Opinion

Université de Moncton : cinq points pour débattre du nom


La présente est une opinion et comporte des faits historiques que je circule depuis quelques semaines. En fait en tant qu’opinion, vous pouvez me tabasser bien sûr, ou encore me prendre pour un prophète.

Le 4 mai au soir, j’ai reçu un appel téléphonique d’un ancien de l’Université de Moncton, résident de Moncton. Il était tout à fait opposé au changement de nom de l’université. La conversation téléphonique a duré deux heures. Et j’ai enfin obtenu les raisons générales de certaines personnes concernant l’opposition de certaines personnes à ce changement de nom. Les raisons évoquées sont au début de chaque paragraphe et suivit de cinq points. Mes remarques suivent les cinq points.

1. Le coût. En premier lieu il y a le coût de faire ce changement. Les opposants comparent ceci avec le changement de nom d’une université de l’Ontario. https://www.lapresse.ca/actualites/education/2022-04-26/toronto/l-universite-ryerson-change-de-nom.php, et ceci du fait que cette université avait été nommée du nom d’une personne qui avait promu les pensionnats autochtones. La personne qui me contactait m’a informé que le coût serait de 6.5 millions de dollars pour cela. https://www.torontomu.ca/. According to the University of Toronto website1, the student enrolment (fall 2021-22) for the university is 97,066. This includes 75,582 undergraduate students and 21,484 graduate students across three campuses: St. George, Mississauga and Scarborough1. The university also has international students from 170 countries and regions1….. Personnellement je concède que le changement de nom de l’Université de Moncton à un nom comme « Université Française Acadienne » est une proposition coûteuse, surtout au niveau de son achalandage (goodwill) « depuis 1963 » mais dans une proportion d’environ 2 millions de dollars en tenant compte des campus, de son importance et de ses relations avec une nombre assez inférieur de pays et régions. Cette somme peut être recueillie par une campagne de financement qui devrait être assez réussie avec le soutien des Acadiens des trois Provinces maritimes et des anciens de l’Université désirant un changement de nom.

2. Opposition Nord-Sud. En second lieu, cette personne m’informait qu’un historien avait donné une conférence à Moncton il y a quelque semaine et que celui-ci avait souligné qu’il y avait une certaine brouille entre les Acadiens du nord de la province et ceux du sud. Il ajoutait aussi que, par le changement de nom, il y aurait une tentation pour les campus de Shippagan et d’Edmundston de vouloir faire sécession du campus de Moncton et de régir leurs propres affaires eux-mêmes. De plus. il me disait que le changement était majoritairement voulu par des Acadiens du Nord de la province et non ceux du Sud. Ceci est une proposition qui me rejoint, bien sûr, car je me suis battu avec Papa pour maintenir le Campus de Shippagan comme institution qui était reliée à l’Université de Moncton, lorsque le Recteur du temps avait pris une position contraire. Il n’y aura et il n’a jamais été question de sécession des Campus de Shippagan et d’Edmundston. De fait, personnellement, et vu l’augmentation de la population acadienne dans les Maritimes, je trouve qu’il serait de bon aloi de créer d’autres campus reliés à notre Université acadienne, que ce soit à Charlottetown, au Cap-Breton, à Halifax et dans le Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse avec une relation particulière avec l’Université Sainte-Anne. Pourquoi pas des Campus affiliés avec LSU sur les trois campus existant en Louisiane? Comme le disait Antonine Maillet, le tout doit être fait avec une perspective de rassembleur. J’ajoute que le tout doit être fait avec le but de sauver notre langue, promouvoir son utilisation au maximum, sur des campus francophones désignés comme tels, et ceci sur tout le territoire nord-américain acadien. Il y a un désir de développement francophone qui est frappant en Louisiane de nos jours. Il est essentiel d’appuyer un développement essentiel à la survie de notre culture acadienne, sans oublier bien sûr, que l’éducation fournie doit respecter les gains actuels et soutenir le développement futur de notre peuple. Il faut cesser de plaider que nous sommes des régions en constante opposition, et soutenir une cause commune comme décrite par Antonine.

3. Réappropriation du nom. Ensuite il me disait que le changement de nom permettrait à une autre université d’utiliser le nom de Université de Moncton dans son vocable pour voler l’achalandage de l’université actuelle. Ceci serait absolument illégal pour une institution de s’approprier le nom d’Université de Moncton quand l’Université française acadienne utilise un vocable « business name and style » qui utilise déjà cette formule comme « Université Française Acadienne Campus de Moncton ». Je suis convaincu que le registraire provincial des corporations ne permettrait pas une telle démarche. Si l’université le désirait, un enregistrement fédéral sous les lois régissant les « marques de commerce » ou le « droit d’auteur » mettrait un frein à une telle démarche.

4. Désengagement financier des anciens. Ensuite il soulignait que des anciens de l’Université de Moncton cesserait de la soutenir financièrement. Je suis surpris de son attitude, car il m’a confirmé être membre des Régents de l’Université actuelle, comme moi. Pour quelles saintes raisons les anciens de l’université cesseraient-ils de parrainer une université qui fonctionne avec le nom de Moncton inscrit dans son vocable et la désignation d’université française acadienne? Ceci me semble comme étant une sorte de chantage destiné à apeurer tout le monde.

5. Opposition de Moncton-Dieppe. Il argumentait que la majorité des Acadiens de Moncton et Dieppe était contre le changement de nom et ceci à plus de 66%. Je serais d’accord avec lui, si le vocable ne contenait pas le nom de Moncton pour cette région. C’est pourquoi le nom de Moncton devra être inscrit dans le nom utilisé pour satisfaire les aspirations des Acadiens qui y tiennent dans la région de Moncton et Dieppe. Le changement de nom n’est pas uniquement pour se débarrasser du nom d’un participant au génocide de notre peuple, il est nécessaire pour le développement futur de notre peuple et pour mousser son statut francophone au niveau du Canada et au niveau international.

Maintenant que je vous ai tous convaincus que je suis en faveur du changement de nom de NOTRE université ACADIENNE, je vous promets que des articles semblables vous seront fournis durant les mois à venir pour vous informer du bien qu’un changement de nom fera pour notre peuple.



Jacques Gauthier
Avocat
Shippagan