Opinion
22 Juin 2022
Un réseau de santé vite alité
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Tout a commencé par une banale discussion entre amis au sujet des finales de la coupe Stanley. La débandade du canadien de Montréal au cours des dernières années et sa remontée encourageante en fin de saison, suite à des changements radicaux, ont fait la joie des gérants d’estrade présents. Tous étaient confiants que quelque chose de majeur devait se produire. Dans la même veine, un amateur de la LHJMQ a mentionné le fameux « rien ne sent bon chez le Titan d’Acadie Bathurst », faisant allusion à la crise qui se brasse au sein de cette équipe pour des raisons différentes. Spontanément, un « rien ne sent bon chez Vitalité non plus » est sorti de nulle part. « Va-t-on à déménager l’équipe? » Long silence. Nous avons franchi la ligne des sujets qui ne sont pas habituels entre nous. Surpris, on ne pouvait pas s’empêcher de constater le parallèle. La conversation s’est poursuivie sur ce sujet qui nous touche tous, et la soirée a été longue.
En bons amateurs de sports, nous avons consulté les statistiques et autres sources d’information pertinentes et fiables, nous procurant des données sur les besoins en santé au Nouveau-Brunswick francophone, rural et urbain, ainsi que les mesures prises pour combler les déficits. Après analyse des données disponibles sur des sources officielles (Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick, Institut Canadien de la Santé), nous considérons que les deux derniers conseils de Vitalité ont échoué à corriger la situation critique en ne préservant pas tous les services cliniques existants. Ils ne peuvent assurer la pérennité des soins de santé dans le réseau de santé francophone, et sont également incapables de gagner la confiance des communautés, ainsi que de garantir de bonnes relations de travail et de respect auprès du personnel.
Constater l’inaction du Réseau Vitalité nous a apporté consternation, déception et incompréhension.
En langage de hockey, on pourrait dire que « la rondelle ne roule pas pour nous », mais ce ne serait qu’une excuse nous permettant d’accepter la défaite et de ne pas reconnaître que Vitalité a mal joué.
La différence entre le hockey et la santé est que la santé n’est pas un sport ! On ne peut pas se permettre de jouer avec la vie des gens. Ruptures ou fermeture de services (fermeture et réduction de lits, urgences fermées et longues attentes, chirurgies repoussées, examens médicaux remis, traitements retardés, accouchements loin des domiciles, décès évitables etc.), personnel médical qui quitte le réseau et d’autres qui s’y préparent en raison de relations de travail tendues, absentéisme et départs inhabituels de personnel infirmier, etc. Tels sont des exemples de la gestion inefficace du Réseau Vitalité. On se croirait dans un magasin d’alimentation dont des étagères sont à moitié vides. Le réseau est-il à moitié ouvert ou à moitié fermé?
Reconnaissons que le bilan entre les victoires et les défaites n’est pas élogieux.
Ce qui nous laisse perplexes, c’est la tolérance de la ministre de la Santé face à cette situation inacceptable. L’absence de gestes concrets de sa part pour redresser la barre sera considéré comme une complicité.
Nous avons besoin de vrais dirigeants, rassembleurs, motivants, à l’écoute de la population et, surtout, qui soient tournés vers les solutions à long terme dans un réseau de santé qui se concentre sur les besoins particuliers de la communauté acadienne et francophone.
Le consensus entre nous, c’est que le « coaching staff » actuel doit être remplacé.
En attendant, mieux vaut ne pas être malade cet été…
Jean Pereira
Grande-Digue
