Opinion

À quand un défenseur en santé mentale ?


Lettre ouverte aux membres de l’Assemblée législative

J’écris cette lettre afin d’attirer l’attention sur les nombreux défis auxquels sont confrontés certains des membres les plus vulnérables de notre société. Pendant de nombreuses années, j’ai eu le privilège d’accompagner des personnes souffrant de maladies mentales dans leur lutte afin d’obtenir l’aide dont elles avaient désespérément besoin. J’ai vu de près à quel point il est difficile, au Nouveau-Brunswick, de trouver le soutien approprié, au bon moment et au bon endroit.

Le 28 novembre 2019, après des années de sensibilisation auprès des députés et des ministres du gouvernement et de l’opposition, l’Assemblée législative a adopté à l’unanimité la résolution suivante :

« Qu’il soit à ces causes résolu que la Chambre exhorte le gouvernement à concentrer les ressources appropriées sur le poste de défenseur en matière de santé mentale et d’autres questions relatives à la santé mentale et à reconnaître les défis qui se posent aux personnes et à leur famille. »

Ce fut l’un des moments de ma vie dont je suis le plus fier. La résolution finale a nécessité un débat approfondi et quelques compromis (par exemple, l’exigence que le défenseur de la santé mentale soit indépendant a été retirée du texte original), mais tous les membres élus présents ont voté en sa faveur. Suite au vote, la majorité des membres se sont présentés à la galerie où j’étais assis et m’ont félicité pour mes efforts.

Pourtant, nous voici presque quatre ans plus tard et nous n’avons toujours pas de défenseur de la santé mentale. Chaque semaine, je rencontre quelqu’un qui aurait besoin de ce type de soutien. On ne peut pas dire que nous n’en ayons pas les moyens, puisque nous enregistrons des surplus records année après année. Et ce n’est pas non plus parce qu’il n’y a pas de nécessité pour un tel défenseur, puisque nous savons que la pandémie a aggravé une situation déjà critique à travers notre province.

Je demande à tous les partis et à tous les députés, quelle que soit leur affiliation, de ranimer cette solidarité non partisane et chaleureuse dont ils ont fait preuve en ce jour de novembre 2019. Les citoyens les plus vulnérables du Nouveau-Brunswick attendent l’aide qui leur été promise il y a quatre ans. S’il vous plaît, tenez votre promesse !

Quiconque me connaît est conscient que cette cause est devenue le travail de ma vie, en soutenant ceux qui souffrent tous les jours sans faute de leur part et en les aidant à naviguer à travers le système. Nous pouvons et devons faire mieux que de nous contenter de belles paroles à l’égard d’une cause aussi importante. Notre inaction ne fait qu’aggraver les problèmes rencontrés dans d’autres secteurs négligés du tissu social, tels que les soins de santé, l’abus de drogues illicites et de médicaments prescrits, et le manque de logements abordables.

Au nom des miens, c’est-à-dire de toutes les personnes du Nouveau-Brunswick qui souffrent de maladies mentales et de dépendances, je suis impatient de recevoir votre réponse.



Paul Ouellet
Moncton