Opinion

Un héritage d’espoir


Ouvrir le plus grand refuge en Atlantique pour les sans-abris avec Sœur Rita Barrieau, que je surnommais Mère Teresa, fut un voyage enrichissant.

Dans le monde d’aujourd’hui, le sans-abrisme est un défi préoccupant qui touche de nombreuses villes. Face à ce besoin pressant d’aide dans notre propre communauté, nous avons décidé de relever le défi d’ouvrir un refuge pour les sans-abris. Ce projet d’envergure a été bien plus qu’une simple réalisation : il a été un voyage extraordinaire d’espoir, de persévérance et d’inspiration.

Sœur Barrieau a été le pilier de ce projet. Elle était la fondatrice de l’organisation et avait déjà ouvert le premier refuge quatre décennies plus tôt pour seulement une personne. Au printemps 2019, je l’ai convaincue de revenir à Moncton après une longue période d’absence et de nous apporter son précieux accompagnement dans la mise en place du nouveau refuge. Son retour pour nous guider dans ce projet d’expansion de « sa » Maison Nazareth a été décisif. Entre la collecte rapide de fonds, la navigation dans les dédales bureaucratiques, la transformation d’un ancien gymnase en un centre d’hébergement pour plus de 100 personnes ayant, pour la plupart, des problèmes de toxicomanie et de santé mentale, les problèmes n’ont pas manqué. Il y a eu des moments où je me suis demandé si j’avais fait le bon choix, mais Sœur Barrieau était toujours là pour m’encourager, me donner de la force et me rappeler que notre mission était devenue bien plus qu’un simple projet. C’était un appel à fournir de l’aide et de l’espoir aux plus vulnérables de notre société matérialiste et individualiste.

Sœur Barrieau était une véritable source d’inspiration. Elle nous montrait la voie à suivre, non seulement par ses paroles de sagesse, mais aussi par ses actions. Son dévouement envers les sans-abris et sa capacité à mobiliser les ressources nécessaires, y compris au tréfonds de nous-même, demeurent inégalés. Même dans les moments les plus sombres, elle était là pour nous rappeler que nous avions créé un havre de paix pour ceux qui en avaient désespérément besoin.

Alors que nous marquons le premier anniversaire de son décès le 11 septembre, une date qui résonne dans le monde entier à cause des événements tragiques de l’année 2001 à New York, mais sur un plan plus personnel, qui est celle de la perte prématurée de mon frère bien-aimé parti un an avant Sœur Rita, je choisis de me souvenir d’elle avec gratitude et inspiration. Son héritage perdure dans la mission de fournir de l’aide, de l’espoir et de la dignité aux sans-abris.

Ce voyage nous a montré que, malgré des défis que nous croyions insurmontables, la persévérance, la détermination et la solidarité peuvent créer des miracles. Nous devons continuer à rechercher des solutions pour une coexistence harmonieuse entre la population sans-abri et les centres-villes, afin que chacun puisse trouver sa place dans notre communauté. Le chemin que nous avons parcouru ensemble est un témoignage de ce qui peut être accompli lorsque nous nous unissons pour une cause qui transcende les individus.

C’est pourquoi, en mémoire de cette femme extraordinaire que j’ose qualifier de « sainte de notre temps » et de tous ceux et celles qui luttent pour un avenir plus brillant, j’encourage les gens à continuer ce voyage avec la même résolution, la même compassion et l’espérance de créer un monde meilleur pour tous.



Jean F. Dubé
Dieppe