Opinion

Propriétaires d’appartements ou contribuables : qui devrait financer la ‘’Banque d’aide au loyer’’?


L’annonce de la mise en place de la Banque d’aide au loyer est perçue par certains comme quoi le gouvernement Higgs fait un pas dans la bonne direction sur la question du logement. Je comprends que les partis d’opposition ou les organismes communautaires qui côtoient les milliers de personnes aux prises avec la hausse des loyers y voient une petite victoire, mais regardons la réalité de cette ‘’Banque’’.

D’abord, le montant dans la ‘’Banque’’ sera de 3 millions répartis sur deux années. Cette somme veut dire que seulement 545 personnes par année à travers la province pourront recevoir le montant maximum. Nettement insuffisant. La ministre a dit du bout des lèvres que si on avait besoin de plus d’argent, elle verrait. Les élections seront terminées et on sait ce que ça veut dire cette pseudo-promesse.

Ensuite, la ‘’Banque’’ ne sera pas administrée par le gouvernement, mais va être sous-traitée à un organisme communautaire. Il y a plusieurs problèmes qui découlent de ce transfert de responsabilité. Il y a certainement la question de la sécurité des données personnelles recueillies par l’organisme communautaire. Il y a la question de l’administration des critères par des gens qui ne sont pas toujours qualifiés. Il y a aussi, comme on l’a expérimenté lors de la crise du verglas, la question du service dans les deux langues officielles. Les programmes gouvernementaux doivent être administrés par les employés gouvernementaux qui sont qualifiés pour le faire, et non sous-traités.

Finalement, suite aux pressions de la New Brunswick Apartment Owners Association, le gouvernement a enlevé la soi-disant double-taxe aux propriétaires d’appartements. Ceux-ci avaient promis aux locataires de réduire le cout des loyers. Évidemment, c’est le contraire qui est arrivé. C’est à eux de financer ou tout au moins ajouter 3 millions à la ‘’Banque’’ de Jill Green, pas aux payeurs de taxes.



Jean-Claude Basque
Moncton