Opinion
12 Août 2025
Le paysage linguistique de Moncton laisse à désirer
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Dans le plus récent éditorial de François Gravel qui s’intitule «Encore beaucoup de place à l’amélioration à Moncton», c’est peu dire au sujet de la vitalité de la langue française dans la première ville canadienne à devenir officiellement bilingue il y a maintenant 25 ans. Cette décision de la Ville de Moncton en août 2002 fut prise trois ans après la tenue du Sommet de la Francophonie et dans le contexte de l’arrêt Charlebois qui avait sonné l’heure du changement pour la province en reconnaissant l’obligation constitutionnelle de Moncton de promulguer ses arrêtés municipaux dans les deux langues officielles.
La trajectoire historique de Moncton est parfois paradoxale. À la suite de la fermeture des ateliers du CN au début des années 1980, Moncton a profité de ce branle-bas économique pour se transformer en un centre de services, notamment dans les télécommunications et les centres d’appels, grâce à une main-d’œuvre qualifiée et bilingue. C’est surtout grâce à son importante population acadienne, la plupart étant «bilingue», que Moncton a été en mesure de démontrer sa capacité à s’adapter et à se diversifier, ouvrant la voie à son actuel dynamisme économique, social et culturel. L’importance du fait français et du bilinguisme (français/anglais) n’est plus à démontrer pour la vitalité actuelle et future du Grand Moncton et ce, dans un contexte d’un pays et province également bilingues.
En revanche et malgré ce dynamisme de Moncton en raison des mérites du bilinguisme, nous observons une situation linguistique alarmante pour le fait français depuis quelques années alors qu’il est de plus en plus difficile de se faire servir en français dans les secteurs de la restauration rapide, les taxis, les stations-services, les dépanneurs et nombreux autres commerces de la région du Grand-Moncton. La croissance rapide de la population semble être surtout marquée par un flux migratoire de nouveaux arrivants qui sont bilingues, mais ils sont trop nombreux à ne pas avoir le français comme langue parlée et ou comprise.
Afin d’aider à assurer que tous comprennent et apprécient l’importance du fait français pour le développement global de Moncton et de l’Acadie tout entière, la langue française doit être visuellement et nettement présente. De légères modifications qui seraient éventuellement apportées à la politique linguistique de la ville de Moncton n’inverseront pas les tendances assimilatrices inquiétantes au profit de l’anglais.
La ville voisine de Dieppe a adopté un arrêté pour garantir que le français soit visible dans son paysage linguistique avec l’arrêté Z-22 qui oblige le français et l’anglais sur toutes les enseignes commerciales.
La ville de Moncton devrait emboîter le pas à Dieppe et adopter son propre arrêté sur la langue d’affichage commerciale afin que le paysage linguistique de Moncton reflète réellement son statut de ville bilingue et promeut une francophonie rayonnante. La mise en œuvre d’une telle honorable et courageuse décision des élus municipaux de Moncton saurait mettre la table pour l’accueil d’un deuxième et prochain Sommet de la Francophonie.
Le Nouveau-Brunswick, gouvernement membre de plein droit de l’Organisation internationale de la Francophonie, a tout intérêt, dans le contexte international actuel et de la relation Canada-US que Moncton fasse ce grand pas pour tirer davantage profit de nos grands atouts: nos deux langues officielles et notre appartenance à la grande famille de la Francophonie internationale et multilatérale.
Mathieu Gérald CAISSIE
Président-fondateur du Cercle acadien de la langue française
Cocagne
La trajectoire historique de Moncton est parfois paradoxale. À la suite de la fermeture des ateliers du CN au début des années 1980, Moncton a profité de ce branle-bas économique pour se transformer en un centre de services, notamment dans les télécommunications et les centres d’appels, grâce à une main-d’œuvre qualifiée et bilingue. C’est surtout grâce à son importante population acadienne, la plupart étant «bilingue», que Moncton a été en mesure de démontrer sa capacité à s’adapter et à se diversifier, ouvrant la voie à son actuel dynamisme économique, social et culturel. L’importance du fait français et du bilinguisme (français/anglais) n’est plus à démontrer pour la vitalité actuelle et future du Grand Moncton et ce, dans un contexte d’un pays et province également bilingues.
En revanche et malgré ce dynamisme de Moncton en raison des mérites du bilinguisme, nous observons une situation linguistique alarmante pour le fait français depuis quelques années alors qu’il est de plus en plus difficile de se faire servir en français dans les secteurs de la restauration rapide, les taxis, les stations-services, les dépanneurs et nombreux autres commerces de la région du Grand-Moncton. La croissance rapide de la population semble être surtout marquée par un flux migratoire de nouveaux arrivants qui sont bilingues, mais ils sont trop nombreux à ne pas avoir le français comme langue parlée et ou comprise.
Afin d’aider à assurer que tous comprennent et apprécient l’importance du fait français pour le développement global de Moncton et de l’Acadie tout entière, la langue française doit être visuellement et nettement présente. De légères modifications qui seraient éventuellement apportées à la politique linguistique de la ville de Moncton n’inverseront pas les tendances assimilatrices inquiétantes au profit de l’anglais.
La ville voisine de Dieppe a adopté un arrêté pour garantir que le français soit visible dans son paysage linguistique avec l’arrêté Z-22 qui oblige le français et l’anglais sur toutes les enseignes commerciales.
La ville de Moncton devrait emboîter le pas à Dieppe et adopter son propre arrêté sur la langue d’affichage commerciale afin que le paysage linguistique de Moncton reflète réellement son statut de ville bilingue et promeut une francophonie rayonnante. La mise en œuvre d’une telle honorable et courageuse décision des élus municipaux de Moncton saurait mettre la table pour l’accueil d’un deuxième et prochain Sommet de la Francophonie.
Le Nouveau-Brunswick, gouvernement membre de plein droit de l’Organisation internationale de la Francophonie, a tout intérêt, dans le contexte international actuel et de la relation Canada-US que Moncton fasse ce grand pas pour tirer davantage profit de nos grands atouts: nos deux langues officielles et notre appartenance à la grande famille de la Francophonie internationale et multilatérale.
Mathieu Gérald CAISSIE
Président-fondateur du Cercle acadien de la langue française
Cocagne
