Opinion

L’éducation, outil d’épanouissement par excellence


Ça fait déjà deux ans qu’il y aurait dû avoir un contrat de travail signé entre le personnel enseignant et la province. Encore une fois, cette façon de traîner la patte se passe sous le gouvernement Higgs. C’est révoltant.

On sait tous que l’éducation est l’outil d’épanouissement par excellence de notre communauté acadienne. C’est le nerf de la guerre pouvant assurer notre pérennité. On doit traiter les dossiers de l’éducation avec parcimonie et adresse. Ça mérite toute l’attention nécessaire, et ça doit être considéré comme une haute priorité. Avec ce gouvernement dans ce dossier, on est loin de la coupe aux lèvres.

La profession d’enseignant est probablement la plus noble et essentielle des professions qui soit. Je suis un admirateur sans borne face à cette profession. Ma grand-mère, ma tante, quatre frères et sœurs et un beau-frère ont été enseignants. Je les ai vus aller. Quelles joies et reconnaissances méritées qu’ils reçoivent quand ils rencontrent d’anciens élèves devenus adultes?

On ne doit pas lésiner sur les questions d’éducation comme le fait actuellement le gouvernement provincial. Il est dramatique de réaliser que d’ici dix ans, 40% du personnel d’enseignement prendra sa retraite. Ça va prendre tout un tour de force pour combler ces postes vides. C’est pourquoi, plus qu’en tout autre temps, on doit créer des conditions de recrutement et de rétention du corps professoral.

Vu le faible nombre d’enfants que l’on fait et que l'on a, on ne peut plus se permettre d’en perdre même un dans le système éducatif. Tout doit être mis en œuvre afin d’assurer la formation globale et le plein épanouissement de chacun d’entre eux. Ça passe par une majoration substantielle des conditions salariales et des conditions de travail de nos valeureux enseignants et enseignantes.

On vit dans une période d’opulence sur le plan budgétaire provincial. Le Nouveau-Brunswick est en dernière position des Provinces atlantiques pour ce qui est des salaires d’entrée des nouveaux enseignants ($53,000 versus $61, 000 à l’Île-du-Prince-Édouard), et en avant-dernière position pour ce qui est des salaires maximaux en fin de profession (82.000$ versus 91.000$ encore à l’Île-du-Prince-Édouard). Il faudrait que l’entente de cette année rattrape donc au moins les taux salariaux de l'Île-du-Prince-Édouard. Mais, même ce rattrapage m'apparaît modeste et insuffisant.

La profession enseignante est quant à moi la plus importante de toutes les professions. On n’arrête pas de nous dire que tout se passe avant l’âge de six ans dans le développement des individus. C’est à ces âges-là que se façonnent les cerveaux et les cœurs. On se réjouit que les enseignants de maternelle fassent partie du groupe en négociation. On ne devrait pas lésiner sur les moyens pour y arriver maximalement. Et les conditions salariales sont primordiales. Ça devrait même être la profession la mieux et la plus rémunérée de toutes les professions régulières (bien sûr que ça exclut les sportifs professionnels).

Laisser traîner les négociations collectives depuis deux ans par le gouvernement provincial comporte de l’irresponsabilité et du manque de considération pour la profession enseignante. Il n’y a aucune raison de la part de ce gouvernement d’étirer ainsi la sauce. Dans les circonstances, les syndicats enseignants sont justifiés d’envisager la grève comme moyen de pression. Mais personne ne souhaite que cela aille jusque-là.

On devrait être à une époque où l'on célèbre la profession enseignante, au lieu de la banaliser. Autant le peu d’enfants entraîne un nombre diminué d’élèves, autant ce faible contingent de nouveaux enfants génère aussi le petit nombre chez qui recruter de nouveaux enseignants et enseignantes. Seules des conditions salariales et des conditions de travail majorées à un bon niveau sauront suffire à la tâche.

Le gouvernement provincial doit arrêter de “niaiser avec la puck” dans ces négociations collectives. Il doit se faire un point d’honneur pour en arriver rapidement à une entente collective respectable. Nos petits-enfants n’en méritent pas moins!



Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com