Opinion

Gérer l’Immigration


L’immigration est un phénomène incontournable dans le contexte actuel de l’odyssée humaine. Nous avons créé, au cours du dernier siècle, une conjoncture planétaire qui a suscité un mouvement migratoire irréversible appelé à croître. De plus en plus d’humains désespérés cherchent à fuir des conditions de vie intolérables à la recherche d’une oasis prometteuse d’un avenir meilleur, poussés par la faim et la soif, les guerres, les persécutions et des conditions climatiques qui menacent la survie de populations entières.

À ce qu’il semble, chaque pays gère l’immigration comme bon lui semble et plusieurs y arrivent plutôt mal. On connaît les tragédies des nombreux naufrages où ont péri des milliers de migrants dans la Méditerranée et ailleurs auxquelles s’ajoutent les innombrables victimes des longs déplacements, les refoulements aux frontières, les camps de fortune où vivent les réfugiés, entassés dans des conditions inhumaines en attente de connaître leur sort. Il s’agit bien d’une crise mondiale appelée à s’aggraver. Mais comment gérer l’affluence des migrants aux frontières des pays?

La gestion de l’immigration devrait relever d’un organisme international qui serait mandaté d’établir les règles afférentes à la situation et doté du pouvoir de les faire respecter. Il existe bien l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), fondée en 1951, qui, en principe, gère l’élaboration d’orientations politiques et de stratégies mondiales relatives à la migration et participe à la recherche de solutions pratiques aux problèmes afférents. Puis, les Nations Unies ont bien signé à New York, en 1967, la Convention relative aux réfugiés. Mais si action il y a de leur part, elle n’est pas manifeste, alors que la situation dramatique prend de l'ampleur.

Dans le contexte actuel, chaque pays semble établir et appliquer ses propres lois, lorsqu’il n’improvise pas tout simplement au quotidien les mesures à prendre. Ainsi, certains États se lavent les mains de cette marée humaine en fermant leurs frontières à toute migration, transférant ainsi le problème aux pays voisins.

En préparation du Sommet sur les objectifs de développement durable qui s’est déroulé à New York les 18 et 19 septembre 2023, l’OIM avait lancé, le 15 septembre, son rapport intitulé Tirer parti de la mobilité humaine pour sauvegarder l’Agenda 2030 (défini en 2017). Le directeur général de l’organisme y déclarait : « Les personnes en déplacement sont une pierre angulaire du développement, de l’innovation, de la prospérité et du progrès ». Apparemment, cette philosophie n'a pas permis à ce Sommet de New York de trouver une solution à l’urgent problème de la migration.

Sans vouloir me faire prophète de malheur, il m'apparaît inévitable qu’on soit bientôt témoin d’un déferlement inimaginable de migrants qu’aucune frontière ne parviendra à refouler. Et si des infrastructures appropriées sous supervision internationale ne sont pas déjà en place pour les accueillir, surviendra une révolution anarchique et sanglante à l’échelle planétaire.



Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent