Opinion
5 Août 2025
Reconnaître la Palestine sans légitimer le Hamas
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Bravo à la France et à son président, Emmanuel Macron, pour avoir réitéré sa reconnaissance officielle de l’État de la Palestine. Souhaitons que le Canada se montre suffisamment indépendant de son voisin pro-Nétanyahou pour suivre son exemple.
Rappelons qu’en 1948, l’ONU avait conçu un plan pour ce territoire où cohabitait une population judéo-arabe en conflit depuis de nombreuses décennies, un plan approuvé et signé par la majorité des États membres. Ce plan prévoyait l’établissement de trois régions: un État hébreu qui occuperait 56 pour cent du territoire, un état arabe qui gouvernerait sur 42 pour cent du territoire et une section de 2 pour cent formée par Jérusalem et ses banlieues sous le contrôle international. La population arabe n’a jamais accepté cette division. La population juive s’est réjouie de l’établissement de l’État juif, qui porterait désormais le nom d’Israël, mais elle n’acceptera jamais de perdre le contrôle de Jérusalem.
C’est l’Algérie qui fut le premier pays à reconnaître à la Palestine son statut d’État libre et indépendant, appuyée, au cours des ans, par 75 autres pays. N’eût été les États-Unis qui ont exercé leur droit de veto pour s’y opposer, la Palestine aurait été admise à l’ONU à titre de membre à part entière en avril 2024. En février 2025, 143 pays sur 193 votent en faveur de la reconnaissance de la Palestine comme État libre et indépendant. Le Canada et les États-Unis figurent parmi les pays dissidents.
En réponse à ce geste honorable de la France, d’aucuns vont sûrement l’accuser d’être antisémite, de donner son appui au Hamas. Mais il n’en est rien. Reconnaître à la Palestine le droit d’exister et de se gouverner comme État indépendant ne comporte aucune connotation de reconnaissance de la légitimité du Hamas ni d’approbation de ses attentats d’octobre 2023 en Israël. Cette décision historique de la France ne porte pas non plus atteinte aux droits de l’État hébreu.
Si l’ensemble du monde libre accordait à la Palestine la reconnaissance d’État libre indépendant tout en condamnant le Hamas comme organisme terroriste et dans son rôle de corps gouvernant de cet État, cela fournirait à ce peuple l’occasion et les outils nécessaires pour réorganiser ses infrastructures administratives et procéder à l’élection d’un gouvernement démocratique. Il est certain qu’une instance de gouverne de transition à représentation internationale serait requise, ce à quoi l’ONU pourrait veiller.
Il faut s’attendre à ce que le gouvernement de Nétanyahou s’y oppose farouchement. Son rêve d’annexer tous ces territoires à l’État d’Israël est toujours prédominant, comme en témoigne son acharnement insensé à poursuivre la destruction de Gaza et l’étendue des territoires déjà colonisés par l’État hébreu en Cisjordanie.
Le monde a les moyens de faire cesser les horreurs insoutenables perpétrées par Israël. Nous avons déjà trop longtemps laissé traîner ce crime contre l’humanité. Ainsi, nous en sommes en partie responsables. L’Histoire nous jugera.
Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent
Rappelons qu’en 1948, l’ONU avait conçu un plan pour ce territoire où cohabitait une population judéo-arabe en conflit depuis de nombreuses décennies, un plan approuvé et signé par la majorité des États membres. Ce plan prévoyait l’établissement de trois régions: un État hébreu qui occuperait 56 pour cent du territoire, un état arabe qui gouvernerait sur 42 pour cent du territoire et une section de 2 pour cent formée par Jérusalem et ses banlieues sous le contrôle international. La population arabe n’a jamais accepté cette division. La population juive s’est réjouie de l’établissement de l’État juif, qui porterait désormais le nom d’Israël, mais elle n’acceptera jamais de perdre le contrôle de Jérusalem.
C’est l’Algérie qui fut le premier pays à reconnaître à la Palestine son statut d’État libre et indépendant, appuyée, au cours des ans, par 75 autres pays. N’eût été les États-Unis qui ont exercé leur droit de veto pour s’y opposer, la Palestine aurait été admise à l’ONU à titre de membre à part entière en avril 2024. En février 2025, 143 pays sur 193 votent en faveur de la reconnaissance de la Palestine comme État libre et indépendant. Le Canada et les États-Unis figurent parmi les pays dissidents.
En réponse à ce geste honorable de la France, d’aucuns vont sûrement l’accuser d’être antisémite, de donner son appui au Hamas. Mais il n’en est rien. Reconnaître à la Palestine le droit d’exister et de se gouverner comme État indépendant ne comporte aucune connotation de reconnaissance de la légitimité du Hamas ni d’approbation de ses attentats d’octobre 2023 en Israël. Cette décision historique de la France ne porte pas non plus atteinte aux droits de l’État hébreu.
Si l’ensemble du monde libre accordait à la Palestine la reconnaissance d’État libre indépendant tout en condamnant le Hamas comme organisme terroriste et dans son rôle de corps gouvernant de cet État, cela fournirait à ce peuple l’occasion et les outils nécessaires pour réorganiser ses infrastructures administratives et procéder à l’élection d’un gouvernement démocratique. Il est certain qu’une instance de gouverne de transition à représentation internationale serait requise, ce à quoi l’ONU pourrait veiller.
Il faut s’attendre à ce que le gouvernement de Nétanyahou s’y oppose farouchement. Son rêve d’annexer tous ces territoires à l’État d’Israël est toujours prédominant, comme en témoigne son acharnement insensé à poursuivre la destruction de Gaza et l’étendue des territoires déjà colonisés par l’État hébreu en Cisjordanie.
Le monde a les moyens de faire cesser les horreurs insoutenables perpétrées par Israël. Nous avons déjà trop longtemps laissé traîner ce crime contre l’humanité. Ainsi, nous en sommes en partie responsables. L’Histoire nous jugera.
Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent
