Opinion
12 Février 2025
SAVOIR S’AFFIRMER ET SE RESPECTER COMME FRANCOPHONE
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La décision du Conseil municipal de Beaurivage concernant le rejet de la politique linguistique est, il me semble, un recul de non-respect des droits des francophones de la région. Cette position devrait interpeller toutes les Acadiennes, tous les Acadiens et les Francophones qui vivent en situation minoritaire dans notre Province et en particulier ceux qui sont majoritaires dans leurs municipalités.
Nous sommes plusieurs à comprendre le phénomène d’assimilation involontaire qui érode notre poids démographique francophone année après année au Nouveau-Brunswick. Nous n’avons qu’à jeter un coup d’œil aux statistiques qui démontrent clairement cet état des lieux. Quand aurons-nous le courage de dire assez c’est assez! La chanson de Zacharie Richard, Réveille! Réveille! chantée par tant d’Acadiennes et d'Acadiens tous les 15 août est, à mon avis, ce cri du cœur pour dire que nous devons agir rapidement si nous voulons encore parler Français dans 50 ans.
Ma mère était native de Richibouctou et elle nous racontait souvent que son père, mon grand-père, insistait pour que ses enfants parlent le français avec leurs amis. À chaque fois qu'il les entendait parler l’anglais, il disait « SORTEZ VOTRE FRANÇAIS ». Je suis certaine que les parents acadiens des années 30 et 40 comprenaient très bien à quel point la langue et la culture acadienne étaient menacées dans un espace qui était, à l’époque, majoritairement anglophone. Des décennies plus tard, de nouvelles municipalités naissent et c’est le cas pour la nouvelle municipalité Beaurivage qui comprend, entre autres, plusieurs villages francophones, situés au nord de Richibouctou, une nouvelle municipalité majoritairement francophone. Les citoyennes et les citoyens devraient en être fiers parce qu'il s’agit d’une valeur ajoutée et non le contraire.
J’aimerais dire aux Acadiennes, Acadiens et Francophones de cette nouvelle municipalité qui ne veulent pas heurter les locuteurs anglophones et autochtones qu'elles et ils ne posent pas un geste contre eux. Affirmer son identité n’est pas un geste contre le bilinguisme ou encore une affirmation contre les Anglophones de la région, mais bien une mesure de promotion de notre langue, de la culture acadienne et du respect de nos droits en situation linguistique minoritaire. En vous affirmant ainsi, vous envoyez un message important aux jeunes qui fréquentent des écoles francophones de la région, c’est-à-dire, que notre langue est le cœur de qui nous sommes et nous devons faire des efforts pour la conserver. Les Autochtones, qui ont été assimilés, ne parlent plus leurs langues et devraient comprendre que nous vivons une situation semblable.
L’école francophone située dans des régions influencées par l’attraction de l’anglais fait des efforts presque surhumains pour que leurs jeunes s’approprient de leurs langues et culture. La communauté, y compris les municipalités et les parents, ont un rôle important de passeurs culturels à jouer pour assurer la pérennité de la langue auprès des jeunes. L’affirmation identitaire et le respect des droits de la minorité ne signifie pas l’exclusion des autres peuples mais bien de créer un environnement qui respecte les droits de toutes et tous. Les droits d’un groupe majoritaire ne sont jamais menacés. Nous devons aussi éduquer les nouveaux arrivants sur la réalité que nous vivons dans une province officiellement bilingue qui accorde des droits à la minorité linguistique, des droits qui ne sont pas toujours respectés. Je suis certaine que si on prenait la peine de leur expliquer, ils comprendraient. Des cours de français devraient leur être offerts pour mieux vivre dans des régions francophones et ainsi offrir aux locuteurs francophones des services dans leur langue même à ceux qui se considèrent bilingues. Il s’agit d’une question de respect de soi et des autres.
Jeanne d’Arc Gaudet
Moncton. NB
Nous sommes plusieurs à comprendre le phénomène d’assimilation involontaire qui érode notre poids démographique francophone année après année au Nouveau-Brunswick. Nous n’avons qu’à jeter un coup d’œil aux statistiques qui démontrent clairement cet état des lieux. Quand aurons-nous le courage de dire assez c’est assez! La chanson de Zacharie Richard, Réveille! Réveille! chantée par tant d’Acadiennes et d'Acadiens tous les 15 août est, à mon avis, ce cri du cœur pour dire que nous devons agir rapidement si nous voulons encore parler Français dans 50 ans.
Ma mère était native de Richibouctou et elle nous racontait souvent que son père, mon grand-père, insistait pour que ses enfants parlent le français avec leurs amis. À chaque fois qu'il les entendait parler l’anglais, il disait « SORTEZ VOTRE FRANÇAIS ». Je suis certaine que les parents acadiens des années 30 et 40 comprenaient très bien à quel point la langue et la culture acadienne étaient menacées dans un espace qui était, à l’époque, majoritairement anglophone. Des décennies plus tard, de nouvelles municipalités naissent et c’est le cas pour la nouvelle municipalité Beaurivage qui comprend, entre autres, plusieurs villages francophones, situés au nord de Richibouctou, une nouvelle municipalité majoritairement francophone. Les citoyennes et les citoyens devraient en être fiers parce qu'il s’agit d’une valeur ajoutée et non le contraire.
J’aimerais dire aux Acadiennes, Acadiens et Francophones de cette nouvelle municipalité qui ne veulent pas heurter les locuteurs anglophones et autochtones qu'elles et ils ne posent pas un geste contre eux. Affirmer son identité n’est pas un geste contre le bilinguisme ou encore une affirmation contre les Anglophones de la région, mais bien une mesure de promotion de notre langue, de la culture acadienne et du respect de nos droits en situation linguistique minoritaire. En vous affirmant ainsi, vous envoyez un message important aux jeunes qui fréquentent des écoles francophones de la région, c’est-à-dire, que notre langue est le cœur de qui nous sommes et nous devons faire des efforts pour la conserver. Les Autochtones, qui ont été assimilés, ne parlent plus leurs langues et devraient comprendre que nous vivons une situation semblable.
L’école francophone située dans des régions influencées par l’attraction de l’anglais fait des efforts presque surhumains pour que leurs jeunes s’approprient de leurs langues et culture. La communauté, y compris les municipalités et les parents, ont un rôle important de passeurs culturels à jouer pour assurer la pérennité de la langue auprès des jeunes. L’affirmation identitaire et le respect des droits de la minorité ne signifie pas l’exclusion des autres peuples mais bien de créer un environnement qui respecte les droits de toutes et tous. Les droits d’un groupe majoritaire ne sont jamais menacés. Nous devons aussi éduquer les nouveaux arrivants sur la réalité que nous vivons dans une province officiellement bilingue qui accorde des droits à la minorité linguistique, des droits qui ne sont pas toujours respectés. Je suis certaine que si on prenait la peine de leur expliquer, ils comprendraient. Des cours de français devraient leur être offerts pour mieux vivre dans des régions francophones et ainsi offrir aux locuteurs francophones des services dans leur langue même à ceux qui se considèrent bilingues. Il s’agit d’une question de respect de soi et des autres.
Jeanne d’Arc Gaudet
Moncton. NB
