Opinion
27 Juillet 2022
Une proposition pour améliorer notre système de santé
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La situation actuelle dans notre système de santé est bien connue, et est marquée par des éléments qui ne sont plus à rappeler : épuisement professionnel, pénurie de main d’œuvre, attrait financier incitant à partir travailler ailleurs, sursaturation qui perdure, etc. Les bouleversements et les réactions engendrés par des décisions gouvernementales récentes ne semblent pas indiquer que les choses deviendront plus saines si on ne réorganise pas cette situation anomique.
Il n’est peut-être pas trop tard. En politique, malheureusement, on perd souvent du temps et de l’énergie à trouver des boucs émissaires. Peut-être devons-nous maintenant plutôt nous mettre au travail et sortir des sentiers battus. Tout ne reposera pas uniquement sur le recrutement et la formation. La problématique est bien complexe et je n’en aborderai qu’un seul aspect aujourd’hui : l’organisation des quarts de travail en cycles de travail, dans le but de prévenir l’essoufflement de notre corps professionnel et d’améliorer sa qualité de vie.
Cette dernière prendrait la forme d’une course de relais. Les quarts de travail sont déjà organisés de manière hebdomadaire. Y aurait-il lieu d’essayer quelque part de le faire aussi de façon mensuelle, bimensuelle, en sessions de quatre ou de six mois s’il le faut, bref en cycles de travail? Comme dans une course de relais, l’une ou l’un fait une partie du chemin, puis file le bâton à une co-équipière ou à un co-équipier, reprend son souffle en joggant plus lentement pour ne pas perdre le rythme, et ainsi de suite.
Il s’agit d’une proposition qui correspond assez bien au fonctionnement de notre ère actuelle, où les choses sont relativement fluides, y compris dans le monde du travail. C’est la norme en ce moment. Anticiper cette fluidité et se fier sur celle-ci sont en quelque sorte devenues une forme de stabilité, aussi paradoxal cela puisse-t-il sembler.
On n’atteindrait certainement pas tout de suite la perfection, et il y a évidemment plusieurs facteurs à considérer dans l’équation. N’ayons pas d’attentes irréalistes, au risque de se décevoir avant la fin de la course et d’abandonner en chemin. Cependant, il y a lieu de se questionner sur les conséquences déjà observables de continuer à faire ce que nous faisons en ce moment. Si vous ne savez pas de quoi je parle, tendez l’oreille aux professionnels de la santé ces jours-ci. Pour combien de temps encore peut-on étirer l’élastique (ou ce qui en reste)? Est-on plutôt prêt à essayer autre chose, même s’il y a une part d’inconnu, de manière réfléchie? Avons-nous encore la capacité de prendre conscience des avantages de voir plus loin que notre nez, d’imaginer et de concevoir ensemble un système qui assurerait une stabilité à plus long ou moyen terme? Je fais partie de celles et ceux qui pensent que l’administration publique de la province a le devoir et la responsabilité sociale d’assumer ce rôle.
Pour faire cela, il demeure important d’avoir une conversation afin d’identifier les potentiels angles morts. Une personne ne peut pas le faire seule. Res Publica est un institut de recherche en sociologie relativement nouveau en Acadie. Il aurait certainement un rôle à jouer, possiblement en partenariat avec d’autres institutions du même genre ailleurs au Nouveau-Brunswick, afin de mieux tâter le pouls chez nos voisins anglophones aussi. Ce genre de « think tank » qu’est Res Publica sert justement à assumer ce rôle. C’est son travail : constater ce qui se passe sur le terrain ; explorer ce qui se fait ailleurs et/ou ce qui s’est déjà fait dans le passé ; proposer une perspective d’approche ; la tester, l’analyser et la valider ou l’invalider – au complet ou en partie – chez un groupe d’individus, pour enfin formuler un rapport et le partager avec ceux et celles concernées. Cela s’appelle aborder une problématique sociale par la démarche scientifique.
En attendant, je vous invite à continuer d’utiliser les sens que vous avez pour vous maintenir en santé. Pour ma part, par exemple, vu que j’ai encore mes deux jambes, je fais du vélo. Vu que je sais lire, je continue de nourrir mon âme et de stimuler mon cerveau. Quand je peux parler, je prends la parole et je jase. Une conversation en face à face est généralement plus efficace que de passer par les textos. Sortons dehors et prenons de l’air. Venez prendre un café ou un thé avec moi et jasons-en en personne, en groupe.
Je n’invente rien. Einstein le disait déjà : « La vie, c’est comme faire du vélo. Il faut continuer d’avancer pour ne pas perdre votre équilibre. »
Nous connaissons toutes et tous quelqu’un qui s’investit corps et âme dans le domaine de la santé. Prenons soin de nous et des autres. Après tout, mieux vaut prévenir que guérir, n’est-ce pas?
Steeve Ferron
steeveferron@hotmail.com
