dû faire quelques vols comme passager auparavant pour savoir si j’allais avoir mal au dos et voir comment j’allais réagir. Tout s’est très bien passé.»
Le diplômé de la classe 2003 du Moncton Flight College a piloté des avions commerciaux avant d’entreprendre sa carrière militaire en 2011. Il n’a aucune restriction et a suivi des cours de mise à niveau de pilotage avant de reprendre le volant. «Je me suis senti chez moi tout de suite à ma première présence dans le cockpit du Tutor, et je n’ai même pas pensé à mon accident, a-t-il ajouté. Mentalement, la guérison se fait bien. Je dois vivre avec cela tous les jours. Je suis passé à travers toutes sortes d’émotions depuis mai 2020. Le stress de confiance envers l’avion n’est pas présent. Le retour à Moncton avec le groupe des Snowbirds fait partie de ma guérison.»
Le travail d’organisation des spectacles fait partie de sa routine de nos jours en plus du rôle d’avance et de sécurité. Durant le spectacle, MacDougall sera au parc riverain de Moncton et va décrire à travers un système de haut-parleurs les manœuvres des pilotes dans les airs. Il est aussi les yeux des pilotes au sol. S’il voit que la fumée d’un avion n’a pas l’effet désiré, il peut à travers une radio le signaler au pilote 1 qui en informera le pilote de l’avion qui connait de la difficulté pour résoudre le problème. Le groupe présentera des spectacles dans 23 sites cette année, ce qui représente environ 46 présentations. Les gens peuvent s’attendre à une pleine prestation d’environ 35 minutes avec des acrobaties, des boucles, des formations, des tonneaux et des divisions.
Il reste deux années à l’engagement du diplômé de l’école Mathieu-Martin avec les Snowbirds. Il espère remplir son mandat sans autre ennui et ensuite, il décidera de son avenir militaire. Tout ce travail avec les Snowbirds fait partie de sa guérison. «C’est incroyable que je sois capable de revenir à ma passion avec les Snowbirds après tout ce qui s’est passé. Je suis excité de revenir avec le groupe à Dieppe et Moncton. Il a fallu un délai de ce retour en raison de la pandémie, mais on va offrir un plein spectacle pour le public.»
Les gens pourront apercevoir les Snowbirds le vendredi 16 juin dans le ciel alors qu’ils feront des entraînements en vue des prestations de samedi et dimanche. Richard MacDougall et l’équipe invitent les gens au centre-ville le long de la rivière pour ses animations de l’événement.
