Opinion
5 Juillet 2022
Vitalité est notre plus grand malade
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Des relations de travail tendues ont conduit quatre oncologues à démissionner de Vitalité; la cause a été reconnue par Vitalité. Plusieurs infirmières et autres personnels témoignent d’un climat de travail malsain. Des départs à la retraite précipités et des étudiants en médecine acadiens qui choisissent de poursuivre leur formation en médecine familiale en dehors du réseau Vitalité relèvent de la même dynamique : Vitalité est devenu un repoussoir.
Cette description de la situation correspond à une perception de plus en plus généralisée, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du réseau : notre système de santé est notre plus grand des malades et il a besoin de soins urgents. La direction semble sous-estimer le problème et ne pas voir la grogne qui
s’amplifie tous les jours. La qualité et l’existence même de certains soins, comme en oncologie, sont menacées.
Pour notre bien à tous, il est devenu impérieux qu’une enquête externe et indépendante soit menée pour évaluer l’ampleur réelle du problème, identifier les mesures à prendre pour rétablir la confiance du personnel, des médecins et du public. Cette confiance sera retrouvée uniquement par des actions concrètes, claires et précises qui garantiront le respect des personnes et de leurs compétences, la transparence dans les communications et l’imputabilité de la direction. À ce titre, le Conseil d’administration devrait se donner une ligne 1-800 où le personnel et les médecins peuvent faire connaître les problèmes qu’ils vivent ou observent; de manière confidentielle, à une personne indépendante qui ferait directement rapport au Conseil. La plupart des entreprises privées estiment cet outil extrêmement utile pour la gestion des ressources humaines et l’efficience de l’organisation.
La mesure des succès doit être la base pour l’évaluation des cadres. Les succès dans le recrutement du réseau Horizon et leur petit nombre de fermetures de lits et de services jettent une lumière crue sur les difficultés de Vitalité à donner même les services de base à sa clientèle.
Vitalité, par son incapacité évidente de gérer de façon compétente notre réseau, en particulier ses ressources humaines, donne tacitement au gouvernement le prétexte dont il a besoin pour le fusionner avec Horizon. Baissant les bras devant la perte de ses professionnels de santé, elle fait la démonstration que les francophones ne sont pas capables de se gouverner efficacement, une opinion déjà partagée par beaucoup de bureaucrates, même les francophones. Pourtant, les réussites retentissantes de nombreux francophones dans tous les domaines d’activités, privée et publique, sont des preuves du contraire.
L’enquête proposée est d’autant plus nécessaire que le conseil d’administration (CA) ne voit pas la gravité ni l’urgence de la situation. En principe un CA existe pour défendre les intérêts des actionnaires. En santé, les actionnaires ce sont tous les citoyens. Actuellement les citoyens paient très
cher un système médiocre. Le CA, par incurie, incompétence ou collusion avec les gestionnaires du réseau et le gouvernement, trahit la confiance des patients/citoyens. Dans le privé, ce serait un motif de congédiement.
Vitalité doit retrouver sa crédibilité pour retenir et recruter le personnel tant nécessaire et renouer avec la qualité.
L’augmentation de la mortalité ÉVITABLE dans le nord du N.-B. depuis six ans, alors qu’elle diminue dans le reste du Canada est intolérable. Le CA et la direction doivent rendre des comptes.
Dans un pays démocratique, les personnes qui participent à ce genre d’enquête peuvent être assurées de la confidentialité de l’information qu’elles
fourniront. Espérons une large participation du personnel pour entendre sa voix haute et forte et percer le silence de l’omerta.
L’opacité de la direction actuelle est un véritable danger pour notre système de santé. Cette enquête serait un premier pas vers la transparence.
Denis Losier (Cap-Pelé)
Dr William (Bill) Laplante (Moncton)
Bernard Richard (Cap-Pelé)
Rino Volpé (Saint-Jacques)
