Opinion
8 Juin 2022
Les municipalités ont besoin de comité santé
- Partager
Les gouvernements municipaux sont étroitement engagés dans la santé des citoyens en raison de leurs champs d’autorité. Au delà de la gestion de l’eau, des égouts, de la sécurité publique, de la salubrité, des transports, du logement, des sports et loisirs, de la culture et de la vie communautaires, un bon conseil municipal sait créer un milieu qui cultive l’entraide, le respect, la fierté et le sentiment d’appartenance. Selon la recherche. tous ces éléments contribuent encore plus à la santé de la population que les services de santé eux-mêmes.
Actuellement, les services de santé publics traversent une crise sans précédent et le gouvernement ne sait plus comment assurer la survie du système, un système dont la qualité diminue à vue d’œil. Au cours des 18 derniers mois, le gouvernement a lancé des appels pressants aux communautés et aux gouvernements locaux pour l’aider à sauver ce service public essentiel. Cela souligne l’importance de la crise, car c’est seulement en désespoir de cause que les gouvernements font appel aux citoyens; habituellement, politiciens et bureaucrates contrôlent tout, plus ou moins en cachette, pour défendre leurs propres intérêts professionnels et politiques.
Précisons que ce sont les gouvernements locaux qui fonctionnent le plus démocratiquement: les élu(e)s municipaux ne sont pas assujetti(e)s à la discipline d’un parti qui bâillonne ses députés (provinciaux ou fédéraux). En général, les députés ne sont que les porte-paroles du parti dans leur comté et ils ne feront rien pour les citoyens à moins que le parti puisse en retirer quelque chose. Les élu(e)s municipaux, eux, restent plus indépendants et parlent au nom leurs électeurs. Étant donnée la taille de leurs circonscriptions, élu(e)s et électeurs se connaissent bien et on s’en rappelle le jour du vote.
Avec la crise présente, la responsabilité des gouvernements locaux dans le domaine de la santé devient de première importance pour les maires et les échevins. Cette responsabilité s’est accrue depuis que le gouvernement leur a demandé de participer activement au dossier afin de pallier l’échec des structures de gouvernance mises en place au cours des dernières décennies.
Les gouvernements locaux doivent faire leur part en se dotant de comités santé afin d’encourager, de soutenir les groupes de patients et les citoyens
qui veulent agir pour améliorer la santé de différents groupes cibles comme les personnes âgées, les enfants, les personnes avec des problèmes de santé mentale, les personnes vulnérables ou marginalisées, etc. Il est important qu’ils gardent leur indépendance face aux réseaux de santé et qu’ils évitent de se laisser piloter par eux, car ils risquent ainsi de se faire prendre dans un engrenage de réunions et de procédures bureaucratiques sans fin où ils perdraient leur temps pour aboutir à peu ou pas de résultats concrets comme c’est le cas actuellement au Conseil d’administration du Réseau Vitalité .
Le Réseau resterait alors en contrôle et la possibilité d’action des citoyens serait neutralisée. Il faut se méfier des solutions de facilité.
L’activité la plus importante pour les conseil de santé régionaux : mettre en place un mécanisme pour que la voix des citoyens se fasse bien entendre et connaître les besoins réels de la population pour agir en conséquence; faire les démarches nécessaires pour outiller les groupes de citoyens afin de leur permettre de contribuer à un système de santé viable.
Par ailleurs, pour le moment, la gestion des plaintes, des incidents, des accidents et des évènements indésirables est faite par les réseaux eux-mêmes et par expérience personnel,je dois dire que la gestion est totalement archaïque et incompétente. N’y a-t-il pas des chances que le principal objectif de cette gestion soit d’éviter les poursuites et la mauvaise publicité? S’il en était autrement, cela pourrait contribuer à corriger quelques problèmes. Comme la santé est un monopole, on se fiche pas mal du patient.
Étant donné l’importance des gouvernements locaux dans la santé des citoyens : des membres du Conseil d’administration de la Régie Vitalité, et possiblement Horizon, devraient être nommés par les gouvernements locaux. La transparence et l’imputabilité du système seraient de facto considérablement améliorées.
Denis Losier
Cap-Pelé, NB
